[Top] Preuve par A + BD

Quoiqu’encore tout à fait novice dans le domaine, je dois dire que les bandes dessinées ont tout de même eu une place importante dans ma vie, et continuent de me fasciner. Mes connaissances sur le genre sont assez limitées, mais je m’efforce, en suivant tantôt mon instinct tantôt les recommandations de blogueurs ou d’amis, d’aller à la découverte de ce monde inconnu. Malgré ces quelques récentes incursions dans les méandres du genre, je reste très attachée à certaines bandes dessinées, toutes plus ou moins du même style.

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Bilan | Juillet 2013

Avec le BookTube-A-Thon et les quelques emprunts effectués à la bibliothèque, je dois dire que je suis plutôt satisfaite de ma « performance » de ce mois-ci en terme de lectures, même si ça n’atteint pas les scores — effrayants — de certains. L’important était de faire de jolies découvertes, et il se trouve que ça a été le cas. Finalement, je me fiche un peu du nombre de livres que je lis. J’alterne les périodes de flemme intersidérale et les périodes de lecture effrénée, les premières étant les plus fréquentes. Je marche au feeling, il faut qu’un livre me tente à un moment donné et hop, je me lance. Même le BookTube-A-Thon n’a pas réussi à me faire lire plus que je ne le pouvais, plus que je ne le voulais. Je l’ai dit dans ma vidéo de bilan, je préfère prendre le temps de savourer et de découvrir un livre, prendre le temps de réfléchir à ce que je viens de lire, plutôt que d’enchaîner roman sur roman jusqu’à l’overdose. D’ailleurs, après ce petit challenge, je n’ai quasiment rien lu la semaine suivante. Il y a aussi quelques livres que j’ai commencés et que je ne suis pas parvenue à finir, du moins pas encore. Mais trêve de bavardages, passons aux choses sérieuses ! J’ai lu 6 livres4 bandes dessinées et j’ai 3 lectures en cours.

It is the summer of 1950–and at the once-grand mansion of Buckshaw, young Flavia de Luce, an aspiring chemist with a passion for poison, is intrigued by a series of inexplicable events: A dead bird is found on the doorstep, a postage stamp bizarrely pinned to its beak. Then, hours later, Flavia finds a man lying in the cucumber patch and watches him as he takes his dying breath.

For Flavia, who is both appalled and delighted, life begins in earnest when murder comes to Buckshaw. “I wish I could say I was afraid, but I wasn’t. Quite the contrary. This was by far the most interesting thing that had ever happened to me in my entire life.”

La première enquête de la jeune Flavia de Luce a su me séduire, autant qu’elle est parvenue à me surprendre. D’après ce que j’avais lu au préalable, je m’attendais à une ambiance « Famille Addams », mais en réalité, il n’y a que Flavia qui m’a fait pensé à Mercredi Addams. Le reste de la famille est plutôt normal. Passionnée par la chimie, avide d’expériences et de nouvelles aventures, la jeune fille nous embarque dans son univers. Un oiseau qui atterrit sur leur perron, un timbre coincé sur le bec ? Un homme qui meurt dans le jardin familial ? Il n’en faut pas plus pour attiser la curiosité d’un personnage comme celui-ci. L’enquête est relativement simple, et c’est peut-être le point faible de ce roman, autrement très divertissant. Je m’étais attendue à quelque chose de plus complexe, de plus fouillé, j’aurais aimé en savoir un peu plus en matière de chimie, sur les personnages … Disons que ça m’a laissée sur ma faim et donc que le tome 2 ne devrait pas tarder à faire son apparition dans ma PAL.

« Si vous êtes un gamin normal qui avez ouvert ce livre en pensant qu’il s’agissait d’une oeuvre de fiction, parfait. Poursuivez votre lecture. Je vous envie de pouvoir croire que rien de toute cette histoire n’est jamais arrivé.

