[Top] Preuve par A + BD

Quoiqu’encore tout à fait novice dans le domaine, je dois dire que les bandes dessinées ont tout de même eu une place importante dans ma vie, et continuent de me fasciner. Mes connaissances sur le genre sont assez limitées, mais je m’efforce, en suivant tantôt mon instinct tantôt les recommandations de blogueurs ou d’amis, d’aller à la découverte de ce monde inconnu. Malgré ces quelques récentes incursions dans les méandres du genre, je reste très attachée à certaines bandes dessinées, toutes plus ou moins du même style.

1. Le Petit Spirou de Tome et Janry (1987)
Un classique de chez classique qui ne date pas d’hier. Je ne sais pas vraiment comment j’en suis venue à me plonger dans les différents tomes de la série, mais je m’y replonge aujourd’hui avec le même plaisir qu’alors. Spirou n’a pas toujours été un adulte aventurier : il a d’abord été un petit garçon avec une sacrée bande de copains toujours prête à faire des bêtises. Les vêtements et l’ambiance donnent l’impression que l’histoire se déroule dans les années 1950. Parfois tendre, cette bande dessinée est surtout drôle et fidèle à l’image que l’on se fait des petits garçons de l’époque. Parmi les personnages cultes, Monsieur Mégot, prof de gym dont la devise est « le sportif intelligent évite l’effort inutile » (devise que j’ai faite mienne). J’aime beaucoup le trait du dessinateur et les couleurs donnent un côté délicieusement désuet.

2. Kid Paddle de Midam (1993)
Dans le même style que Le Petit Spirou, mais quelques années plus tard… Désormais, les « petits garçons » sont férus de science, de jeux vidéos, d’expériences toutes plus stupides et dangereuses les unes que les autres. Les filles, c’est nul, et les poupées Barbie sont beaucoup plus intéressantes passées au micro-onde. Kid Paddle et ses amis Horace (pas très fut-fut) et Big Bang cherchent des moyens de contourner Mirador, gérant de la salle d’arcane, et son chien Radar ; ils font tout pour embêter Carole, la sœur de Kid, et pour anéantir toute forme de mignonnitude existant sur Terre. Ce n’est pas sans rappeler La Famille Addams, par certains côtés. J’ai véritablement grandi avec cette bande dessinée, puis ai ensuite réussi à convertir mon frère. C’est vraiment une affaire de famille.

3. Raoul et Fernand d’Erroc
Dans la série BD avec animaux, je ne demande pas Boule et Bill ou Garfield, mais Raoul et Fernand, l’une des premières BD animalière que j’aie lue. J’ai eu la chance de me faire dédicacer les deux premiers albums et il ne me reste plus qu’à me procurer le troisième. Les gags sont plutôt « faciles », mais la stupidité de ce chat jaune et de ce chien bien en chair réussit à me faire sourire. Raoul et Fernand n’ont que deux centres d’intérêt : la nourriture et la télévision. Leur vie tourne autour de ces deux pôles, au grand dam de leur maîtresse qui tente parfois quelques cures de désintoxication, sans grand succès. J’apprécie beaucoup les illustrations d’Erroc : son style est « abordable », mais reconnaissable.

4. Tony et Alberto de Dab’s (2000)
Si Kid Paddle est l’extension gore du Petit Spirou, alors Tony et Alberto est l’extension stupide/gore de Boule et Bill. Tony est un jeune garçon un peu dérangé, plutôt violent, et surtout le propriétaire d’un chien tout aussi ravagé prénommé Alberto. Tony est obsédé par la recherche du Graal, c’est-à-dire la recette du coca, et a peur de Clémentine, la sœur de Robert, un ami à lui. Alberto se prend pour un justicier masqué et tente de sauver le pauvre et l’opprimé… Il a aussi une peur bleue du toiletteur. Si on aime l’humour assez lourd, les vannes pipi-caca-prout, et les personnages stupides, cette bande dessinée est parfaite. Le dessinateur est parvenu à peindre sur le visage des protagonistes leur manque de subtilité et d’intelligence. Je ris encore en repensant à certaines planches, notamment celles avec le panda, mais je ne vous en dis pas plus. Tony a aussi quelques réparties qui marquent les esprits : « et ta sœur, elle fait du deltaplane ? » aux ados qui le rackettent.

