[Musique] Mothers & Tygers d’Emily Loizeau

« Vole le chagrin des oiseaux » est un extrait du nouvel album d’Emily Loizeau, Mothers & Tygers, sorti il y a peu. J’attendais avec impatience le troisième opus de cette chanteuse franco-anglaise que je suis depuis maintenant quelques années. J’ai découvert L’autre bout du monde grâce à une amie et je suis devenue totalement accro au point de me repasser l’album complet en boucle sans m’en lasser une seule seconde. Tellement amoureuse que je suis allée la voir une première fois à la Cigale, probablement en 2007 ou 2008 d’après mes souvenirs. Sur scène, une jeune femme plutôt grande, plutôt mince, accompagnée de 2 musiciens, pas plus : elle au piano et au chant, Cyril Avèque aux percussions et Olivier Koundouno au violoncelle. Des objets sont éparpillés, un peu comme dans un magasin d’antiquités, créant ainsi une ambiance intimiste, rappelant parfois celle d’une soirée au coin du feu, dans un petit cottage anglais, parfois celle d’un petit bois nimbé de soleil. Mon coup de cœur s’est donc confirmé ; nous avons d’ailleurs eu la chance de profiter de quelques titres inédits, du moins pas sur la version classique de l’album. En 2009, c’est Pays sauvage qui rejoint L’Autre bout du monde sur mes étagères. L’artiste tente de nouvelles expériences ; la musique est plus exotique, plus insulaire. Je dois avouer avoir été moins charmée par cet album que par le précédent : certains morceaux m’ont semblé trop répétitifs ou pas assez rythmé. Je retiens cependant quelques belles perles (Songes, Coconut Madam et The Princess and the Toad en duo avec Thomas Fersen), mais aussi le CD Bonus, avec des morceaux de toute beauté : Facing a world of anger, That little something, Bigger than that et Sister (en version anglaise). Et de nouveau, concert, cette fois-ci à La Laiterie à Strasbourg — concert mémorable soit dit en passant (c’est le moment de la petite anecdote qui fait sourire) : une des chansons s’appelle Fais battre ton tambour ; à la fin du concert, Emily Loizeau demande à la salle quel morceau nous voudrions qu’elle rechante. Plusieurs voix s’élèvent dont un « Fais battre ton tambour ! » suivi d’un « Quoi ? Tu veux de la Kronenbourg ? ». Hilarité générale, même l’artiste en rit. Ce sont de petits moments comme ça qui rendent ses concerts aussi humains, aussi agréables ; le fait qu’elle joue dans des petites salles nous rapproche aussi d’elle.

Entre ses deux premiers albums, elle participe aussi à La Mécanique du Cœur de Dionysos, interprétant Le jour le plus froid du monde et La Berceuse hip-hop du docteur Madeleine (quel plaisir de la retrouver ici en compagnie de Mathias Malzieu, Olivia Ruiz, Arthur H, Grand Corps Malade ou encore Alain Bashung et Jean Rochefort !). Puis arrive 2012 et Mothers & Tygers qui, selon les critiques que j’avais lues au préalable, se rapproche plus de L’Autre bout du monde. Ayant réussi à convertir ma mère, nous achetons l’album, nous le mettons dès que nous sommes rentrées et je me laisse envoûter par les premières chansons. Certains morceaux retiennent mon attention, bien plus que d’autres. Au départ, j’ai l’impression que beaucoup se ressemblent. Puis je réécoute une autre fois, sans arrêter l’album une seule fois. Les morceaux sont emprunts d’une douce mélancolie, d’une tristesse difficile à qualifier. Les paroles sont émouvantes et on retrouve la plume de la Emily Loizeau des débuts, toujours très poétique. À la différence du premier album (qui est en fait le deuxième, le premier ayant été produit en 2001 — je ne l’ai pas encore, mais ma curiosité est piquée), où les morceaux amusants côtoyaient des titres plus personnels et plus émouvants, Mothers & Tygers n’a pas cette petite touche d’humour, ou du moins je ne l’ai pas perçue. La voix fragile et enfantine d’Emily Loizeau m’a énormément touchée, de même que les textes. La majeure partie des morceaux est en anglais, là encore un point de différence avec L’Autre bout du monde, où on avait un certain équilibre entre ses deux langues maternelles. J’ai déjà mes petits chéris : Garden of Love, One Night Long Ago, Infant Sorrow et May the beauty make me walk. Certaines chansons se fondent sur des poèmes issus de Songs of Innocence de William Blake, poète pas connu pour sa joie de vivre et son entrain, précurseur du romantisme anglais du début du XIXème siècle. Elle passe bientôt en concert près de chez moi et je sens que je ne vais pas résister à la tentation d’aller la voir interpréter cet album invitation au voyage, voyage à travers des paysages orangés, sablonneux, voyage au centre de soi-même. La version « collector » de l’album contient un livret magnifique, des chansons bonus et un CD supplémentaire qui contient un documentaire de 15 minutes sur l’artiste. Je ne peux que vous inviter à sauter le pas, peut-être en écoutant d’abord quelques chansons tirées du premier-mais-en-fait-deuxième album (Boby chéri, I’m alive, London Town), puis quelques-unes de Pays sauvage (celles citées plus haut) et enfin Mothers & Tygers (dans l’ordre ; je ne sais pas pourquoi, mais je trouve que l’ordre est merveilleusement bien choisi donc … Autant le respecter !).

— Alexandra.

P.S. : cet article sera complété quand j’aurai un meilleur accès à internet. J’ajouterai notamment quelques images / photos et quelques chansons.

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2 réflexions sur “[Musique] Mothers & Tygers d’Emily Loizeau

  1. Oh, des articles musicaux ! Emily Loizeau n’est pas une artiste que j’écouterai tout le temps je pense, mais de temps en temps c’est très agréable. Et sa participation à La mécanique du coeur était un délice ! Tu as piqué ma curiosité avec les nombreux titres cités, ils vont accompagner ma journée. 🙂

    • Je n’écouterai pas tout le temps non plus ; mais j’ai mes périodes Emily Loizeau :D. Comme je le dis dans mon article, c’est surtout le premier album qui passe en boucle … Je suis contente de « convertir » certaines personnes :).

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