Kingsman, The Amazing Spiderman 2, Jupiter Ascending &co.

Jupiter Ascending (2015)

Jupiter Jones déteste sa vie : immigrée russe employée comme femme de ménage chez des gens outrageusement riches, son quotidien est fait d’habitudes. Jusqu’au jour où elle rencontre Caine, un ancien militaire chargé de la sécurité interplanétaire. En plus de découvrir que la Terre n’est pas la seule planète habitée, elle va apprendre qu’elle-même est héritière d’une partie de l’univers… D’ordinaire, vous me donnez de l’action, de l’espace, une histoire d’amour (pas besoin d’avoir vu le film pour comprendre), un héros pas trop dégueulasse et de bons acteurs et je suis conquise. Jupiter Ascending est divertissant, mais sans plus : les dialogues sont assez ridicules, l’histoire tient difficilement la route, et l’histoire entre Caine et Jupiter est mal exploitée (on dirait qu’elle a faim… très faim). Dommage.

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Bilan | Février 2015

Je sais pas où est passé février, ce petit coquinou, mais je sais que je suis passée complètement à côté. J’étais ailleurs, j’ai pas du tout profité de mon temps libre, il faisait moche et j’ai mangé des crêpes. Cette sensation de voir défiler les jours sans pouvoir les différencier les uns des autres est assez désagréable : je suis assise sur un banc et je regarde la vie des autres défiler sans vivre la mienne. Ce mois-ci, justement, j’ai enchaîné films et épisodes de séries quasiment non-stop, mettant de côté mon mémoire et mes cours, préférant me concentrer sur le virtuel et le fictif plutôt que sur le réel. J’ai beau frôler l’overdose, impossible de m’arrêter. Comme dirait Ron, il faudrait que je revois sérieusement l’ordre de mes priorités. Mon objectif pour mars ? Me remettre dans le bain, faire en sorte qu’étudier ne soit pas un tel fardeau, ré-apprendre à écouter et à “supporter” les autres (plus on s’enferme, plus il est difficile de sortir, non ?) et surtout… Respirer. Mais pour l’heure, voici le bilan de février !

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Bilan | Janvier 2015

Nous sommes déjà le 31 janvier, tout est normal. D’ordinaire, le premier mois de l’année a aussi la réputation d’être le plus pourri : il fait froid, les employés de mairie enlèvent les décorations de Noël, on s’enfile des galettes jusqu’à n’en plus pouvoir (record cette année : 5 « galettes »…), puis certains ont leurs partiels, d’autres reprennent les cours. Bref, pas très jouissif. Je dirais pas que j’ai passé 31 jours formidables, mais c’était moins affreux que les années précédentes (ce qui m’incite à penser que février sera bien dégueulasse). J’ai peu « lu », mais j’ai regardé pas mal de séries, j’ai écouté pas mal de musique et je me suis enfin intéressée aux articles qu’on peut lire sur internet, qu’il s’agisse d’articles de presse, de blogs, ou de sites dédiés à la culture en général. Janvier a aussi apporté son lot de doutes, d’où le besoin de me réfugier dans mes séries chéries. Des hauts, des bas… Comme diraient les anglophones : « cey la vie ».

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Bilan | Octobre 2014

Bilan

Après un mois de septembre un peu mouvementé, je pensais passer un mois d’octobre au calme… C’est raté. Le temps file à une vitesse incroyable, nous sommes déjà en novembre et les premiers examens de mi-semestre ont eu lieu ! Quand je regarde en arrière, je me rends compte que pas mal de changements ont eu lieu, tant dans ma vie personnelle que dans ma vie “numérique”. Bref, octobre n’aura pas été de tout repos, mais j’attends novembre avec impatience.

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Bilan filmique | Septembre 2014

Un mois s’est écoulé depuis le dernier bilan. Un mois déjà. À la fois beaucoup et peu de choses se sont passées. Puisque lire m’était difficile, je me suis réfugiée dans les films, et ça m’a fait du bien. J’aime les livres, mais parfois, ça fait du bien de se « reposer » devant un écran, de voir l’action se dérouler devant ses yeux sans faire travailler à fond la machine « imagination ». Je ne ferai pas de bilan de mes lectures, c’est pourquoi je vous propose ce bilan d’un autre genre pour conclure le mois. J’ai eu l’occasion de revoir 6 films que j’avais appréciés, et d’en découvrir 6 autres… Classés dans cet ordre pour plus de visibilité. Comme vous allez vite vous en rendre compte, il y a un thème sous-jacent, quelque chose qui a guidé mes choix…

