[Roman] Rose à la rescousse d’Isabel Wolff

Rose n’a pas la langue dans sa poche, et c’est tant mieux. En tant que Madame Détresse du Daily Post, célèbre journal anglais, elle se doit d’être franche avec ses lecteurs. On l’appelle ou on lui écrit pour tout et pour rien : problème de calvitie, de zoophilie, de mariage … Le comble, quand on sait que Rose Costelloe est en instance de divorce, parce que son mari Ted (très séduisant, évidemment) l’a trompée avec Miss Jambonneau (alias Mary-Claire Grey, conseillère conjugale au physique apparemment peu avantageux). Résultat ? Rose déménage dans un quartier « bourgeois-bohème », doit trouver un colocataire (elle n’a pas les moyens de prendre en charge seule la maison qu’elle a achetée) et maintenir sa carrière à flots tout en tentant d’oublier son futur ex-mari. Bref, Rose doit tout recommencer à zéro. Et à 39 ans, bientôt 40, ça n’a rien d’évident …

Ce bref résumé vous montre, si vous ne l’aviez pas déjà deviné grâce à la couverture, qu’il ne s’agit pas d’un livre sur la manière de changer un joint de culasse, mais bien d’un roman de chick-lit. C’est un genre que j’apprécie tout particulièrement, même si je ne m’enfilerais pas 20 bouquins parlant de femmes névrosées en quête du grand amour à la suite les uns des autres (on retrouve souvent le même schéma, personne ne peut le nier) (enfin vous pouvez toujours essayer, je suis curieuse de voir ce qui en sortira). Dans certaines périodes, comme celle que je vis actuellement, j’ai besoin de lire de la chick-lit parce que 1) ça ne prend pas la tête, 2) c’est souvent drôle et 3) j’aime les histoires d’amour. Après avoir vu Valentine’s Day l’autre jour (non je n’ai pas honte et oui j’ai bien aimé), j’ai pris ce livre dans ma bibliothèque, non pas au hasard, mais par impulsion, sachant que j’allais passer un bon moment. Je l’ai lu il y a longtemps et, chose étonnante, j’ai eu envie de le relire. Rose une héroïne particulièrement attachante, qui a grand besoin d’un psy, qui est maniaque de la propreté, dans le déni total et qui se fait constamment des films. Elle s’imagine des mariages, des enterrements, des anniversaires … Clichés.

Le tout est traité avec énormément d’humour ; Isabel Wolff aime les mots d’esprit et les comparaisons … Peu flatteuses, dont voici mon exemple favori :

« C’est vrai que Henry ne m’avait jamais vraiment tourneboulée. Il était l’équivalent humain d’une lampe à lave — très décoratif sans être une lumière. »

Le bouquin fait 600 pages, je l’ai dévoré en deux jours, mais j’aurais pu le faire en une nuit si je n’avais pas piqué du nez entre temps. J’aime la chick-lit britannique. Je lui trouve un charme différent. Je pense que je n’aurais pas eu autant de plaisir à lire Le journal de Bridget Jones si l’histoire s’était déroulée aux États-Unis et si Bridget, ses amis et sa famille n’avaient pas été si … Anglais. Dans Rose à la rescousse, le fait que ça se passe à Londres est un peu moins flagrant, mais ça se sent dans les traits d’humour et dans les références. Je ne vais pas vous en révéler trop sur l’histoire, pour garder quelques éléments de surprise (même si, évidemment, le suspense a des limites : on sait que ça va bien se finir, c’est obligé). Bref, si vous vous ennuyez, si vous voulez rire, si vous aimez la chick-lit ou que vous voulez découvrir le genre, si vous en avez marre des héroïnes de 20 ans et que vous voulez voir une femme de 40 ans mise en scène, foncez. J’ajoute cependant que cette édition est bourrée de coquilles, qui ont été (je l’espère !) corrigées par la suite.

Je trouve d’ailleurs stupide qu’on descende sans arrêt ce genre dans les magazines dits « intellectuels ». On s’en fiche complètement que le registre ne soit pas soutenu, que les histoires ne soient pas particulièrement recherchées et que les personnes ne soient pas torturés. On s’en fiche qu’il n’y ait aucun contenu politique, le contenu culturel, je suis désolée de le dire, est bien présent. Ici, en l’occurrence. J’ai appris des choses en astronomie, j’ai appris des choses sur la vie quotidienne en Grande-Bretagne, sur les chiens d’handicapés et sur le fonctionnement de la presse. Sans prise de tête, sans relire 30 fois la même phrase pour être sûre d’avoir bien compris et en étant happée dans une intrigue, peu recherchée certes, mais qui me parlait (même si j’ai pas 40 ans) (et que ma vie sentimentale est aussi plate que l’électrocardiogramme d’un mort). C’était le coup de gueule du soir et je vous laisse là-dessus. J’ai une tisane à préparer (je finirai vieille fille, mon Dieu).

— Alexandra.

P.S. : J’aime Isabel Wolff. Rejoignez la secte et lisez, vous aussi, du Isabel Wolff.

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2 réflexions sur “[Roman] Rose à la rescousse d’Isabel Wolff

  1. C’est vrai que c’est un genre qui ne m’attire pas d’emblée (surement à cause des couvertures souvent.. affreuses [tu me pardonneras :p]) mais il faudrait que je note quelques titres que je lirai lorsque j’aurai besoin de rire, et de ne pas me prendre la tête ! Je te laisse, je vais rejoindre mon lit avec un bon livre (Vieille fille avant l’heure, j’assume XD)

    • J’admets que les couvertures ne sont pas géniales … Mais il FAUT que tu lises au moins un roman de chick-lit dans ta vie (un bon) !
      On va former un club de vieilles filles /o/.

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