[LMA + Roman] Pomfret Towers d’Angela Thirkell

J+17 : Allez, je me remotive pour le mois anglais avec cette petite friandise britannique. Pour la lecture commune « Écrivaines anglaises du XXème siècle », mon choix s’est porté sur Angela Thirkell, que j’ai découverte avec son roman Pomfret Towers. Dire qu’il fait partie d’une série d’environ 29 livres…

Barsetshire dans les années 1930. Lord Pomfret décide d’organiser une petite fête à Pomfret Towers pour le retour de sa femme à laquelle il invite les Barton, les Wicklows, mais aussi les Rivers et son mystérieux héritier. La jeune Alice Barton, un peu timide et niaise, est effrayée à l’idée de se retrouver en société, son frère Guy y est au contraire comme un poisson dans l’eau. Sally Wicklow a quant à elle la tête sur les épaules et un amour inconditionnel pour chiens et chevaux tandis que son frère Roddy s’occupe de la gestion des terrains de Lord Pomfret. Phoebe Rivers cherche à fuir sa mère à tout prix — mère qui souhaiterait plus que tout au monde que sa fille épouse le fameux héritier mentionné plus haut —, et son frère Julian est un artiste prétentieux et sûr de lui qui a la maturité d’un enfant de 7 ans. Autant dire que le week-end ne sera pas de tout repos.

Pomfret Towers est à mi-chemin entre le vaudeville et le roman social, entre Marivaux et Jane Austen. Angela Thirkell joue sur le comportement excessif des personnages et sur la façon dont évoluent leurs relations au cours du récit tout en mettant en avant le ridicule de ce milieu aristocratique pédant. L’auteure insiste tout particulièrement sur les vélléités pseudo-artistiques de Mrs. Barton, la mère d’Alice, de Mrs. Rivers et de Julian Rivers. La première écrit des romans intelligents et documentés en menant maintes recherches sur la Renaissance italienne, l’architecture du pays, etc. La seconde publie un roman à sensation tous les ans — femmes d’âge mur qui trouvent l’amour sur fond de désert, femmes mariées qui fuient au bras de jeunes et sémillants comtes, ducs et autres barons, etc — et n’hésite pas à se vanter lorsque l’occasion se présente. Julian Rivers se prend pour un peintre talentueux alors que la plupart de ses toiles ne ressemble pas à grand-chose. Il se sert de son statut d’artiste pour légitimer son attitude méprisante et hautaine. Ces trois personnages sont tour à tour observés et décortiqués par Mr. Johns, éditeur de son état : il ne supporte plus les crises de mégalomanie de Mrs. Rivers, admire le détachement de Mrs. Barton (qui écrit pour le plaisir) et déteste Julian. Pomfret Towers est à la fois une parodie et une critique de ces ridicules romans à sensation, mais aussi de la façon dont les aristocrates de l’époque considèrent l’art — soit comme un passe-temps qui vous donne fière allure, soit comme un bon moyen de se remplir les poches sans faire trop d’efforts.

Les autres personnages, Alice, Guy, Gillie, Phoebe, Sally et Roddy alimentent eux le côté théâtral du récit. 3 femmes, 3 hommes… Vous vous doutez bien de ce qu’il risque de se passer. Des obstacles se mettent constamment en travers de leur route — souvent des obstacles bien insignifiants, ce qui rend le romand d’autant plus amusants —, mais à la fin, tout est bien qui finit bien. Ou presque. En quelques phrases, Angela Thirkell parvient à faire de ces personnages des individus à part entière, avec leur propre personnalité : l’alternance en terme de focalisation permet au lecteur de se familiariser avec les pensées des différents protagonistes. Pomfret Towers est un roman frais et drôle, dont le style n’est pas sans rappeler celui de Northanger Abbey ou encore des enquêtes de Miss Marple par son côté parodique et très « village anglais ». Ce n’est pas le premier livre de la série, mais il peut se lire indépendamment des autres et est donc un bon moyen de découvrir la plume d’Angela Thirkell, qui s’avère être la petite-fille d’Edward Burne-Jones, la cousine de Rudyard Kipling et Stanley Baldwin, ainsi que la filleule de J.M. Barrie. Le prochain roman sur ma liste ? High Rising, premier de la saga Barsetshire inspirée des Chroniques de Barsetshire d’Anthony Trollope. En attendant, vous pouvez faire comme moi, à savoir acheter Pomfret Towers dans la merveilleuse édition Virago Classics et ce à 50% de son prix initial !

→ Un avis très complet sur le blog The Captive Reader.

Le mois anglais

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11 réflexions sur “[LMA + Roman] Pomfret Towers d’Angela Thirkell

  1. Je ne connaissais pas du tout, mais ça a l’air assez chouette ! Au niveau de la langue, tu le conseillerais à des lecteurs débutants ou expérimentés ? (vu que si j’ai bien compris, tu l’as lu en VO).

    Au fait, je viens de voir que tu lisais L’élégance du hérisson ! Je l’avais adoré, à tel point que je compte le relire cet été. L’écriture est superbe, j’espère que tu ne perdras pas au change avec la traduction en anglais… En tout cas, je serais curieuse de savoir ce que tu en as pensé !

    • Je l’ai lu en VO, effectivement ! Je n’ai pas trouvé que c’était très difficile. Il y avait peut-être quelques phrases un peu ardues, notamment au niveau de la syntaxe. Il y a aussi un peu de vocabulaire « campagnard », mais sinon, je pense que c’est largement faisable :).

      Je le lis en français ! Mais sur la tablette, je n’avais pas réussi à changer l’édition. C’est chose faite maintenant. Je l’ai choisi parce que je voulais lire en français et parce que ça faisait longtemps que je me disais que je devais lui redonner une chance ;).

  2. Le contexte, le style…ce livre a tout pour me plaire…Après si c’est une série de 29 et comme je me connais (utile parfois 😉 ) : quand je commence une série, je dois débuter par le 1 et après je me sens obliger de continuer…Bon bref, j’attendrai avant de me lancer mais je note !

  3. « Angela Thirkell, qui s’avère être la petite-fille d’Edward Burne-Jones, la cousine de Rudyard Kipling et Stanley Baldwin, ainsi que la filleule de J.M. Barrie. »
    C’est bon je déteste cette femme.
    Et je lirais bien ses livres, ce qui n’est pas du tout contradictoire.

  4. Voilà deux jours que je me demande où j’ai vu récemment un billet sur Angela Thirkell et j’ai enfin retrouvé ! Par contre, je découvre que je ne t’ai pas laissé de message à l’époque, honte à moi ! J’ai très envie de découvrir cette romancière et je pense que je débuterai par « High rising ». C’est vrai que les couvertures font vraiment envie.

  5. La couverture est très belle et ton billet a fini de me conquérir. C’est exactement le genre de romans qui m’attirent depuis que j’ai découvert D.E. Stevenson. Allez hop, demande au papa Noël 🙂

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