Mais si vous vous reconnaissez dans ces pages – si vous sentez quelque chose remuer en vous – arrêtez tout de suite de lire. Il se pourrait que vous soyez des nôtres. Or dès l’instant où vous le saurez, il ne leur faudra pas longtemps pour le percevoir, eux aussi, et se lancer à vos trousses. »

Après avoir vu le film, après avoir entendu parler de cette saga à maintes reprises sur la blogosphère anglophone, je n’ai pas pu résister à son appel. Mythologie grecque ? Jeune héros avec beaucoup d’humour ? Il n’en fallait pas plus pour me convaincre. Nous suivons les aventures de Percy Jackson, demi-Dieu, fils de Poséidon, et recherché par tout l’Olympe car suspecté d’avoir volé la Foudre, propriété privée de Zeus. J’ai été surprise de voir que … Le film était totalement différent du livre. Absolument rien à voir. Si j’ai apprécié l’œuvre cinématographique, je dois bien avouer que le roman était beaucoup plus satisfaisant. C’est rythmé, c’est dynamique, c’est drôle et les personnages sont attachants. J’ai un peu tiqué sur un passage qui affirme, en gros, que les États-Unis sont le centre de l’Occident à l’heure actuelle, mais bon … Les auteurs ne sont pas à l’abri de quelque remarque ethnocentrique.

Maisie Dobbs, junior housemaid, is found reading in the library, assigned tutor Maurice Blanche who trains her in psychological investigative techniques and prepares her for Cambridge. After spending World War I nursing in France, she sets up as a private investigator. But her very first assignment, seemingly an ordinary infidelity case, soon reveals a much deeper, darker web of secrets, which will force Maisie to revisit the horrors of the Great War and the love she left behind.

Sélectionné un peu au hasard à la bibliothèque, mais aussi parce que la couverture me faisait de l’œil depuis un bout de temps, ce fut une véritable révélation que ce roman. Maisie Dobbs est une jeune enquêtrice qui vient tout juste de se mettre à son compte. Issue d’un milieu très modeste, elle tente de gagner son indépendance par tous les moyens, à une époque où ce n’était pas une évidence pour les femmes — la fin des années 1920, le début des années 1930. Sa première affaire va la mener à revenir sur son propre passé, tout ceci en lien avec la Première Guerre mondiale. Il était passionnant de se replonger dans cette atmosphère, qui d’ordinaire me déplaît. Je ne suis pas une grande fan des récits de guerre, mais tout était amené de manière fluide, sérieuse et intelligente. J’ai aussi versé une petite larme à la fin, pour tout vous dire ! Le deuxième tome m’attend et je l’emporte avec moi en vacances.

Lucie est persuadée qu’au xxe siècle, les demoiselles de la bonne bourgeoisie parisienne auront le droit de courir toutes nues, d’aller à la messe en cheveux, de parler à table et même, qui sait ? de s’instruire et de ne pas se marier. À quoi bon vieillir, sinon ? Le problème, c’est que nous ne sommes qu’en 1885 et qu’à treize ans, la seule éducation qu’une jeune fille comme Lucie est censée recevoir consiste à savoir tenir une maison pour devenir une pouse accomplie. Hygiène, lessive, cuisine : Lucie est envoyée faire son apprentissage avec Annette, Fanny et Marceline. Si ses parents savaient… Il se passe parfois des choses étranges, dans les communs des maisons bourgeoises. Les domestiques peuvent s’y révéler plus passionnants et subversifs que des livres. On y fait des révolutions en secret. On y organise des expéditions aux Halles au petit matin, ce Ventre de Paris peint par Monsieur Zola d’où sortiront bientôt tant d’idées neuves, socialisme, anarchisme, féminisme…

Sorti de ma PAL à l’occasion d’un challenge du BookTube-A-Thon, ce livre m’a permis de découvrir la célèbre Marie Desplechin. Je fais confiance aux romans de l’École des Loisirs et en général, cette confiance est récompensée. Ce fut le cas pour Satin Grenadine, un récit tout en finesse et très touchant. Lucie est une jeune fille de 13 ans à qui l’on apprend les bonnes manières, l’hygiène et toutes ces choses rébarbatives. Il est tellement plus marrant de courir dans le parc et de s’amuser au jardin ! Mais nous sommes en 1885, et les petites filles de bonne famille doivent recevoir une éducation stricte. Dans ce milieu très fermé, nous suivons la fillette, têtue et un peu naïve, que sa gouvernante va tâcher d’éduquer … À sa manière ! L’histoire est courte, il s’agit plutôt d’une tranche de vie. J’aurais aimé que l’époque soit mieux retranscrite ; on aurait aussi bien pu être dans les années 1950, ça n’aurait changé que peu de choses, ce qui est bien dommage. Toutefois, ça ne gâche pas mon plaisir ; je vous conseille ce petit livre. Et je m’en vais découvrir l’œuvre de Marie Desplechin.