5. La Vie en Slip de Steve Baker (2009)
Vous connaissez Jean-Paul Sartre, Spinoza et Gilles Delleuze ? Vous souhaitez en apprendre un peu plus sur leur philosophie, leurs idées ? Passez votre chemin. Ce n’est ni Jean-Paul Farte, qui a un léger cheveu sur la langue, ni Pedro Spinouza, le pseudo-latin lover, ni Gilles Delouze, intelligent mais doté d’amis qui le sont beaucoup moins, qui vous inonderont de leurs connaissances et de leur sagesse. Les trois personnages principaux de cette bande dessinée au titre pour le moins révélateur sont, dirons-nous, des pré-adolescents de 12-13 ans avec qui la vie n’a pas toujours été généreuse. Ils ne savent pas parler aux filles, ils se font harceler par Wagner, grosse brute avec un QI inférieur à celui d’une huître, et ils sont aussi un peu chochottes. Comme pour Tony et Alberto, ça ne vole pas très haut, mais il y a une certaine finesse dans les dessins, mais aussi dans les diverses petites histoires, particulièrement dans le deuxième album. Je suis conquise par les couleurs utilisées et par le trait du dessinateur. Une bande dessinée qui vaut vraiment le détour.

6. Le Petit Grumeau Illustré de Nathalie Jomard
Arrivée par hasard sur le blog de Nathalie Jomard, je suis immédiatement tombée amoureuse de l’humour et du trait de cette illustratrice de génie. Elle a un emploi bien particulier de la langue française, se plaît à inventer de nouveaux mots, et à dessiner les choses de façon assez « crue ». Si elle s’imagine en train de fourrer la tête de sa fille dans les fesses d’un éléphant pour la faire taire, vous verrez le corps frêle de sa petite fille dépasser des fesses d’un éléphant. Elle nous dépeint sa vie de femme enceinte, puis de mère, puis à nouveau de femme enceinte, puis à nouveau de maman. Loin de tourner en rond, elle se renouvelle sans cesse et nous fait aimer sa fille, son fils, mais aussi Chat-Bouboule, pauvre victime de ces deux enfants terribles, et Tata Fernande, qui s’en prend plein la figure. Elle-même nous parle avec beaucoup de légèreté des difficultés qu’une femme enceinte, qu’une mère, et qu’une épouse peut rencontrer au quotidien. Je visite son blog régulièrement — une nouveauté chaque semaine —, je relis son premier album avec grand plaisir, et je viens tout juste de découvrir le second, comportant quelques dessins inédits. C’est typiquement le genre d’illustration que j’adore. C’est simple, mais travaillé et détaillé. Ce n’est pas uniquement le gag lui-même qui est drôle : les dessins le sont aussi, presque indépendamment de la petite histoire qu’ils illustrent.

7. Switch Girl de Natsumi Aida (2006)
Je ne pouvais pas ne pas mentionner ce manga. Il entre tout à fait dans la catégorie bande dessinée, que personne ne me dise le contraire. Il est classé dans les shôjos, parce qu’il y a évidemment une histoire d’amour, et que ça se passe au lycée, et que ce sont des jeunes filles en fleur, etc… Mais c’est un shôjo que mon frère a lu ! Lui qui ne jure que par One Piece, Fairy Tail, Naruto et j’en passe a aimé ce manga — dont il me manque encore une dizaine de volumes (mais comme je suis pauvre et que le prix du tome ne cesse d’augmenter, je crois que ça va encore attendre un peu). L’héroïne a deux modes : ON, je suis une jeune fille superbe, élégante et glamour, admirée par toutes mes copines de classe ; OFF, je porte un jogging dégueulasse, un bandeau dans les cheveux et je m’épile tous les 36 du mois. Dès qu’elle rentre chez elle, elle passe en mode OFF et troque son joli uniforme pour une tenue d’intérieur plus confortable… Et absolument ignoble. Ce que beaucoup de filles font, n’est-ce pas ? Ce manga montre, quoique de manière un peu exagérée, l’intimité des filles telle qu’elle est et non telle que les lecteurs aimeraient qu’elle soit. C’est drôle, l’auteur fait un travail formidable au niveau du dessin, et si l’histoire d’amour tourne parfois en rond, il y a toujours quelque chose à côté pour vous donner envie de lire le prochain volume.