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[Film] La Vie Rêvée de Walter Mitty de Ben Stiller

Ben Stiller est connu pour ses rôles de looser : Gaylord Focker dans Mon Beau-Père et Moi, puis dans Mon Beau-Père, Mes Parents et Moi ; Larry Dayley dans La Nuit au Musée, ou encore un David Starsky un peu ridicule dans Starsky et Hutch. Souvent cantonné à ce genre de personnages, il n’en demeure pas moins un excellent acteur, et nous le prouve dans La Vie Rêvée de Walter Mitty, film dont il est aussi le réalisateur. Je l’associe souvent à Owen Wilson non pas parce qu’ils ont joué ensemble, mais parce que tous deux font partie de ce groupe d’acteurs sous-estimés… Ils ont de grandes possibilités, ils pourraient faire de la comédie comme du drame, mais on ne leur en laisse pas assez l’occasion.

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[Film] You’ve Got Mail de Nora Ephron

The Shop Around The Corner est une petite institution dans le quartier ouest de New York. Kathleen Kelly est l’heureuse propriétaire de cetre charmante librairie pour enfants, qu’elle a héritée de sa mère et dans laquelle elle a passé une grande partie de son enfance. Elle mène une vie tranquille, ponctuée par la réception, tous les jours, d’un mail d’un certain « NY152 ». « NY152 », c’est Joe Fox, qui, avec son père et son grand-père, est à la tête d’un empire du livre, Fox Books. Un magasin de la grande chaîne va prochainement ouvrir ses portes, non loin de The Shop Around the Corner. « Shopgirl » et « NY152 » s’entendent à merveille ; Kathleen Kelly et Joe Fox vont se détester.Lire la suite »

[Top] Films d’animation Disney

Nouveau rendez-vous sur le blog. Et cette fois, je vais essayer de m’y tenir. Pour rendre les choses plus simples, ce ne sera pas quelque chose de régulier : le prochain pourrait tomber mercredi prochain ou jeudi dans 3 mois… Je fais partie de ces personnes qui aiment bien faire des listes, qu’il s’agisse de listes de courses, de devoirs à faire, ou des petits tops personnels. Je ne compte pas parler de boîtes de raviolis ou de papier toilette sur le blog et je ne suis pas sûre que « rendre dissertation Beckett » vous intéresse particulièrement. Du coup, je vais vous proposer mes petits classements filmesques, livresques, musicaux, etc, selon l’envie du moment. Si vous souhaitez reprendre un thème sur votre propre blog, encore une fois, n’hésitez pas et n’oubliez pas de me le dire en commentaire !

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[LMA] Magical Me

J+20 : J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article. Je pensais avoir le temps de lire un tome de la saga, puis finalement, non. Alors j’ai décidé de poster quelque chose d’un peu plus personnel. C’est assez brouillon, je m’en excuse par avance, et j’avais encore tellement de choses à dire… Mais j’ai jugé bon de m’arrêter là. Le titre de l’article est une référence à l’autobiographie de Gilderoy Lockhart. Car oui, je vais parler de moi dans ce billet… Prétentieux, n’est-ce pas ?

« Harry Potter, c’est toute mon enfance ». Combien de fois ai-je entendu cette phrase ? Combien ai-je moi-même prononcé cette phrase ? Et combien de fois me suis-je dit « attends un peu, es-tu sûre de ce que tu affirmes ? ». Aujourd’hui, je vous le dis : non, Harry Potter, ce n’est pas toute mon enfance. Le premier livre est sorti en Angleterre en 1997 et en France en 1998. À cette époque, j’avais 5/6 ans et si je savais lire, j’étais plus branchée Ratus qu’Harry. Puis dans les années 2000, je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé, mais y a eu comme un boom, un truc énorme.

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[LMA] Quand les Français s’emparent de la reine du crime

J+5 : Le mois anglais continue avec un deuxième article ! Cette fois-ci, je me propose de mettre en avant quelques productions françaises en lien avec Dame Agatha Christie. Si elle est fort appréciée en Angleterre, si les Britanniques nous ont déjà gâtés avec de merveilleuses adaptations, la France s’est plus ou moins emparée du phénomène… Pour notre plus grand bonheur !

