Bilan filmique | Mars 2014

Comment les gens se débrouillent pour commencer leurs articles ? La première phrase est toujours la plus difficile à sortir, et après, tout va comme sur des roulettes. Bref, supposons que ça fasse office d’introduction. Dans l’optique de parler vraiment de tout et de rien et de faire revivre ce blog, je vous propose un article sur les films que j’ai eu la chance de voir il y a peu… Enfin relativement peu. Il se trouve que ça tombe à la fin du mois, mais ce n’est pas un bilan mensuel, je tiens à le préciser. Je profite juste de cette fin de journée au calme — et à la maison — pour écrire. En avant Guingamp !

Je l’avoue : j’ai été le voir deux jours après avoir regardé la cérémonie des César. Je ne me fie en général pas trop aux récompenses que reçoivent les films dans ce genre de remises de prix, pour la simple et bonne raison que le goût des critiques n’est pas forcément celui du public. Lors de sa sortie, Les garçons et Guillaume, à table ! avait attiré mon attention : la bande-annonce laissait présager un film loufoque et étonnant, mais aussi drôle et tendre. J’ai beaucoup d’admiration pour Guillaume Gallienne en tant que personne : son phrasé, sa diction, sa manière de parler et de se tenir me fascinent (pourquoi qu’on parle plus comme ça, hein ?) — il respire la culture et la classe, et ça fait du bien de temps en temps, d’avoir un peu d’ “intellectuel” dans le paysage assez lisse du cinéma français. Guillaume Gallienne a écrit, réalisé et joué plusieurs rôles dans cette petite pépite. Car oui, si le fait que le film ait gagné tous ces prix m’ait rendue méfiante, j’ai passé un excellent moment. J’ai beaucoup ri — d’ailleurs, je peux vous dire que les autres personnes dans la salle étaient tout aussi réceptives, ce qui était plutôt agréables —, mais j’ai aussi pleuré. J’ai eu la confirmation de ce que je pensais déjà savoir : Guillaume Gallienne est un acteur formidable, qui peut se glisser dans la peau de n’importe quel personnage et le rendre unique. Le côté drôle éclipse parfois le sentiment de malaise que le spectateur devrait ressentir par rapport à la relation qu’entretiennent Guillaume et sa mère, par rapport au rôle que sa mère lui attribue au sein de la famille… Mais ce malaise nous rattrape à la fin du film, moment beau et émouvant. Je crois qu’il ne s’agissait pas de réaliser quelque chose de “pathétique” : la force de Les garçons et Guillaume, à table !, à mon sens, est d’avoir su transmettre un message au spectateur sans user du dramatique à outrance — par le rire, et par certaines touches plus émouvantes de-ci de-là, Guillaume Gallienne est parvenu à dire ce qu’il avait à dire, sans se “mettre en scène”. Je vous conseille vivement de voir ce film, qui m’a profondément marquée, auquel je pense encore aujourd’hui, et que j’avais envie de revoir à peine sortie de la salle.

C’est la première fois depuis Skyfall que nous sommes allés voir un film en famille (presque complète). Du coup, je dois dire qu’il tient une place spéciale dans mon cœur — qu’il n’aurait certes pas tenue si ça avait été un navet. Je connaissais Wes Anderson de nom, j’avais acheté Moonrise Kingdom (que je n’ai toujours pas vu), mais cela s’arrêtait là. The Grand Budapest Hotel m’a attirée pour deux raisons : premièrement, les affiches étaient magnifiques, deuxièmement, le casting était encore plus magnifique que les affiches. J’ai regardé la bande-annonce et j’ai été convaincue qu’il fallait que j’aille le voir. Des couleurs aux acteurs en passant par l’atmosphère et la musique, tout est réuni pour procurer un bon moment de cinéma. J’aime le côté artisanal du film, avec ces décors parfois en carton pâte totalement assumés et ces effets spéciaux qui rappellent l’avant-guerre. J’aime aussi le jeu des acteurs : pour moi, Ralph Fiennes se limitait jusqu’alors à Harry Potter et The Dutchess. Autant vous dire que son rôle dans The Grand Budapest Hotel n’a strictement rien à voir : il incarne M. Gustave, le concierge de l’hôtel, très élégant, mais aussi extraordinairement drôle, capable de vous sortir les pires atrocités avec un air parfaitement détaché et une classe folle. Adrian Brody et Willem Dafoe, deux méchants, n’ont rien à lui envoyer — mention spéciale au chat de Willem Dafoe, mais je n’en dis pas plus. Et Edward Norton, et Tilda Swinton, méconnaissable, et Saoire Ronan… Bref, rien ne sert de vous dresser la liste des acteurs. Loin de moi l’idée de vous influencer. Peut-être oserais-je toutefois ajouter que la musique est d’Alexandre Desplat (Chéri, Harry Potter et les Reliques de la Mort, Tamara Drewe, Le Discours d’un Roi…) ? Je ne dirais pas qu’il s’agit du film du siècle, mais c’était beau, c’était fin et délicat, c’était soigné. Si au début j’étais un peu déroutée par les différents niveaux de l’histoire, j’ai bien vite arrêté de réfléchir et me suis laissé porter par ce conte fantastique.

