[Film] Casino Royale de Martin Campbell

Aujourd’hui, nous n’allons pas parler chiffons, mais bien action, testostérone et british attitude. Nous allons parler James Bond. Série de romans écrits par Ian Fleming, ils ont été popularisés par les différentes adaptations cinématographiques et plus particulièrement par les acteurs qui ont joué le célèbre espion anglais. Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosnan et enfin Daniel Craig. Vu mon âge, James Bond, ça a toujours été Pierce Brosnan pour moi. J’ai parfois du mal à regarder les plus anciens sans sourire un tantinet ; il n’empêche qu’une amie me rabache sans cesse que Sean Connery est le meilleur de tous les James Bond — je crois que son jugement est biaisé, car Sean Connery est aussi celui qui est connu pour avoir le plus de poils sur le torse — et donc je me dis, pourquoi ne pas en regarder quelques-uns, histoire de refaire ma culture générale ? Mais ce n’est pas le propos ici. Comme chacun sait, Skyfall, le nouvel opus de la « saga », sort le vendredi 26 octobre en France. J’ai trouvé la bande-annonce plutôt alléchante et après le relatif échec qu’a été Quantum of Solace, c’est un bien. Si effectivement le dernier film n’a pas été un succès, Casino Royale a plutôt fait l’unanimité. Je l’avais vu une première fois probablement en 2007, mais je faisais autre chose en même temps, donc je n’avais rien compris et je m’étais ennuyée. Je lui ai évidemment donné une seconde chance.

James Bond vient d’être nommé « agent 00 » par le MI6, ce qui lui donne le permis de tuer. C’est un peu comme mettre le détonateur d’une bombe dans les mains d’un gamin : ça explose vite. Après la destruction d’une ambassade à Madagascar suite à une course poursuite plutôt enflammée, Bond est mis à pied … C’est sans compter sur le fait que l’agent n’en fait qu’à sa tête. À Madagascar, à Nassau, le même nom revient : Le Chiffre, banquier pour terroristes de son état, et membre d’une organisation dont le réseau s’étend bien au-delà de ce que l’on pourrait s’imaginer. Bond va poursuivre Le Chiffre, jusque dans le milieu du poker et peut-être même jusqu’à sa propre fin.

Après avoir réalisé Goldeneye puis Le Masque de Zorro, Martin Campbell se retrouve à la tête de cette surproduction, dont le public attend énormément. C’est le retour de James Bond après quelques années d’absence, un nouvel espion, qui doit être irréprochable. Daniel Craig, nous pouvons le dire, n’était pas un acteur très connu avant de tourner Casino Royale. Dès le début, je ne le voyais absolument pas en James Bond ; il était bien loin du cliché du gentleman anglais à la Sean Connery ou à la Roger Moore. Au premier abord, je trouvais qu’il manquait cruellement de ce charme british à l’ancienne. Bref, j’étais dubitative. Et pourtant, il faut avouer qu’il tenait parfaitement le rôle. Un James Bond solide, qui ne se laisse pas tomber dans le sentimentalisme, qui fait ce qu’il a à faire et qui en fait souvent trop, qui ne manque pas d’humour (un humour subtil, bien sûr) et surtout de classe. Car même avec des vêtements en loques, boueux, en maillot de bain années 1960 ou encore nu, il garde ce petit quelque chose qui fait la british attitude. Ne parlons pas de ces sublimes costumes qu’il porte tout au long du film … Ceci mis à part, et pour se concentrer sur le film en lui-même, je dois dire que ce fut une très bonne surprise. Je m’attendais à de l’action boum-boum-boum — c’était un peu comme ça dans mon souvenir —, à une histoire sans queue ni tête et à des héros un peu fades — mes attentes n’étaient pas très hautes, mais comme je l’ai dit, j’étais restée sur l’impression (mauvaise) de la première fois.