Depuis quelques années, j’avais pour habitude, pendant les vacances, de me brancher sur TMC à 13h35 précisément pour suivre les aventures de mes deux détectives préférés, Hercule Poirot et Miss Marple. Malheureusement, la chaîne a changé sa programmation et si j’aime beaucoup New York, Police Judiciaire, j’aurais préféré continuer à revoir en boucle les épisodes des deux séries britanniques. Cependant, en parallèle, France 2 nous proposait quelque chose de fantastique : une adaptation française des romans de la célèbre romancière dans la série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie. Il ne m’aura fallu que le titre pour me convaincre que je devais absolument la regarder.

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Bilan | Janvier 2014

Qui dit fin du mois de janvier, dit premier bilan de l’année. Loin d’être mon mois favori — nouvelle année, nouveau semestre, stress des résultats d’examens qui n’arrivent pas —, j’ai tout de même eu la chance d’avoir quelques bonnes surprises, sinon sur le plan universitaire et personnel, du moins sur le plan culturel. Le format du bilan, vous allez vous en rendre compte, a légèrement changé. Non pas pour le plaisir de défaire les habitudes, mais simplement parce que je pense que ça me correspond mieux de la sorte. Cependant, ça risque d’être un peu long, donc n’hésitez pas à me donner votre avis !

Du côté des livres …

Ce n’est un secret pour personne, Northanger Abbey est certainement le roman de Jane Austen que je préfère. Drôle, satirique et intelligent, il nous permet de découvrir l’auteure sous un autre jour. Catherine Morland, malgré sa naïveté, est une héroïne profondément attachante et à laquelle je peux m’identifier. Plus jeune — et encore aujourd’hui —, je rêvais d’aventure, de chevaliers servants au passé sombre et peu conventionels, et je me faisais des films assez rapidement. Henry Tilney, quant à lui, est loin du mystérieux Mr. Darcy ou encore de l’impulsif mais tendre Capitaine Wentworth. Et c’est d’ailleurs ce qui me plaît dans ce personnage à mon humble avis sous-estimé : il est, à mon sens, le compagnon parfait. Il est doté d’un humour à toute épreuve, ne se retient pas de se moquer gentiment de notre chère Catherine, a le sens du devoir, tout en restant très humain. On peut lui reprocher son côté un peu « macho », mais comme Jane Austen le souligne, cette caractéristique ne s’appliquait pas qu’à lui. Ceci est particulièrement visible dans un passage où elle mentionne le fait que les hommes apprécient avoir affaire à des femmes moins cultivées qu’eux, qui ont tout à apprendre, pour se sentir en position de supériorité. Northanger Abbey est le tableau imparfait, mais révélateur, de toute une époque : l’auteure ne se prive pas de critiquer ouvertement les romans gothiques du la fin du XVIIIème siècle, de rabattre leur caquet à ceux qui dénigraient les romans en général, et nous offre une œuvre honnête, sincère et mordante.

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La jolie surprise du mois, c’est ce court roman — environ 300 pages si mes souvenirs sont bons — de Maggie O’Farrell, une auteure qui m’était jusqu’alors inconnue. J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque sur un coup de tête, mais aussi parce que la première et la quatrième de couverture m’intriguaient. The Vanishing Act of Esme Lennox est l’histoire de deux femmes que deux générations séparent, qui ne se connaissaient pas, qui étaient liées, et qui se rencontrent. Le présent et le passé se mélangent pour nous livrer un récit un peu confus au départ, mais qui nous transporte et nous donne les clés au fur et à mesure. Fait surprenant, il n’y a pas de chapitres ! C’est assez déroutant, mais s’explique par cette linéarité essentiellement dans une histoire comme celle-ci. Les coupures se font différemment, notamment lorsque l’on passe d’un point de vue à un autre, d’une époque à une autre, d’un événement à un autre. Maggie O’Farrell fait travailler le lecteur : notre rôle est de remettre les pièces du puzzle en ordre. Le style tantôt décousu tantôt poétique m’a beaucoup plu et a ajouté au charme et à la dureté du roman. À travers Iris et Esme, l’auteure nous pousse à nous interroger : comment un simple événement, un simple problème de compréhension, une simple erreur de jugement, peut changer le cours de votre vie. Le thème n’est pas nouveau, mais il est admirablement traité. J’ai été révoltée, j’ai eu envie de crier et de pleurer. Le seul défaut que je pourrais trouver à ce livre, c’est sa fin. Pas la fin en elle-même, mais le fait que ça traîne un peu en longueur. J’ai vu que beaucoup de personnes ont été déçues, mais ça n’a pas été mon cas. Je pense que cette fin était intelligente et parfaitement logique.