Quand on découvre le colonel Protheroe tué d’une balle dans la tête dans le bureau du presbytère, le pasteur a sans doute déjà une idée sur l’identité possible de l’assassin ou, en tout cas, sur un mobile vraisemblable. N’assiste-t-il pas au thé hebdomadaire de sa femme, où s’échangent potins et cancans ?

Chronique

Que dire, que dire ? C’était l’occasion pour moi de découvrir la première enquête de Miss Marple, que je ne connais qu’au travers de la série télévisée du même nom. Je n’ai pas été particulièrement emballée, dans le sens où nous n’en apprenons pas beaucoup sur le personnage, malheureusement. J’espère que les prochains romans seront plus exhaustifs sur le sujet. Je suis très friande des adaptations, j’aime beaucoup la manière dont joue Geraldine McEwan et j’aimerais retrouver cette ironie, cet humour et ce côté « grand-mère-mais-pas-trop » dans les romans. Pour l’instant, j’ai plutôt l’impression que Miss Marple est telle qu’elle avait été interprétée par Joan Hickson (pour ceux qui connaissent un peu la série) et je ne suis pas fan.  Mais Matilda m’a affirmé que les choses évoluaient, donc j’ai hâte de voir ça.

It happens at the start of every November: the Scorpio Races. Riders attempt to keep hold of their water horses long enough to make it to the finish line. Some riders live. Others die.

At age nineteen, Sean Kendrick is the returning champion. He is a young man of few words, and if he has any fears, he keeps them buried deep, where no one else can see them.

Puck Connolly is different. She never meant to ride in the Scorpio Races. But fate hasn’t given her much of a chance. So she enters the competition — the first girl ever to do so. She is in no way prepared for what is going to happen.

Chronique

Ma première rencontre avec Maggie Stiefvater s’est soldée par un succès. The Scorpio Races est un roman qui patientait depuis longtemps sur mon étagère anglaise. Puis un jour, j’ai décidé de le lire, et je l’ai dévoré en un ou deux jours. L’histoire est prenante, passionnante, l’atmosphère envoûtante, comme si nous y étions. C’est un roman dit YA, que j’ai trouvé particulièrement « mature ». Le rythme est lent et l’auteur laisse de côté quelques détails qui nous invitent à nous impliquer d’autant plus. Si le livre avait été plus long, cela ne m’aurait aucunement dérangée, bien au contraire. J’ai eu l’impression que la vie des habitants de Thisby se déroulait sous mes yeux, que j’allais à mon tour m’engager dans cette course. C’est surprenant, intrigant et ça se dévore.

À Algarante, capitale de la République de Béremhilt, des enfants traumatisés développent d’étranges pouvoirs. On les surnomme les «Zelphires» et leur histoire, dans un XIXe siècle secoué par les révolutions politiques et technologiques, a quelque chose de Charles Dickens, de Tim Burton et d’unique.
Cette bande dessinée de 3 tomes — pour le moment — est magnifique. L’histoire est divertissante et dynamique, les personnages attachants, chaque tome a une fin, si l’on peut dire. Les dessins sont sublimes, j’aime beaucoup le trait de Karim Friha. J’ai apprécié l’originalité de l’intrigue, mais aussi la qualité du scénario, de manière générale. Ça se lit bien trop vite, évidemment … Je présente plus précisément cette série dans ma vidéo bilan du BookTube-A-Thon, si vous souhaitez voir quelques illustrations et connaître mon avis. Je crois qu’une adaptation télévisée était prévue, du moins c’est ce que nous avait dit l’auteur lorsque nous l’avions rencontré. Je ne sais pas si un quatrième tome est prévu, mais je l’espère ! C’est une saga de grande qualité, qui peut plaire à la fois aux petits et aux grands. Les tomes sont un peu chers, mais ce sont de magnifiques « objets » et dieu sait que j’aime avoir une jolie bibliothèque.
Si Elena Patate n’avait pas voulu connaître à tout prix le garçon au teint pâle de la porte d’à côté, rien de tout ça ne serait arrivé ! Pas de monstres dans le grenier, pas de fantômes dans la carte, pas d’aventures, pas de fous rires… Et maintenant, elle ne serait pas l’amie inséparable de Zick, l’enfant allergique à tout, qui voit ce que les autres n’osent pas regarder. Attention ! Si vous avez mis des années à ne plus dormir avec vos parents, ne lisez pas cet album !
Je connaissais cette bande dessinée de nom, mais je n’en savais pas plus avant de prendre le premier tome à la bibliothèque. J’ai été attirée par les dessins et les couleurs vibrantes. Et par le résumé. Un garçon allergique à tout qui voit des monstres ? Ça m’a parlé — vous avez dit bizarre ? L’histoire n’est pas inoubliable, mais j’ai vu qu’il y avait de nombreux tomes, et même que la série avait été adaptée en dessin animé ! Et l’héroïne s’appelle Elena Patate. Ça promet de belles choses. Je crois que dans chaque tome, il y a une sorte de « mini-enquête » : ici, les chiens de la ville disparaissent … Où sont-ils passés ? Qui pourrait kidnapper ces pauvres petites bêtes sans défense ? Zick et Elena se mettent en quête de ce criminel, à l’aide des monstres et fantômes qui peuplent les rues.


