[LMA + romans] Maisie Dobbs de Jacqueline Winspear

J+8 : Aujourd’hui, article spécial « lecture commune ». Organisée par Aifelle du blog Le Goût des Livres, elle porte sur la série de romans Maisie Dobbs de Jacqueline Winspear. Ayant déjà lu les trois premiers tomes, je vais m’efforcer de vous faire un petit article récapitulatif en vous donnant quelques impressions générales sur la saga.

Soit dit en passant, c’est assez magique d’avoir trouvé ce montage réunissant Maisie Dobbs, Birds of a Feather et Pardonable Lies, c’est-à-dire les trois livres que j’ai lus. Ça me permet d’ailleurs de faire une petite digression sur les couvertures, que j’apprécie énormément. Ce type d’illustration m’évoque bien les années 1930 avec cette tendance Art Déco qui émerge, mais aussi les tableaux d’Edward Hopper, avec ces jeux d’ombre. Mais trêve de bavardages.

Comment en suis-je venue à me lancer dans cette série ? Depuis quelque temps, je prends plaisir à retourner à la bibliothèque, et on peut dire que j’ai plutôt le choix, avec 3 établissements différents à ma disposition. Ma petite bibliothèque de quartier est très bien fournie en romans en VO, que ce soit en anglais ou en allemand. Ils ont des titres connus comme des œuvres plus « obscures » dirons-nous. J’ai tout de suite été attirée par le dos des Maisie Dobbs : les livres étaient alignés les uns à côté des autres et je trouvais l’effet plutôt plaisant. Je vous vois en train de vous dire : « QUOI ? Elle a choisi ce bouquin uniquement pour la couverture ?! » (spéciale dédicace à Sita). Eh bien non, je prends toujours l’habitude de lire le résumé.

Maisie Dobbs est une jeune femme de 35 ans qui habite à Londres et vient tout juste de monter son cabinet de détective privé / psychologue. Nous sommes en 1929–1930 et si les femmes sont plus libres qu’avant la guerre — n’oublions pas qu’en 1918, les femmes de plus de 30 ans ont le droit de vote —, pour se faire une place dans ce milieu et garder sa crédibilité, ce n’est pas simple. À la différence de Miss Fisher, dont je vous parlais dans un article précédent, Maisie Dobbs n’est pas une femme d’action. Elle est prête à aller loin pour mener ses enquêtes, à voyager, à faire la forte tête face à des hommes de l’aristocratie qui la prenne de haut, mais elle est plus posée et réfléchie. Comme Hercule Poirot, elle préfère faire travailler ses petites cellules grises grâce à des techniques apprises auprès de son mentor, Maurice Blanche, et d’un maître zen nommé Khan. C’est d’ailleurs ce qui la rend particulièrement intéressante : au fil de l’enquête, nous suivons son cheminement intellectuel, nous sommes littéralement dans sa tête, nous ressentons ce qu’elle ressent et, surtout, nous sommes témoins du pouvoir de l’intuition.

Cependant, Maisie Dobbs n’est pas une détective lambda. Dès le premier tome, nous en apprenons plus sur son passé en tant qu’infirmière pendant la Première Guerre mondiale, mais aussi sur son enfance. Je me garderais bien de vous en révéler plus : son histoire fait le sel du roman d’ouverture. Ces passages « flashbacks » m’ont passionnée, je tournais frénétiquement les pages pour espérer en savoir plus, et lorsqu’on revenait au présent, j’avançais à toute allure pour pouvoir retourner dans le passé. Effectivement, je dois dire que la première enquête est peut-être un peu maladroite. Ce sont les débuts, et ça ne m’a pas enlevé l’envie de lire la suite. J’ai senti une évolution de Maisie Dobbs à Birds of a Feather : la tâche assignée à Maisie est plus « complexe »; c’est aussi l’occasion pour l’auteure de nous transmettre son savoir sur un autre aspect de la Première Guerre mondiale — comment étaient considérés les hommes qui ne pouvaient partir au front ? En parallèle, nous continuons notre découverte de la jeune femme. Ce tome-ci était particulièrement émouvant, si émouvant que j’en ai pleuré — les dernières lignes m’ont arraché le cœur —, mais ce n’est rien comparé à la puissance de Pardonable Lies. Ce dernier m’a complètement chamboulée. L’enquête était bien menée, même si à force d’aller en avant et en arrière, on se retrouve parfois un peu perdu. C’était à la fois intéressant, enrichissant, et plein de suspense.

Chaque tome apporte quelque chose de nouveau, à bien des niveaux. D’une part, comme je viens de le dire, les enquêtes sont de plus en plus élaborées. D’autre part, j’ai à chaque fois l’impression d’apprendre. Dans le premier tome, je découvre l’origine du pilates; dans le deuxième tome, je comprends pourquoi l’auteure parle de « plumes » (je ne peux vous en dire plus sans vous gâcher la totalité du roman); dans le troisième tome, j’ai une vision plus précise de la façon dont la guerre s’organisait, les postes que les soldats pouvaient occuper, etc. Et le meilleur, dans tout ça, c’est que les connaissances sont distillées intelligemment, sans que l’on se dise que l’auteure veut nous étaler sa science. Comme vous l’aurez peut-être compris, Jacqueline Winspear focalise son attention sur la Première Guerre mondiale et ses conséquences dans la vie de son héroïne, mais aussi de toute une population. Toutes les enquêtes de Maisie sont liées à la guerre — ce qui me pose souvent problème pour faire la différence entre le premier et le deuxième livre tant les mystères sont liés.

Shame, isn’t it? That we only like our heroes out in the street when they are looking their best and their uniforms are ‘spit and polished,’ and not when they’re showing us the wounds they suffered on our behalf.