J’ai vu ce film trois fois, mais c’est la première fois que j’en parle sur le blog, me semble-t-il. Il avait fait grand bruit lors de sa sortie, mais ce que j’avais retenu, c’était surtout : Chris Hemsworth et générique de fin de Florence and the Machine. Globalement, ma connaissance du film se limitait à ça. Puis en cherchant un peu plus, je me suis dit que ça pourrait être bien sympathique de le regarder : je trouvais intéressant de recréer un monde plus proche de celui des contes des frères Grimm et de mettre en scène Blanche-Neige version guerrière — parce qu’il faut le dire, dans le Disney, elle est tout de même un peu cruche. Il s’est avéré bien vite que ce film avait en vérité deux atouts principaux : Charlize Theron et la scénographie. Quand on le regarde sur grand écran, ça a de la gueule, c’est clair et net. Je suis très sensible aux détails, à la finesse des décors, et je trouve que le réalisateur s’en est bien sorti sur ce point. Charlize Theron, elle, est absolument parfaite : elle incarne la méchante Reine qui veut se débarrasser de Blanche-Neige parce que Blanche-Neige est supposée être la plus belle de toute — ce n’était pas vrai dans le dessin animé, et ce n’est toujours pas vrai dans le film, car si Kristen Stewart n’est pas désagréable, on parle quand même de Charlize Theron, la classe et la beauté incarnée. Chris Hemsworth se défend assez bien, même si je pense que les scénaristes auraient pu être un peu plus généreux avec lui. Quant à Kristen Stewart, j’avais l’espoir de la voir adopter des expressions faciales un peu plus variées, mais finalement, elle a gardé sa moue assez insupportable. La même que dans Twilight, le même air étonné tout le temps, le même jeu… Et je trouve ça assez dommage. Si je me concentre sur le film lui-même, je dirais qu’il y a quelques longueurs, mais que c’est tout de même agréable à regarder. On ne se prend pas la tête et si on râle contre Blanche-Neige, la beauté de Charlize Theron et des décors rattrape le tout.

De Woody Allen, je crois n’avoir vu que Minuit à Paris et Match Point. J’avais aimé les deux, mais pas de quoi crier au génie non plus. To Rome with Love me tentait parce que j’étais dans ma phase “j’ai envie de voyager en Italie” et “je suis déprimée, regardons une comédie romantique amusante”. Je peux vous rassurer tout de suite, le film remplit ces deux critères. Je serais bien en peine de vous en faire un résumé : nous suivons plusieurs habitants de Rome, tous d’horizons très différents, dont les vies ne se croisent pas. Et malgré ça, malgré le fait que nous passions d’un personnage à l’autre sans qu’il y ait de lien apparent entre eux, on a envie de connaître la suite. J’ai eu plus de sympathies pour certains : le personnage incarné par Woody Allen, celui incarné par Alison Pill et aussi celui de Roberto Benigni. Certaines histoires n’avaient pas grand intérêt à mes yeux, comme celle de ce jeune couple italien qui monte à Rome et même celle qui liait Jesse Eisenberg à Ellen Page, Greta Gerwig — qui aurait mérité un rôle plus important — et Alec Baldwin. Les paysages sont sublimes, mais on se doute bien que Woody Allen a choisi de montrer le beau côté de Rome — comme il a choisi de montrer un Paris de carte postale dans Minuit à Paris. Cependant, ça fait du bien de rêver de temps en temps, et si parfois il est bon d’ouvrir les yeux sur le monde, c’est aussi reposant de les fermer et de profiter de ce qui est beau. Le film en lui-même est très inégal, mais il avait le mérite de répondre à mes deux exigences du moment. À regarder quand vous vous sentez mal ou quand vous avez envie d’en prendre plein les mirettes — soleil, ruines, petites ruelles charmantes.