8. Captain Biceps par Tébo et Zep
Il porte des collants, un costume jaune et rouge, il est plus fort que Superman, plus malin que Batman… C’est Captain Biceps bien sûr (de son vrai nom Elmer Rateau) ! Ses poings d’acier viennent à bout de tous les supers méchants. Il n’a peur de rien, sauf de sa maman, et ne fait pas dans la dentelle. C’est un personnage que j’apprécie énormément, parce qu’il manque de finesse, mais aussi parce que ses techniques à la fois de drague et de baston ne sont pas toujours tout à fait au point. L’auteur a donné un nouveau visage aux célèbres « villains » de chez Marvel ou DC Comics… Mais comme Captain Biceps ne fait pas de discrimination, il se bat aussi contre les gentils, comme Daredivol, le héros à la canne blanche, ou encore Pacific Man, qui s’en prend plein la figure sans aucune raison. J’aime les couleurs vives, la manière dont sont agencées les planches, les petits détails que ce soit dans les titres ou dans les vignettes sur le côté.

9. Je veux le prince charmant d’Hélène Bruller
Cette BD, je l’ai lue un nombre incalculable de fois. En fait, j’ai lu les deux albums un nombre incalculable de fois. Hélène Bruller se met en scène de sorte à ce que l’on puisse s’identifier à elle. Elle nous parle de situations du quotidien, des petits trucs qui énervent (comme les zigouigouis qui s’entortillent et qui servent à attacher les Barbies à l’emballage carton), des fantasmes qu’on peut se faire, etc. Finalement, Hélène Bruller dénonce les injustices de la vie. Si, c’est vrai ! Vous n’avez qu’à jeter un œil à cette BD pour comprendre. Le langage est parfois cru, ce qui pourra déplaire à certains, surtout que c’est un peu gratuit. Les illustrations, comme vous pouvez le constater, sont simples… Mais efficaces. Je me suis aussi penchée sur une autre BD d’Hélène Bruller, Faut qu’on parle. Le concept est différent : nous avons des illustrations simples, un dessin par page, et le texte est sous l’image. Ça rappelle le style « d’avant », des débuts du genre.

10. La Rubrique-à-Brac de Gotlib (1968)
Last but not least, la Rubrique-à-Brac fait aussi partie des classiques de la bande dessinée. L’humour est très fin, l’auteur aime les bons mots et les bons gags tout en gardant un côté assez traditionnel. Les illustrations sont en noir et blanc, le trait de l’auteur reconnaissable entre mille. Il est très difficile de décrire cette bande dessinée en détail. Chaque planche est unique et si certains personnages sont récurrents, je pense notamment à Isaac Newton, Gotlib n’aborde jamais deux fois le même thème. Il m’aura fallu du temps pour réellement me plonger dans la Rubrique-à-Brac : le texte est plus abondant que dans les albums cités ci-dessus et comme je suis plutôt flemmarde et très peu patiente, j’avais tendance à me lasser vite. Ce temps est plus ou moins révolu. Ou disons que depuis que j’ai découvert à quel point ces planches étaient merveilleuses, j’essaie de faire un effort.

Les bandes dessinées dont je viens de vous parler ont toutes un point commun : elles ne racontent pas une grande histoire, mais sont divisées en petites histoires ou en gags. C’est un style qui me plaît, qui est très abordable et peu contraignant. Ce sont des bandes dessinées que je peux lire et relire en y prenant à chaque fois autant de plaisir qu’à la première lecture. Le côté « répétitif » permet de se familiariser avec les personnages à tel point qu’ils font plus ou moins partie de notre propre famille. Je suis très humour « pipi-caca-prout-bas-de-plancher » comme vous l’aurez remarqué. En fait, je pense qu’ayant lu dès petite des bandes dessinées de ce type, j’associe ce genre à la détente : les BDs me remontent le moral lorsque je ne me sens pas bien, et me procurent du réconfort. C’est pour cette raison que, longtemps, je n’ai pas cherché plus loin. Aujourd’hui, si j’apprécie le fait de découvrir autre chose, de sortir un peu de ma zone de confort, je sais qu’au final, ce sont ces BDs humoristiques qui resteront mes préférées, qui garderont une place particulière dans mon cœur.