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Est-il besoin de préciser que Mr. Robert Galbraith est en réalité Mme. J.K. Rowling ? La nouvelle avait fait l’effet d’une bombe quelque temps après la sortie de ce nouveau roman. Loin d’Harry Potter, mais dans la lignée de The Casual Vacancy, The Cuckoo’s Calling est une intrigue policière contemporaine, premier opus d’une nouvelle série. Cormoran Strike est un détective privé dont le montant des dettes est inversement proportionnel au nombre de ses enquêtes en cours. Comprenez : il est sans le sou, et ce n’est pas le travail qui l’étouffe. Quand Robin, sa nouvelle secrétaire dépêchée par l’agence d’intérim’, arrive, il se demande 1. comment il va bien pouvoir la payer, 2. ce qu’il va bien pouvoir lui donner à faire. Puis, comme par magie, un nouveau client fait son entrée. Le frère de Lula Landry vient demander à Cormoran d’enquête sur la mort de sa sœur, qui se serait soit-disant suicidée, d’après les conclusions de la police. Il n’y croit pas et veut tout mettre en œuvre pour que la vérité éclate. Nous suivons donc les tribulations de notre sacré duo. L’auteure nous emmène d’interrogatoire en interrogatoire, en profite au passage pour nous glisser quelques éléments intéressants sur la vie privée de nos deux protagonistes, et pour faire la lumière sur leur caractère. Le détective est un ancien soldat qui a perdu sa jambe en Afghanistan, qui a perdu sa compagne au tout début du roman, et qui se laisse un peu aller. Robin est une jeune femme motivée, fraîche, mais intelligente, qui a de la jugeote. J’avoue que j’aurais aimé en apprendre un peu plus sur elle. Ce que j’apprécie, c’est que nous suivions véritablement l’enquête : ici, nous n’avons pas un héros qui court on ne sait pas trop pourquoi, qui saute d’un train pour sauver sa peau ou qui se fait poursuivre par la CIA. Non, c’est très terre-à-terre, et ça me plaît. L’enquête en elle-même tourne un peu en rond au bout d’un moment, on va en avant, en arrière, si bien qu’on ne sait plus toujours où nous sommes. Cependant, j’ai été agréablement surprise de découvrir le « nouveau » style de l’auteure, beaucoup plus mature et plus évolué. J’ai même relevé quelques citations croustillantes au cours de ma lecture.

Si The Vanishing Act of Esme Lennox était une belle surprise, Esprit d’hiver a été une petite déception. Une mère et sa fille se retrouvent coincées chez elle le jour de Noël : la tempête fait rage, les invités ne peuvent venir et le mari / père est lui aussi bloqué par la neige. Dans ce huis clos angoissant, Laura Kasischke cherche à décortiquer les relations entre cette mère — Holly — et sa fille — Tatiana. Tout au long du roman, nous sommes dans la tête de Holly, nous suivons la moindre de ses pensées, le moindre de ses gestes. Nous prenons connaissance de son passé, du passé de sa fille, de ses réflexions personnelles sur la maternité. Cet aspect-là m’a beaucoup intéressée, même s’il est évident que l’auteure a mis l’accent sur les sentiments les plus extrêmes. Rage, violence, puis calme après la tempête, puis de nouveau cette colère sourde qui envahit le personnage. Nous sommes pris dans un tourbillon d’émotions contradictoires … Qui m’a lassée. Pour renforcer notre malaise, Laura Kasischke utilise un procédé qui ne remporte bien souvent pas mon suffrage : la répétition. Sans cesse, elle nous rappelle les mêmes détails, les mêmes pensées. Je comprends parfaitement l’utilité de cet outil, et je pense que cela donne un côté très réaliste au roman — après tout, ce qui se passe dans notre esprit n’est qu’éternelle répétition, surtout lorsque nous nous focalisons sur un problème particulier —, mais là, ça m’a dérangée. J’ai apprécié l’histoire, l’intention, et je ne peux pas dire que je n’ai pas « aimé ». Le thème en lui-même m’intéresse, et j’ai très envie de découvrir d’autres romans de cette auteure, en espérant avoir un avis plus tranché.