Pour résoudre ces affaires, Maisie Dobbs ne travaille pas seule. Elle est assistée de Billy Beale, qui, s’il n’a pas la vivacité d’esprit de sa patronne, s’avère être un allié de poids, loyal et toujours prêt à rendre service. C’est un personnage attachant, au fort accent Cockney et lui aussi victime de la guerre. Lady Rowan Compton, elle, fait figure de mécène : Maisie est sa petite protégée et elle l’aide à monter son affaire… En contrepartie, elle veut savoir comment avance chaque enquête. C’est une femme survoltée, énergique et assez exubérante. Son mari, Lord Compton, est plus réservé, mais supporte avec bonhommie les idées folles de sa femme. Le Dr. Maurice Blanche est celui qui a tout appris à Maisie. Il lui a enseigné l’art de l’observation, de la réflexion, il lui a appris à se montrer objective, tout en écoutant ses intuitions. Au fil des romans, nous faisons la connaissance de nouveaux personnages, comme le Dr. Andrew Dene, l’inspecteur Stratton ou encore Priscilla Evernden.

Lire Maisie Dobbs, c’est découvrir une autre facette de l’histoire, c’est découvrir une nouvelle façon d’enquêter, mêlant mysticisme — parfois, ses intuitions relèvent du divin… — et intense observation et interprétation objective des faits observés. C’est aussi découvrir une héroïne forte, que l’on a du mal à cerner dans le premier tome, mais qui se révèle au fur et à mesure. Moi qui ne suis pas une grande fan des séries et qui préfère les romans « stand-alone », je suis ravie de vous annoncer que je ne compte pas m’arrêter aux trois premiers tomes. Ma petite bibliothèque municipale a toute la série — j’ai de la chance, la bibliothécaire est fan, alors elle a acheté tous les bouquins pour pouvoir les lire elle-même —, et je suis bien motivée pour emprunter prochainement le tome 4, Messenger of Truth

Petit logo (MA)

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16 réflexions sur “[LMA + romans] Maisie Dobbs de Jacqueline Winspear

  1. Tu as bien de la chance que ta bibliothèque possède tous les tomes ! Je vais devoir les acheter ou les lire sur liseuse pour le coup. Les couvertures sont à tomber !
    Je n’ai pas ressenti le mysticisme dont tu parles dans le premier opus, mais je suis pressée de voir ce que ça donne par la suite 🙂
    J’ai bien aimé l’atmosphère vintage et désuète (non ce n’est pas péjoratif dans ma bouche xP) de ce premier tome !

    • Ils n’avaient pas le tome 3, que j’ai dû lire sur ma liseuse : je me suis rendue compte qu’avoir le livre entre les mains, avec ces jolies couvertures, était bien plus agréable ! L’aspect mystique se ressent plus par la suite, quand les enquêtes sont un peu plus développées !

  2. Je partage entièrement ton engouement : j’ai lu le tome 1 et apprécié le mélange roman policier / récit historique ! Et quel personnage intéressant, que cette Maisie ! Enfin, tout à fait d’accord : les couvertures originales sont tout ce qu’il y a de réussi ! 🙂 J’ai hâte de lire la suite (mais en français ^^).

    • Les autres tomes sont-ils sortis en français ? Lire en anglais a certains avantages ;). J’aime beaucoup découvrir progressivement le personnage de Maisie et son entourage. On s’attache à elle, et on a un peu envie de la taper quand elle fait des choses qu’elle ne devrait pas faire (a). Mais je n’en dis pas plus.

  3. Je suis inscrite au challenge 1ère guerre mondiale, j’avais déjà noté quelques idées mais j’y ai ajouté cette série découverte aujourd’hui. J’aime beaucoup les couvertures également.

  4. Vous êtes toutes enthousiastes et je vais très certainement me laisser séduire par cette série. Et j’adore également les trois couvertures qui sont dans ton billet, tellement art déco !

    • Si tout le monde a aimé, ça veut bien dire ce que ça veut dire, haha ! Les couvertures sont superbes, effectivement. Y a pas à dire, une couverture réussie donne quand même plus envie.

  5. Même si tu l’avais choisi pour sa couverture, tu n’aurais pas été condamnable. La bibliothèque impose des circonstances atténuantes.
    Je vais arrêter de lire tes articles, car j’ai envie de découvrir chaque chose que tu présentes. Ou alors tu me fournis un retourneur de temps qui fonctionne !
    En tout cas, même si je ne suis pas friande des enquêtes à intuition (ça fait tout de même un peu deus ex machina) ou des séries à rallonge, ce que tu en dis est tout à fait alléchant… C’est tout à fait approprié pour le centenaire de la Première Guerre Mondiale en plus.

    • Je te remercie, je me sens mieux après cette absolution. C’est le piège de la blogosphère : on découvre trop de choses, et on a trop peu de temps ! Je suis tout de même ravie de t’avoir donné envie de te pencher sur cette série ;). Il est vrai que les whodunnit se résolvent très rapidement, avec l’indice ultime qui change tout. Malgré tout, je trouve que les Maisie Dobbs sont plutôt bien fichus de ce côté-là. Tu en apprends beaucoup sur le passé de l’héroïne, ça rend la lecture très agréable. Et comme tu dis, pour le centenaire de la Première Guerre mondiale, c’est parfait !

  6. Le personnage de Maisie semble très particulier et original ^^ Je ne connaissais pas du tout cette série livresque, ni l’auteure. Tu en parles tellement bien que ça attise ma curiosité 🙂 Et puis, c’est vrai que ça rentre dans le thème de l’année : le centenaire de la Première Guerre Mondiale !
    Je note l’auteure (même si je sais pertinemment que je n’aurais jamais le temps de les lire, c’est frustrant, trop de livres et pas assez de temps 😉 )

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