J’ai comme la vague sensation que ma prose s’est légèrement dégradée lors de la rédaction de la critique de Blanche-Neige et le Chasseur, je m’en excuse. J’essaie parfois de prétendre que je suis raffinée, mais je suis rattrapée par ma nature profonde de fille qui aime jurer comme une charretière et parler comme une poissonière parisienne du début du siècle. Je m’arrête là pour que l’article ne soit pas trop long. J’ai aussi vu Song for Marion qui m’a fait pleurer toutes les larmes de mon corps — c’est simple, le film dure 1h30, et sur ces 1h30, j’ai passé 5 minutes sans avoir le nez et les yeux planqués dans mon mouchoir (enfin mes mouchoirs) —, Devine qui vient dîner ?, un film sur la ségrégation et sur les relations entre Blancs et Noirs dans les années 1960 aux États-Unis au travers d’un couple mixte (c’est un huis clos, donc ça laisse pas mal de place à la réflexion, c’est assez intéressant), puis Indiana Jones parce que c’est passé à la télévision — j’ai fermé les yeux pendant les ¾ du deuxième film de la saga. J’espère prochainement rattraper le temps perdu et regarder des films à n’en plus pouvoir sans me sentir coupable de ne pas bosser. Bientôt, bientôt…

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8 réflexions sur “Bilan filmique | Mars 2014

  1. Je vais écrire au fur et à mesure de ma lecture de ton article car je vais oublier de dire des choses sinon ^^
    1) Je ne connais pas bien voire pas du tout Guillaume Galliener ne et même si ce film a gagné un César, je n’en ai pas entendu parler plus que cela. A part au salon du livre, quand je faisais la queue pour payer un bouquin, des dames en parlaient derrière moi ^^ Je ne sais pas à quelle occasion je pourrais le regarder mais tu me donnes envie en tout cas !

    2) Mon réalisateur doudou *__* Franchement ses films sont toujours aussi déjantés mais tendres à la fois. La BO de son dernier m’a cependant moins marquée que dans ses précédents. Hâte qu’il sorte en DVD pour le revoir !

    3) A la même époque que ce film était sorti un second film sur Blanche Neige « Mirror Mirror » avec Julia Roberts et je n’avais pas du tout aimé. Je tenterai celui ci peut être. Mais bon il y a Kristen Stewart dedans.. ça refroidit un peu XD

    4) Alors que j’aime assez les films de Woody Allen en général, j’ai eu un rejet pour celui ci :s

    Tu es raffinée chère amie, n’en doute pas 😛

  2. J’ai aimé The Grand Budapest Hotel, mais malheureusement, contrairement à toi, je l’ai vu dans des conditions désastreuses : assise sur les marches de la salle de ciné (et oui, à Paris, les cinémas vendent des places même quand il n’y en a plus de disponible, hallucinant !) et en VO avec sous titre, sauf que je ne les voyais pas (donc je n’ai pas compris tous les détails). Dommage…

    Sinon, To rome with love, j’adore ! Je suis une grande fan de Woody Allen et en tant que grande fan, je te conseille de voir plusieurs autres de ses films : La rose pourpre du Caire, par exemple, ou Scoop, Vicky Christina Barcelona…Le dernier en date, Blue Jasmine est vraiment au top !

    • Mince ! Ils tiennent vraiment à faire du chiffre d’affaire… J’espère que tu auras tout de même l’occasion de le revoir dans de meilleures conditions, et de l’apprécier pleinement :).

      J’ai déjà vu, et adoré pour le coup, Vicky Cristina Barcelona. Je n’y avais plus pensé au moment de mon article, mais oui, c’est un de ceux que j’ai préféré. Je note pour les autres, sachant que Scoop me faisait bien envie (HUUUUUUUUUGH) :).

  3. J’apprécie beaucoup Guillaume Gallienne et son film est sur ma liste à voir, de même que The Grand Budapest Hotel (et Moonrise Kingdom, d’ailleurs).

    Ralph Fiennes est un fabuleux acteur…lorsqu’il ne joue pas Voldemort ! Je le trouve catastrophique dans ce rôle, pour moi il a toujours été une des rares erreurs de casting des Harry Potter.

    J’avais vu Blanche-Neige au ciné et…j’ai trouvé ça épouvantable, lol, à part les costumes de Charlize !

    Je suis allée à Rome l’année dernière et je suis tombée amoureuse de cette ville, il faut que je voie le Woody. Mais comme j’ai le projet de revoir toute la filmo de Woody dans l’ordre chronologique, je crois qu’il va attendre un moment ^^ !

    Ah et vive les poissonnières du siècle dernier (je parle comme ça aussi) ! 😀

    • J’aimerais bien connaître ton avis sur Les garçons et Guillaume, à table ! une fois que tu l’auras vu :).

      Oui, c’est vrai qu’en Voldemort… Il n’est ni bon ni mauvais, il n’est juste pas remarquable.

      Les costumes de Charlize Theron sont magnifiques. Et elle est magnifique aussi. Je veux l’épouser.

      J’aimerais tellement aller à Rome ! Ça m’a donné encore plus envie ;). J’avais vu un vlog sur Rome à ce moment là, en plus, donc j’étais vraiment dans l’ambiance. Je vais me pencher sur les films de Woody :).

      Et quand je pense qu’il y en a qui disent que les femmes profèrent moins d’insultes…AHAHAHA.

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