Le Passeur est un roman dont j’ai beaucoup entendu parler étant plus jeune, sans jamais y prêter réellement attention. En lisant un article sur les nouvelles adaptations cinématographiques qui allaient sortir cette année, j’ai vu que ce roman était dans la liste. Je ne sais pas si j’irai voir le film, mais j’ai eu envie de me plonger dans le livre. J’ai été surprise de découvrir qu’il s’agissait du premier tome d’une tétralogie. Nous suivons Jonas, un garçon de 12 ans qui habite dans un monde … Un peu particulier. Il vit au sein d’une communauté où les Anciens choisissent votre compagnon, la maison dans laquelle vous allez habiter, le nombre d’enfants que vous allez avoir et votre futur métier. Justement, la Cérémonie des 12 ans, la dernière, est celle qui doit vous apprendre la nature de votre travail, pour que vous pouviez ensuite vous former. Mais Jonas se voit attribuer une tâche bien particulière, qui va changer sa vie … Il m’est difficile de vous donner un résumé plus précis sans trahir l’histoire ou vous en révéler trop. Tout ce que je peux vous dire, c’est que j’ai été conquise. Je suis peu familière avec les dystopies, mais j’apprends à les apprécier — en sélectionnant celles qui sont susceptibles de me plaire. J’aime aussi les livres « pour enfants », quoique celui-ci soit suffisamment profond pour qu’il me parle. Je suis contente d’avoir attendu aussi longtemps pour le lire : mes sens sont plus aiguisés et ce que j’ai lu m’a vraiment touchée et marquée. J’ai vraiment hâte de mettre la main sur les autres tomes, de retrouver la jolie plume de Loïs Lowry, son talent, sa poésie, la façon dont elle dit les choses de manière détournée pour frapper encore plus fort.

Du côté des films …

Pas mal de nouveautés et quelques revisionnages ce mois-ci. Je tiens à jour la liste de mes films vus sur mon blog, donc si cela vous intéresse, vous pouvez y jeter un œil, sachant que je ne compte pas chroniquer chaque film — cela serait beaucoup trop long et pas nécessairement passionnant.

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L’enfant en moi s’est déchaînée ce mois-ci. Je n’ai pu m’empêcher d’aller voir avec Émilie La Reine des Neiges au cinéma : il faisait 13°C le jour où nous y sommes allées, j’avais besoin de me détendre, et les avis étaient plutôt positifs. Verdict ? Je n’ai pas été déçue. C’était un bon Disney, avec des chansons entraînantes, une intrigue bien ficelée, des personnages attachants — et d’autres franchement détestables —, et des « paysages » somptueux. Nombreuses sont les personnes qui regrettent le temps des véritables dessins et qui déplorent le fait que Disney soit passé au tout « images de synthèse ». Cependant, je trouve que les derniers dessins animés étaient parmi les plus beaux, visuellement parlant, La Reine des Neiges confirmant cette opinion. Le seul défaut ? C’était beaucoup trop court ! Puisque je me sentais d’humeur à retomber en enfance, j’ai aussi visionné pour la première fois Dragons, des studios d’animation Dreamworks. Je voyais pas mal de gifs sur Tumblr, je ne savais pas de quoi ça parlait, mais on m’avait dit que c’était drôle et plutôt bien fichu … Et je ne peux qu’être d’accord. Je suis tombée amoureuse de Toothless (le dragon) et j’ai été touchée par l’histoire de Hiccup. C’est un bon film d’aventure comme je les aime, avec une bonne dose d’humour et de mignonnitude.

Toujours dans la lignée « films cucus de petite fille », je me suis décidée à regarder The Princess Bride … Et ai été un peu déçue. Cependant, depuis, je n’arrête pas d’y penser et j’ai vraiment envie de le revoir. Il faut vraiment le prendre au second degré, et je dois dire que j’ai hâte de lire le roman duquel le film est tiré. Le méchant est absolument ridicule et Buttercup est niaise à souhait. Le dernier film qui figure dans ce carré, c’est Death at a Funeral (Joyeuses Funérailles en français), la version anglaise. Je suis d’ailleurs profondément énervée de savoir qu’il y a une adaptation américaine … Avec Peter Dinklage. Ils prennent le même acteur dans les deux adaptations, je trouve ça totalement stupide. Bref, mis à part ça, je remercie Alicia de m’avoir permis de profiter de cette formidable comédie au casting parfait. Matthew MacFadyen et Kris Marshall ? Pas de souci, je regarde. Puis les scènes toutes plus loufoques les unes que les autres … Honnêtement, si vous aimez l’humour anglais, si vous voulez voir Rupert Graves (Greg Lestrade) avec les cheveux mi-longs et si vous avez envie de jeter un autre regard sur les enterrements, ce film est pour vous.

