[Roman] Un deuil dangereux d’Anne Perry

La famille Moidore n’avait encore jamais connu de scandale, bien à l’abri dans sa demeure de Queen Anne Street. Mais la famille va être frappée par un drame atroce : la fille de Sir Basil Moidore est assassinée. L’inspecteur William Monk est sommé de retrouver le coupable au plus vite et d’épargner autant que possible la famille. Peu aidé, tant par l’hostilité de ses supérieurs que par les séquelles de son amnésie, Monk devra lire derrière les silences et les ombres pour parvenir à résoudre cette nouvelle enquête. Heureusement, sa complice Hester Latterly viendra lui prêter main-forte.

Un deuil dangereux est le deuxième tome des aventures de l’inspecteur Monk, devenu amnésique suite à un accident de cab dans les rues de Londres. Dans sa première enquête, Un étranger dans le miroir, il devait résoudre le meurtre de Joscelyn Grey, jeune homme issu d’une famille respectable de l’aristocratie anglaise et soldat de la guerre de Crimée. Ici, c’est Octavia Moidore qui est retrouvé morte dans sa chambre, après avoir été la victime de deux coups de couteau. Sur qui faire porter les soupçons ? Les domestiques, ou bien la famille de cette jeune veuve ? Monk est tiraillé entre les exigences de Runcorn, son chef, qui demande des résultats rapides et souhaite éviter une quelconque offense à cette famille puissante, et ses propres convictions.

Tous les ingrédients sont réunis pour passer un agréable moment : une enquête qui se déroule en 1856, un inspecteur dynamique, la confrontation domestiques / maîtres. Je me suis lancée dans cette lecture avec un grand plaisir ; j’avais au préalable dévoré le premier tome de la série. Cependant, malgré toutes ces qualités apparentes, j’ai été quelque peu déçue. En vérité, j’ai retrouvé les mêmes défauts que dans Un étranger dans le miroir. À la manière d’Agatha Christie, Anne Perry cherche à perdre son lecteur dans une foule de détails, plus ou moins utiles, en donnant des mobiles plausibles à tous les suspects et en rendant les choses plus compliquées qu’elles ne le sont réellement. Malheureusement, ce qui chez Agatha Christie passe comme une lettre à la poste, m’a semblé beaucoup plus laborieux dans ce roman, plutôt long. J’ai eu cet affreux sentiment de « répétition » : les mêmes pensées, les mêmes constats, sans cesse répétés. Certes, c’est bien pratique puisque ça évite de remonter 100 pages en arrière à chaque fois que l’on a oublié un élément, mais cela peut aussi devenir rapidement lassant. De plus, j’ai relevé quelques soucis de cohérence par moments : le prénom utilisé n’était pas le bon (une erreur de traduction ?), Hester et William passaient à côté d’indices on ne peut plus évidents, ou alors ils les mentionnaient à un moment … Puis les re-mentionnaient bien plus tard comme s’ils ne les avaient pas déjà notés. Tout ceci rendait l’enquête on ne peut plus confuse et j’avoue que ça m’a profondément dérangée.

Néanmoins, j’étais heureuse que l’auteure ait donné une place plus importante au personnage d’Hester Latterly, une jeune infirmière engagée, ne respectant pas les codes de son époque et osant afficher ses opinions sans honte. Les rencontres avec Monk sont souvent électriques, mais sont aussi les moments les plus plaisants du roman. J’ai vu dans le résumé du tome 3 qu’Oliver Rathbone, un avocat que l’on découvre dans ce tome-ci, sera encore présent. J’ai hâte de voir comment Hester, Oliver et William vont faire équipe. Finalement, ce qui me plaît le plus dans cette saga, ce sont les personnages. Je trouve d’ailleurs dommage qu’ils ne soient pas servis par des enquêtes plus travaillées ou moins fouillis.

Malgré ces points négatifs, j’ai apprécié cette lecture. La manière dont Anne Perry décrit les rapports entre domestiques et maîtres m’a rappelé la série Downton Abbey et j’ai été ravie d’en apprendre un peu plus sur le fonctionnement des hôpitaux et de l’armée anglaise au XIXème siècle. Je considère donc plus ces romans comme des lectures instructives, avec des personnages hauts en couleurs et intéressants, plutôt que comme des policiers de grande qualité. J’espère cependant que le 3ème tome me fera changer d’avis … Je ne sais pas encore si je commenterai la suite de la saga, mais je tenais à poster un billet à ce propos, ne serait-ce que pour parler de cette découverte.

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3 réflexions sur “[Roman] Un deuil dangereux d’Anne Perry

  1. Je n’avais pas réussi à trouver L’étrangleur de Cater Street formidable, toute l’ambiance quoique réaliste et vivante m’avait trop pesé, mais ce que tu dis de cet inspecteur et de ce que te fais découvrir sur l’époque me donne envie de redonner une chance à l’auteure.
    D’autant qu’il me semble que la série des enquêtes de Monk est courte et achevée ? Je verrais si ma médiathèque a le premier.

  2. Je tenterai bien un livre de la série Monk, ta chronique me donne envie de tester malgré les quelques points négatifs, mais je voudrais avancer un peu dans la série Charlotte et Thomas Pitt et vu tous les tomes qu’il y a, j’ai le temps lol

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