L’histoire a du corps, de la tenue et surtout, tout coule avec une facilité déconcertante. Je ne dirais pas que c’est « simple », mais que si l’on suit du début à la fin, tout est limpide. J’ai apprécié le fait qu’il y ait plusieurs niveaux dans cette intrigue : Le Chiffre, Vesper Lynd, le MI6, l’histoire personnelle de James Bond, etc. Tout ceci s’entremêle dans un ballet parfaitement orchestré par le réalisateur. Nous voyageons aux quatre coins du globe : Madagascar, Nassau, Monténégro, Londres, Venise. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’aime tellement cet opus-là : nous ne nous concentrons pas uniquement sur l’histoire et les héros, mais aussi sur le décor, les costumes et l’atmosphère que cela crée. Il est difficile de l’expliquer, mais c’est comme si nous avions fait un bond dans le temps et dans l’espace : nous nous retrouvons au milieu de gens riches, jouant au poker ou se prélassant sur des yachts, vêtus de vêtements coûteux et parfaitement taillés qui rappellent les années 1930. Ceci est amplifié par le choix de la musique, toujours aussi présente dans les James Bond. Si le générique de début peut surprendre — You know my name interprété par Chris Cornell, ex-chanteur de Soundgarden notamment —, nous retrouvons des morceaux « à l’ancienne » tout au long du film. Et tant que j’y suis : le générique, encore une fois, est une œuvre d’art à lui tout seul. Il ne faut pas oublier que voir un James Bond, c’est aussi voir un générique mémorable, tant par la chanson que par son esthétique et le pari est ici réussi.

Venons-en maintenant aux acteurs. Eva Green incarne Vesper Lynd, attachée au Trésor censée fournir les fonds nécessaires à James Bond pour qu’il dispute la fameuse partie de poker — si quelqu’un a compris comment ça fonctionnait, qu’il m’appelle. Nous sommes bien loin du cliché de la James Bond girl qui sort de l’eau à moitié à poil ou s’attache à draguer le héros tout au long du film en sachant dès le départ qu’elle tombera dans son lit. Vesper Lynd est une femme intelligente et surtout une femme de pouvoir qui « joue » avec Bond sans pour autant céder à ses avances. Eva Green est une femme magnifique, une actrice pleine de classe et de talent, si bien que je ne vois pas qui aurait pu interpréter ce personnage mieux qu’elle. Je ne l’ai vue que peu de fois au cinéma, mais suffisamment pour que ses prestations et sa personne me marquent. Le troisième personnage important de cette intrigue, c’est évidemment Le Chiffre, magnifiquement joué par Mads Mikkelsen. Je connaissais cet acteur sans pour autant avoir vu un de ses films : il s’agissait donc d’une véritable découverte au niveau de sa performance. Il ne faut pas s’en cacher : il a une tête parfaite pour un rôle de méchant. Mais il y ajoute cette dimension un peu sadique et en même temps pathétique : s’il aime se mettre en avant et montrer son pouvoir à ceux qui lui sont inférieurs, il ne pipe mot dès qu’il s’agit de ses supérieurs hiérarchiques. Dans ce film, il y a aussi l’inénarrable M, jouée par Judi Dench, peu présente, mais là comme un symbole, le symbole de l’autorité par rapport à un agent qui fait un peu ce qu’il veut. Les acteurs secondaires sont aussi mis en avant, notamment au moment du poker, où l’on alterne les plans Craig / Mikkelsen et les plans sur les autres joueurs / acteurs.

Que vous dire d’autre sur ce film ? J’ai passé 2h15 plus qu’agréables, en me laissant totalement happer par cette histoire, par ces acteurs et par cette ambiance si particulière. James Bond est un tombeur, certes, mais nous ne le voyons pas toutes les deux secondes avec une fille différente dans les bras ; l’espionnage est mis en avant sans qu’il y ait tous ces fameux gadgets propres à ce célèbre héros — il n’y a d’ailleurs aucune présentation des nouvelles armes, comme il y avait dans les précédents films. Cela sonne comme un retour aux sources, à une relative simplicité, à une mise en avant de l’intrigue d’espionnage plus que de Bond lui-même. Si bien que j’ai désormais envie de me plonger dans l’œuvre d’Ian Fleming, histoire de pouvoir faire la comparaison film / roman, histoire de voir si l’image que je me suis faite de l’agent 007 correspond à celle qu’Ian Fleming nous a offerte dans sa saga …

— Alexandra.

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8 réflexions sur “[Film] Casino Royale de Martin Campbell

    • Faut que tu regardes ceux avec Pierce Brosnan :D. Sauf le dernier, qui était bof. Daniel Craig me faisait plus penser à un Allemand qu’à un Anglais, mais il est bon dans le film alors … :p.

  1. Très chouette article 🙂
    Je n’ai pas autant aimé que toi mais je suis bien d’accord avec certains points. J’attends Skyfall avec impatience il a vraiment l’air très chouette.

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