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Dans un registre un peu différent, j’ai aussi eu l’occasion de regarder le film Hitchcock, que je n’ai pas pu voir à sa sortie. Le casting fait clairement rêver : Helen Mirren, Anthony Hopkins, Scarlett Johansson, James d’Arcy et Jessica Biel. Le film n’est pas extraordinaire, mais c’est intéressant d’avoir un aperçu de ce à quoi pouvait ressembler la vie privée du maître du suspense. Helen Mirren est impressionnante, parfaite dans le rôle d’Alma Reville, femme du cinéaste. Je ne savais pas qu’elle avait participé au scénario de plusieurs de ses films, et qu’elle était sa patronne avant de l’épouser. J’ai été heureuse d’en apprendre plus à ce sujet, mais j’ai tout de même trouvé que l’on restait trop en surface. J’aurais apprécié une étude un peu plus en profondeur. Autre film acheté et visionné ce mois-ci, Des Hommes sans Loi. J’admire Jessica Chastain pour sa beauté, mais je souhaitais la découvrir en tant qu’actrice, c’est donc chose faite. Le film est sombre, très particulier, pas du tout ce à quoi je m’attendais. Il y a quelque chose de dérangeant dans la façon dont l’histoire se déroule. Je ne saurais vous dire si j’ai aimé ou non, mais je pense qu’un revisionnage s’impose. Les acteurs, cependant, sont excellents : Shia LaBeouf est extraordinaire, ne parlons même pas de Tom Hardy.

J’ai emprunté Cowboys et Envahisseurs à la médiathèque parce que je voulais regarder quelque chose de léger, un bon film d’aventure qui ne prend pas la tête. Et j’ai été vraiment surprise. Je n’ai pas particulièrement aimé — je trouvais que c’était vraiment tiré par les cheveux, et vraiment dérangeant par moments —, et je trouve ça dommage. Je m’attendais à rire et à me détendre, et je n’ai pas été satisfaite à ce niveau-là. Quant au deuxième film que j’ai emprunté, je me suis rendue compte que je l’avais déjà vu, mais en diagonale : il s’agit de Ballroom Dancing, le premier film dans la trilogie de Baz Luhrmann comprenant Romeo + Juliet et Moulin Rouge. Je ne suis vraiment pas fan de ce réalisateur et de ses films, mais j’aime la danse de salon. Si l’univers en lui-même ne m’a pas enthousiasmée, les numéros de danse étaient absolument sublimes, on ne peut pas lui enlever ça. J’aime aussi les deux personnages et la relation qu’ils entretiennent — leur histoire est très épurée, très naturelle au milieu de toute cette ambiance cabaresque.

Du côté du reste …

Comme j’ai déjà beaucoup parlé, je vais brièvement mentionner quelques autres choses qui m’ont plues ce mois-ci et que je tenais à vous faire partager. Je ne vais pas m’étendre sur chaque élément, je pense que ça peut être pas mal. Encore une fois, désolée pour la longueur. Je vous laisse sur ces quelques derniers mots !

DCI Banks : la série a été diffusée sur Arte sur 4 semaines — l’épisode pilote est passé en dernier, faut pas chercher à comprendre. Nous suivons les enquêtes d’Alan Banks, enquêteur à la police du Yorkshire. On ne sait pas grand-chose de son passé, mais on sait qu’il aime le whisky et le jazz. Il est assisté d’Annie Cabott, une jeune recrue qui a tout de même de l’expérience et qui n’hésite pas à lui dire ce qu’elle pense. La série est assez sombre, nous n’avons pas tellement l’occasion de rire, mais les épisodes sont plutôt bien construits. Ce n’est pas parfait, ce n’est pas inoubliable, mais j’ai apprécié retrouver l’inspecteur toutes les semaines.

[Film] Un mariage de rêve de Stephan Elliott

19084621Vu au cinéma à sa sortie, je n’ai pu m’empêcher de la revisionner lorsqu’il est passé sur Arte la semaine dernière — et sur mon ordinateur avant-hier. Un mariage de rêve est une petite perle cinématographique qui met du baume au cœur et des étoiles plein les yeux, le tout enrobé d’un humour british qui ne manque jamais de faire sourire voire rire aux éclats.