Mes lectures en cours sont les suivantes : Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien et The Sea of Monsters de Rick Riordan. Concernant le premier roman, je l’ai entamé avec un grand plaisir et de très hautes attentes, sachant qu’il s’agit d’un grand classique de la littérature anglaise, très apprécié de manière générale … Et j’ai été profondément déçue. Les personnages sont agaçants, l’histoire n’avance pas et je suis imperméable au style de l’auteure. Cependant, je tiens à le finir, ne serait-ce que pour me faire une idée plus précise du roman et pour voir si la fin confirme ou non l’opinion que j’en ai pour le moment. Pour Bilbo, j’ai choisi de le lire parce que j’ai terriblement envie de voir l’adaptation. Je m’étais jurée de le lire avant d’aller voir les films, j’avais essayé une fois, mais je n’avais pas accroché. Je retente l’expérience. J’avance, j’avance, mais pour l’instant, je stagne, je reste bloquée. C’est pourquoi j’ai commencé le deuxième tome des aventures de Percy Jackson, une lecture légère, divertissante, dynamique et je me suis prise au jeu de la mythologie grecque. J’aimerais en apprendre plus sur le sujet, et cette saga est une bonne entrée en matière.


Mon bilan de lecture de juillet 2013 s’arrête ici. J’espère que le mois d’août sera aussi riche en découvertes et en moments agréables, même si je pense que les vacances, paradoxalement, vont me pousser à ralentir le rythme. N’hésitez pas à me donner votre avis sur les livres que j’ai lus, ou même à m’en conseiller, c’est toujours un plaisir de partager !

[BD] Portugal de Cyril Pedrosa

Pedrosa1La vie est grise. Simon Muchat, auteur de bandes dessinées, est en panne d’inspiration et son existence est en perte de sens. Invité à passer quelques jours au Portugal, il retrouve par hasard ce qu’il n’était pas venu chercher : les odeurs de l’enfance, le chant des rires de vacances, la chaleur lumineuse d’une famille oubliée — peut-être abandonnée. Quel est le mystère des Muchat ? Pourquoi Simon se sent-il de nulle part ? Et pourquoi, sans rien comprendre de cette langue étrangère, vibre-t-il à ses accents ? Des réponses et d’autres questions l’attendent au cours de ce voyage régénérateur. Ancré dans son passé gommé, Simon pourra enfin retracer sa propre trajectoire. Et la vie retrouver ses arcs-en-ciel. Aux frontières de l’autofiction, avec humour et vivacité, Cyril Pedrosa signe — en couleurs directes et émotions immédiates — un récit essentiel sur la quête d’identité.

Loin d’être une dévoreuse de BD, le genre m’intrigue et m’intéresse. Je connaissais Cyril Pedrosa pour sa fameuse Auto-Bio, les planches étant parues d’abord dans Fluide Glacial puis ayant été publiées en deux albums. J’appréciais ses dessins, son humour et les sujets qu’il abordait ; il y avait une certaine tendresse dans les propos qui me touchait. Il y a quelque temps maintenant, la sortie de Portugal a fait grand bruit, mais je n’avais pas eu l’occasion de mettre la main sur l’album. De plus, le prix des BDs me freine toujours un peu, tout comme celui des mangas d’ailleurs. L’autre jour, sans trop savoir pourquoi ni comment, j’y ai repensé et je me suis précipitée dans ma bibliothèque de quartier, sans beaucoup d’espoir. Et pourtant. Je suis rentrée chez moi heureuse d’avoir pu le dénicher. J’ai attendu quelques jours et je me suis enfin plongée dans la BD. Il était à peu près 1 heure du matin et j’ai commencé à lire les premières pages … Jusqu’à 1h40. Et là encore, je ne voulais pas m’arrêter, mais il fallait tout de même que je dorme un peu. Le lendemain, je me suis tranquillement installée sur le canapé, sans un bruit autour de moi, et j’ai continué, jusqu’au bout. J’aurais aimé le lire en une seule fois — et d’ailleurs, je vous conseille de procéder comme ça —, mais ça ne m’a pas empêchée d’être complètement « dedans ».

