[Roman] The Scorpio Races de Maggie Stiefvater

It happens at the start of every November: the Scorpio Races. Riders attempt to keep hold of their water horses long enough to make it to the finish line. Some riders live. Others die.

At age nineteen, Sean Kendrick is the returning champion. He is a young man of few words, and if he has any fears, he keeps them buried deep, where no one else can see them.

Puck Connolly is different. She never meant to ride in the Scorpio Races. But fate hasn’t given her much of a chance. So she enters the competition — the first girl ever to do so. She is in no way prepared for what is going to happen.

The Scorpio Races est l’un de ces livres qui trônent depuis maintenant deux bonnes années sur les étagères de ma bibliothèque, avec leurs couvertures magnifiques et leurs titres alléchants. Il m’aura tout de même fallu tout ce temps pour me lancer dans ce roman, qui était supposé me faire découvrir Maggie Stiefvater, auteure surtout connue pour sa trilogie Les loups de Mercy Falls (The Shiver Trilogy). Les critiques de cette dernière étaient tellement mitigée que je me suis plutôt tournée vers ce one-shot qui, au contraire, bénéficiait d’une excellente réputation. Je me souviens avoir lu cet article et avoir eu envie de me procurer le roman à tout prix. Je ne connaissais que peu d’éléments de l’intrigue : je savais qu’il y avait des cheveux, qu’il y avait une jeune fille et un jeune homme, une course, et voilà. Dans mon esprit, tout ceci m’évoquait les jeux du cirque et les courses de char — l’image sur la couverture me faisait penser que ça se passerait à cette époque. J’avais développé toute une théorie sur la manière dont les choses allaient se dérouler … Je parle bien de théorie. Car dans la pratique, il s’est avéré que je m’étais complètement trompée. The Scorpio Races est une évocation d’un mythe celte, celui des chevaux aquatiques — à différencier, bien sûr, des hippocampes, car faire une course à dos d’hippocampe n’est pas ce qu’il y a de plus aisé et excitant, à moins que vous vous appeliez Sébastien et que vous soyez un crabe.

J’avoue que je ne sais pas comment vous parler de ce roman tant il est dense. J’ai été surprise, enchantée, triste, joyeuse, énervée. Je suis passée par toutes les émotions possibles et imaginables pendant cette lecture. Ce n’était pourtant pas gagné. Au début, je ne comprenais pas où l’auteur voulait nous amener, je ne comprenais pas très bien tout ce qui se passait, mais je me suis accrochée. Je pense que la petite île de Thisby a exercé sur moi la même fascination qu’elle exerce sur Puck Connolly : perdu au milieu de l’Atlantique, avec ses rocs, ses falaises, ses plages, ses eaux agitées, ses habitants simples et attachés au tradition, ses courses, ce petit bout de terre semble hors du temps et de l’espace. Les descriptions étaient parfois un peu répétitives ; j’avais la sensation de lire plusieurs fois la même chose, ceci étant renforcé par le fait que j’ai lu le bouquin en une journée, sans m’arrêter. Maggie Stiefvater s’est attachée à mettre en avant les particularités de l’île, personnage à part entière. Je dirais d’ailleurs que trois entités se détachent — les habitants, les chevaux et Thisby — centrées autour des fameuses courses qui auront lieu le 1er novembre.