Nous sommes dans les années 1930. Larita, une jeune Américaine, pilote de course et aventurière, rencontre par hasard John Whittaker, bel éphèbe d’une petite vingtaine d’années issu de l’aristocratie anglaise. Bien sûr, ils tombent amoureux, et se marie quasiment immédiatement. Puisqu’ils sont désormais mari et femme, une rencontre avec la belle famille s’impose … Et elle promet d’être explosive ! Si Mr Whittaker accueille à bras ouvert sa belle-fille, c’est loin d’être le cas de Mrs Whittaker, une Anglaise coincée sans cesse au bord de la crise de nerfs et qui ne supporte pas que les choses ne se passent pas comme prévu.

La sujet paraît a priori léger : après tout, il s’agit d’une petite comédie romantique, non ? Eh bien ne vous y laissez pas prendre. Le réalisateur, Stephan Elliott, a réussi à allier la légèreté et le sérieux. N’oublions pas que l’histoire se déroule dans les années 1930. Le spectre de la Première Guerre mondiale plane encore sur l’Angleterre et l’aristocratie s’effondre peu à peu. De plus, les relations anglo-américaines ne sont pas nécessairement cordiales — si politiquement, on peut constater un rapprochement entre les nations, il n’en demeure pas moins que les Anglais considèrent les Américains comme des parvenus et des sauvages. Mrs Whittaker représente cette Angleterre traditionnelle ; le progrès l’effraie — comme l’arrivée de machines pour labourer les champs — et la famille tient une place importante dans sa vie. Au contraire, Larita est une jeune femme pleine de vie, indépendante et fière de sa réussite, qui essaie d’aller de l’avant et de ne jamais regarder en arrière. Pris entre ces deux femmes fortes, John est un peu perdu. Lui qui a toujours vécu une vie paisible à la campagne, qui incarne l’innocence même, ne parvient pas à comprendre pourquoi sa femme et sa mère ne s’entendent pas. Au fur et à mesure, nous découvrons plus ou moins les raisons pour lesquelles Mrs Whittaker agit de la sorte envers Larita, mais je n’en dirais pas plus.

Pour incarner deux personnages aussi “imposants”, le réalisateur a fait le choix de Jessica Biel et de Kristin Scott Thomas. Depuis que j’ai vu L’Illusioniste, je dois avouer que j’ai un petit faible pour Jessica Biel, qui en plus d’être une excellente actrice, a une classe folle. Même dans Valentine’s Day — et ce n’est pas le meilleur film qui existe … —, son rôle était celui qui me plaisait le plus : la trentenaire déprimée qui se goinfre de chocolats et qui organise une fête pour protester contre la Saint-Valentin. Dans Un mariage de rêve, elle incarne à la perfection l’élégance des années 1930, le tout avec humour, mais aussi profondeur. Quant à Kristin Scott Thomas, qu’on ne présente plus, elle est fantastique en Anglaise coincée et froide, qui vous balance des horreurs à la figure, mais toujours avec le sourire.

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Ben Barnes, acteur que vous avez pu voir dans Dorian Gray — que je n’ai toujours pas vu —, a été choisi pour le rôle de John Whittaker. Sa gueule d’ange et son jeune âge ajoutent de la crédibilité au personnage et créent un contraste saisissant entre John et Larita. Colin Firth incarne le mari de Mrs Whittaker, le père de John. Cynique, ironique, sarcastique et surtout constamment ennuyé, j’ai trouvé Colin Firth absolument épatant. Je suis toujours heureuse de le découvrir dans de nouveaux rôles, de voir son jeu évoluer avec le temps — comme le bon vin, il se bonifie avec l’âge ! À ce casting “de rêve”, je ne peux oublier d’ajouter Kris Marshall. Vous savez, ce petit rouquin qui joue dans Love Actually, qui part aux États-Unis avec un sac rempli de préservatifs et qui revient avec un top model à son bras ? Eh bien là, il s’agit du majordome, Furber, tout aussi content d’être là que Mr Whittaker. Il a des répliques très croustillantes et c’est certainement mon personnage préféré du film. John a aussi deux sœurs, Hilda et Marion, qui sont … comment dire … un peu particulières, mais je ne préfère pas gâcher le plaisir du premier visionnage, donc je m’arrêterais là.

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Ce que j’aime dans ce film, mis à part le casting et l’histoire, ce sont évidemment les décors et les costumes. Je suis une fan de films d’époque et je peux vous dire qu’ici, nous sommes servis. Il n’y a pas, à mon avis, d’exagération au niveau du mobilier et de l’aménagement du manoir comme on peut parfois le voir dans certaines productions cinématographiques. Les vêtements de Larita sont sublimes et très extravagants comparés à ceux que portent les Whittaker. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, je ne suis pas une professionnelle en la matière, mais ne serait-ce que pour ça, je vous invite fortement à jeter un œil à cette petite merveille.

