[Roman] To Kill A Mockingbird de Harper Lee

Est-il encore nécessaire de présenter ce roman ? Grand succès aux États-Unis à sa sortie en 1960, considéré comme un classique de la littérature américaine et apprécié à l’étranger, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur a fait et continue de faire ses preuves. Harper Lee s’est fortement inspirée de son enfance : dans la composition des personnages, dans le choix des thèmes, dans le choix des lieux et de l’époque. Atticus Finch est le père de Jean-Louise (Scout) et Jeremy (Jem), deux enfants qui aiment se faire peur et se posent 1000 questions sur leur mystérieux et effrayant voisin, Boo Radley, qui n’est pas sorti de chez lui depuis plus de 20 ans. Atticus est avocat et se voit confier une affaire délicate : la défense d’un homme noir accusé du viol d’une jeune femme blanche. Nous sommes dans les années 1930, période de la Grande Dépression, et qui plus est dans le sud des États-Unis. Autant dire que le combat est quasiment perdu d’avance. Nous suivons en parallèle ces deux histoires : celle de cet avocat droit et juste qui va faire tout son possible pour défendre l’indéfendable, et celle de ces deux gamins qui sortent peu à peu de l’enfance et sur lesquels l’affaire de leur père va avoir un impact considérable.

J’avais tenté de lire ce roman il y a maintenant 3 ans et m’étais arrêtée au bout d’une centaine de pages, incapable d’aller plus loin. En plus de m’ennuyer profondément, je ne voyais pas où l’auteure voulait en venir. Comme je ne suis pas rancunière, je donne toujours une deuxième chance aux livres. Cette seconde lecture m’a-t-elle fait changer d’avis ? Rien n’est moins sûr. En allant sur Goodreads, je me suis rendue compte que Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ne recevait quasiment que des critiques positives. Moyenne générale : 4,23/5. Sans que cela n’altère l’opinion que je me fais sur un ouvrage, j’aime à savoir ce que les autres en ont pensé, et je dois avouer que dans ce cas-là, ça me dépasse.

Je me suis lancée dans ma lecture sans a priori aucun. Les premiers chapitres sont charmants, nous partons à la découverte de Scout et Jem, deux enfants plutôt attachants dont la relation n’est pas sans me rappeler celle que j’entretiens avec mon frère. Atticus Finch est un personnage que j’ai aussi beaucoup apprécié : il a du sang-froid, beaucoup de bon sens, et part du principe que c’est en faisant des erreurs qu’on apprend. Cependant, lorsque sa progéniture tente de s’attaquer au mystère Boo Radley, il met rapidement le hola, faisant preuve d’une humanité dont il fera encore montre lors du procès de Tom Robinson, accusé du viol d’une femme blanche. Nous découvrons donc une famille normale, qui vit une vie apparemment paisible à Maycomb… Tout ceci du point de vue de Scout, le roman étant écrit à la première personne du singulier. Bref, tout démarrait bien… Puis plus j’avançais, moins j’étais enthousiaste. Si les personnages sont sympathiques, l’histoire ne m’a pas emballée. J’ai eu l’impression qu’Harper Lee voulait parler de tellement de choses que les éléments se mélangeaient sans parvenir à former un tout cohérent. On a d’un côté Boo Radley, de l’autre Tom Robinson, puis aussi la vie scolaire des enfants et les petites bagarres dans la cour de récréation, la vie des habitants de la ville et leur passé, etc. Et ça ne s’articule pas bien.

La partie la plus intéressante du bouquin, à savoir le procès de Tom, ne s’étale que sur 3-4 chapitres, ce que je trouve profondément dommage. Nous lisons plus de 200 pages sur les aventures de Scout et Jem, puis le procès arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, puis en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, il prend fin. Je comprends ce qu’a cherché à faire l’auteure : montrer à quel point la justice peut se révéler injuste, à quel point le procès d’un homme noir ne signifie rien dans une communauté comme celle-ci, mais tout de même, j’aurais aimé que cette partie soit un peu plus développée. J’ai comme la sensation qu’elle a voulu s’attaquer à différents problèmes, mais uniquement en surface. Quelques critiques ont jugé qu’il s’agissait d’un roman jeunesse et non d’un roman adulte, justement à cause de cette simplicité et de ce manque de détail dont je viens de parler.

De plus, l’histoire est censée se dérouler dans les années 1930… Et je pensais que nous étions dans les années 1960. Une autre amie croyait que nous étions à la fin du XIXème siècle. Il faut attendre les ¾ du roman pour qu’il soit fait mention d’une date — à moins que j’aie été peu attentive, mais je ne crois pas. Si l’auteure a fait un travail formidable sur la description de la vie à Maycomb et de ses habitants, il me semble qu’il manque un peu de mise en contexte. Elle parle de la guerre civile, elle parle des Yankees et des généraux confédérés, mais elle n’évoque que brièvement la Grande Dépression et l’histoire de la ségrégation. La fin nous laisse aussi un peu sur notre fin. Tout est bien qui finit bien, ou presque. Nous avons droit à quelques phrases bien pensantes et réconfortantes, un peu rose bonbon, un peu sucrées, qui jurent avec le sujet même du bouquin, mais aussi avec le style global, plutôt agréable et travaillé.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est un roman qui n’a pas réussi à me convaincre. Les personnages attachants et hauts en couleur, la petite ville de Maycomb et le style ne rattrapent pas le manque de structure et de profondeur de l’histoire. Dans la même veine, je dois avouer que ma préférence va à The Help de Kathryn Stockett, qui m’a bien plus émue et touchée. Histoire de ne pas mourir bête, je vais tout de même tenter de regarder le film sorti en 1962, apparemment une merveille du cinéma américain.

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7 réflexions sur “[Roman] To Kill A Mockingbird de Harper Lee

  1. J’ai évidement envie de lire ce bouquin parce c’est un classique, mais pas tout de suite de suite. C’est intéressant de lire un billet un peu moins enthousiaste que les autres, histoire de ne pas avoir des expectations trop hautes.

  2. Ah flûte 🙂 J’ai adoré ce roman, que je considère comme un chef-d’oeuvre, une des plus belles histoires sur l’enfance que j’aie pu lire. Parce que pour moi, c’est ce qu’est ce récit avant tout : une histoire sur l’enfance, le reste est somme toute secondaire. Peut-être pour ça que le manque d’approfondissement ne me gêne pas.

  3. C’est dommage qu’il ne t’ait pas plu, mais c’est intéressant de lire un avis qui diffère également. Je rejoins Caro Bleue Violette concernant mon ressenti. Je le vois davantage comme un livre sur l’enfance et la façon dont la perception des choses et évènements évolue au fur et à mesure. Ca a bien fonctionné de mon côté. J’ai aussi beaucoup aimé The Help, mais pour des raisons différentes. Très chouette chronique, en tout cas.

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