Il serait vain de vous raconter plus en détail l’histoire. À dire vrai, il me semble plus intéressant et plus excitant pour vous de découvrir l’intrigue par vous-même, sans que vous ayez reçu d’indications préalables. Personnellement, je suis partie à l’aventure, sans filet, je me suis lancée dans ce roman avec une idée fausse. Le risque, c’est d’être un peu déçu, parce que ce que vous attendez n’arrivera pas. L’avantage, c’est d’être émerveillé, d’être transporté et de ne plus se poser de questions. L’auteure a choisi de raconter ceci du point de vue des deux héros : nous alternons donc entre Puck et Sean, avec parfois quelques ellipses rageantes, mais qui nous poussent à faire travailler notre imagination. Les deux personnages sont, à mon sens, l’un des principaux points forts du roman. Puck n’est pas une jeune fille sans cervelle, ce n’est pas non plus une « héroïne ». Elle ne se lance pas tête baissée dans la course juste parce qu’elle a quelque chose à prouver, elle ne fait rien de stupide — à la différence de Tris dans Divergent —, sa maturité a quelque chose de rafraîchissant. Sean, lui, est une jeune homme taciturne, de peu de mots, qui garde le contrôle. Bien sûr, il apparaît comme séduisant, mais son physique n’est pas décrit de manière exhaustive, tout comme celui de Puck. Ce sont des héros au visage changeant. Et là, vous vous dîtes : il y aura forcément une histoire d’amour, c’est obligé. Oui, mais non. Comment vous expliquer ? Rien ne se passe. Presque rien. Seulement quelques regards, quelques mots échangés, pas de déclarations enflammées, pas de niaiseries. Quelque chose de très simple, de très crédible et surtout de très naturel. J’aurais aimé que ce côté-là soit plus développé, mais au final, je me rends compte que ça ne me dérange pas tant que ça, pour la simple et bonne raison que l’auteure est restée dans le ton, qu’elle a été cohérente, par rapport au caractère de ses personnages.

Nous avons aussi une ribambelle de personnages secondaires — Peg, Thomas, Tommy, Gabe, Finn, George Holly … — et deux autres personnages principaux, Dove et Corr, les chevaux respectifs de Puck et Sean. Je pourrais m’étendre longtemps sur le sujet, je pourrais décortiquer chaque événement du roman, et en même temps, je n’arrive pas à m’exprimer comme je le voudrais. Il m’est arrivé quelque chose de similaire lorsque j’ai essayé de faire ma chronique sur Lolita de Vladimir Nabokov. Ce sont ces romans qui vous fascinent et en même temps qui vous rebutent. Dans The Scorpio Races, il y a peu d’actions : les 350 premières pages nous décrivent la vie sur l’île, nous parlent de l’entraînement pour les courses du 1er novembre, nous présentent les personnages et leur psychologie plus complexe qu’il n’y paraît. Ce roman est un poème, une ode à la nature, à la vie et à la mort, du moins, c’est comme ça que je le vois. Ne vous fiez pas au côté aguicheur du résumé. Ne vous fiez pas à l’appellation roman jeunesse. Ces pages sont emplies de profondeur, de mystère, de suspense. Pendant la lecture, on a la sensation de faire du surplace, de ne pas avancer, mais lorsque l’on referme le bouquin, on se demande pourquoi l’auteure n’a pas écrit quelques centaines de pages de plus. Je reprocherais peut-être parfois une certaine lourdeur dans le style, à trop vouloir en faire, mais le vocabulaire est riche et les idées sont là.

Ce roman s’adresse aux curieux, à ceux qui aiment d’une part les descriptions, d’autre part le mystère et les atmosphères un peu sombres. Mon sentiment par rapport à The Scorpio Races est assez particulier : j’ai aimé, je l’ai lu d’une traite, j’ai été transportée, j’ai objectivement aimé les personnages et l’univers créé par l’auteur. Et en même temps, il est difficile de dire « j’aime ». Tout est nuance et ambiguité.

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2 réflexions sur “[Roman] The Scorpio Races de Maggie Stiefvater

  1. Je l’ai en VF depuis un peu plus d’un an parce que j’avais beaucoup aimé le premier de sa trilogie (en fait ça aurait été génial si ça n’avait pas été une trilogie, parce que les fins sont justes là pour appeler une suite et je trouve ça dommage). Je ne l’ai toujours pas lu donc j’ai juste parcouru ton avis histoire de me rappeler que je dois le lire.

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