Cet article a été écrit dans le cadre d’un « événement » organisé par Sita. Angee, Clélia, Sita et moi en sommes les participantes. Notre mission : parler de bandes dessinées. Au départ, je devais tourner une vidéo, puis le temps et le manque de motivation m’ont poussée à me diriger vers un format écrit (traduction : je suis une feignasse). Nous n’avions pas d’autre consigne. J’ai donc choisi de vous parler de quelques bandes dessinées qui m’ont marquée. Qu’ont fait Angee, Clélia et Sita ? Cliquez pour le découvrir !

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9 réflexions sur “[Top] Preuve par A + BD

  1. Oh c’est si vieux que ça Kid Paddle ?! J’aimais aussi beaucoup cette BD.
    J’aime aussi beaucoup le style graphisme de Nathalie Jomard.
    Hélène Bruller m’est inconnue par contre.

  2. La bande dessinée franco-belge me rappelle beaucoup mon enfance. Je lisais beaucoup de Cédric, Ducobu, Jojo, etc. J’aimais aussi Tony et Alberto que je lisais dans Tchô et Le Petit Spirou ! 🙂 Maintenant je me tourne plutôt vers d’autres formats plus originaux, que ce soit dans la forme ou dans le fond.
    J’aimerais aussi découvrir Gotlib 🙂

  3. Oh, le petit spirou 🙂 j’adore cette BD, même encore aujourd’hui ! Dans le lot, il y a aussi Mélusine, que j’adore lire encore maintenant 🙂 Et elle colle parfaitement avec ton point commun : Mélusine aussi raconte des petites histoires !

  4. Oh, La Rubrique-à-Brac ♥ Gotlib est un de mes dieux ! J’adore relire cette bande dessinée de temps à autre, comme Les Dingodossiers qu’il a co-écrit avec Goscinny, un autre de mes dieux ^^ J’aime beaucoup aussi Le Petit Spirou, même si j’ai plus de mal avec les derniers albums. Je ne connais pas les autres que tu cites (bouh, la nulle !), mais je vais essayer de remédier à ce manque très vite.
    Sinon, parmi mes derniers coups de cœur BD, il y a Pico Bogue et Mamette, c’est tendre et drôle, tout ce que j’aime !

  5. J’ai enfin fini ton article ! (ça ne m’aura pris que 4 jours, haha.)
    Ma soeur a eu une énorme période Kid Paddle, du coup j’ai lu au moins les 10 premiers tomes. Sans pour autant être complètement fan, j’aime l’univers. J’adorais Raoul & Fernand quand ils apparaissaient dans le Journal de Mickey ! (d’ailleurs j’ai rencontré l’auteur complètement par hasard à une dédicace, j’en ai profité pour acheter le premier ^^)
    Switch Girl m’a très rapidement lassée… Ce genre d’héroïnes pile électrique me lassent rapidement en fait, j’aime l’humour d’exagération, mais si ce n’est pas suffisamment contenu ça m’épuise !

    De mon côté, c’est le contraire. Je me lasse des séries avec énormément de tomes, surtout s’il n’y a pas une trame globale pour m’appâter. Ton article me fait me rendre compte que je suis de plus en plus one shot, et que je lis peu de strips ces derniers temps, faudrait que je m’y remette !

    • Mieux vaut tard que jamais (a).
      J’ai tellement aimé Kid Paddle quand j’étais plus jeune. Le côté glauque/cracra me faisait bien rire et me plaisait beaucoup !
      Erroc a fait une autre BD pas mal, Rob, Wed &co. Je comprends que Switch Girl ait pu lasser. Après, je les lis au compte-goutte, donc c’est comme si je m’y plongeais pour la première fois à chaque lecture ).

      Je n’aime pas les séries avec trop de tomes ! Sauf quand ce sont des strips (a). Mais après, je pense que 10-12 tomes, ça suffit. Sauf si l’auteur se renouvelle.

  6. I rarely read little comic strips these days – they’re few and far between here!

    Thanks for the comment. My Aunt’s house is seriously beautiful – so many little reading nooks. I’m sure I’ll love Normandy. I’m looking forward to it!

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