Nous suivons Simon Muchat, un auteur de bande dessinées un peu paumé, qui ne sait pas ce dont il a envie, qui ne sait plus ce qu’il aime et qui ne trouve plus sa place dans ce monde. Un peu par hasard, on lui propose de participer à un festival qui a lieu au Portugal ; il accepte, sans grande conviction. Quelques jours là-bas et les questions se bousculent dans sa tête : sur sa famille, ses origines, ce pays. Il rentre chez lui, mais le souvenir de ce voyage reste gravé dans sa tête. Une quête personnelle commence. Le sujet même de l’album m’a beaucoup parlé, malgré mon relativement jeune âge. Il arrive un moment où l’on se demande d’où l’on vient réellement, qui nous sommes, où est notre place.

« J’ai habité dans plus de sept villes différentes. Aucune ne m’a jamais manqué. En fait … C’est un peu comme si je me sentais chez moi partout. Ou nulle part ?? »

La famille Muchat est loin d’être unie, les relations avec son père sont tendues et cela fait 20 ans qu’il n’a pas revu ses cousins / cousines, oncles / tantes. Son histoire d’amour avec Claire bat de l’aile et il ne fait rien pour que les choses s’arrangent. Tout semble au-dessus de ses forces. Simon Muchat est un homme las, qui n’arrive pas à profiter de la vie, des petits moments de bonheur qu’elle lui offre. Sa carrière est au point mort et il ne se raccroche à rien. Jusqu’à ce voyage salvateur. La découverte du Portugal lors du festival est brève, mais intense. L’auteur a délibérément choisi de ne pas traduire les passages en portugais, pour que le lecteur soit aussi entièrement plongé dans la culture du pays, dans ses sonorités et sa joie de vivre. Les couleurs changent, plus chaudes, plus attirantes, comme un renouveau. Les dessins aussi s’adaptent aux diverses situations, ce qui rend cette BD extrêmement riche d’un point de vue graphique.

 

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La quête de soi est le thème central de Portugal. Simon va questionner sa famille, va mener quelques recherches de son côté, sans trop insister, mais avec grande curiosité. Nous le voyons mis en scène dans des événements de la vie quotidienne : un mariage, un repas, sur son lieu de travail, rien que de très banal. Mais c’est cette banalité qui est tout particulièrement frappante. Loin d’être ennuyeuse, elle s’avère enrichissante. De chaque situation, Simon va apprendre quelque chose. C’est cet ensemble de choses qui va lui redonner goût au dessin, petit à petit, pas à pas. Des rencontres étonnantes avec les habitants du village de son grand-père, la découverte d’une photo, de la maison familiale au Portugal, etc. En faisant ce travail sur lui-même, il retrouve une force, un souffle. J’ai été assez étonnée par la manière dont l’auteur avait choisi de traiter le sujet — l’histoire est en partie autobiographique —, surtout parce que les passages se déroulant au Portugal ne sont pas les plus nombreux. Il y a des moments tendres, des moments d’humour, mais j’ai été peut-être plus sensible à la mélancolie qui se dégageait de ces pages. La mélancolie, mais aussi l’espoir, quelque part. L’album ne répond pas à toutes les questions de Simon, mais montre plutôt son cheminement.

Il est très difficile, à mon sens, de décrire un album comme celui-ci. D’une part, parce que je ne suis pas une spécialiste de la bande dessinée, d’autre part, parce que je pense qu’il peut faire écho à des choses très différentes selon les personnes. Le côté mélancolique et perdu de Simon m’a beaucoup touchée et j’ai apprécié le fait que l’auteur ne tombe pas dans le mélo ou dans la pseudo-analyse psychologique. Tout est abordé avec simplicité et justesse, et je crois aussi, bien sûr, que le dessin y est pour beaucoup. C’est un véritable coup de cœur, qui me donne envie de lire l’autre BD de Cyril Pedrosa, Trois Ombres.

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