Autre point on ne peut plus important : la musique. Ben Barnes chante deux chansons, Jessica Biel en chante deux aussi, le film a son propre orchestre, ses propres versions de chansons plus anciennes comme Let’s Misbehave ou You’re The Top de Cole Porter. Je ne me lasse pas d’écouter la bande originale, elle a d’ailleurs bien vite fini sur mon iPod … Avec le temps, je fais de plus en plus attention à la musique. Le choix des morceaux est à mon sens très révélateur. Je me fais souvent cette réflexion lorsque je regarde des vidéos sur Youtube — des Document Your Life par exemple : si la musique avait été différente, l’atmosphère l’aurait aussi été. Peut-être que ce moment-là aurait été plus triste avec une autre musique, mais peut-être que celui aurait été plus drôle aussi. Comme le disait Gad Elmaleh, on peut pleurer devant un gamin qui se brosse les dents, si le morceau est bien choisi. Tout ceci pour dire que dans Un mariage de rêve, ça a une grande importance. Même dans les dialogues, il y a des références musicales !

Si avec ça, je ne vous ai toujours pas convaincu de regarder ce film, eh bien il ne vous reste plus qu’à visionner le trailer. Il sera certainement plus parlant et vous donnera le ton mieux que moi. Comme vous l’aurez compris, j’en suis totalement fan. À chaque nouveau visionnage, j’apprends quelque chose. Si, lorsque je l’ai vu au cinéma, je ne m’étais concentrée que sur l’histoire d’amour, lorsque je l’ai revu à la télévision, j’ai pu découvrir une facette plus “sérieuse”, une dimension plus profonde qui m’avait échappée auparavant. Bien sûr, il ne sera jamais classé parmi les meilleurs films de tous les temps, mais je dois dire que je m’en fiche, à partir du moment où il me transporte et me fait oublier le quotidien tout en plaquant un sourire sur mes lèvres.

[Film] Ma part du gâteau de Cédric Klapisch

Je ne voulais pas voir ce film. Dimanche soir, je voulais regarder quelque chose de drôle, de léger, de frais. Manque de bol, TF1 nous proposait Fast & Furious 5 et à part sur France 4 où il y avait Kingdom of Heaven, le choix était limité. Au départ, je pensais que Ma part du gâteau était une histoire d’amour un peu moderne entre un trader et une femme de ménage. Puis, avant le JT, j’ai vu le trailer et j’ai réalisé qu’on en était loin. J’ai aussi pu noter que c’était une œuvre de Klapisch, ce qui m’était complètement sorti de la tête. J’ai vu L’Auberge espagnole, j’ai vu Paris et j’ai aimé. Un peu à reculons tout de même, je me suis installée sur mon canapé et j’ai commencé à regarder Ma part du gâteau. Et quelle claque …

France travaille dans une usine à Dunkerque. Ou plutôt, travaillait : l’usine va fermer et elle se retrouve au chômage, avec trois filles à nourrir. Pour s’en sortir, elle est contrainte de monter sur Paris et de se faire embaucher comme femme de ménage chez Stéphane, trader qui passe sa vie entre Paris et Londres. L’homme est, évidemment, odieux. À travers lui, nous découvrons le monde (impitoyable) de la finance, ses faux-semblants, sa superficialité. Malheureusement pour lui, son ex-femme part en vacances pendant un mois et il se retrouve avec son fils sur les bras, incapable de s’en occuper. France va en être chargée, devant jongler à son tour entre sa vie à Dunkerque et sa vie à Paris. Elle va finir par apprendre que Stéphane est responsable de la fermeture de son usine …

France va se laisser séduire par Stéphane. Stéphane va sembler s’adoucir au contact de France, prendre conscience de la vanité de sa vie, du néant qui l’entoure. Cédric Klapisch passe d’un monde à l’autre jusqu’à ce que ceux-ci entre en collision, à la fin du film. Le choc est rude et l’on ne peut s’empêcher de ressentir un peu de pitié pour ce trader qui vivait dans sa tour dorée et qui est désormais confronté à une réalité qu’il ne comprend pas et qu’il méprisait jusqu’alors. Évidemment, tout ceci peut sembler quelque peu manichéen : nous prenons le gros méchant trader face aux petits ouvriers d’usine sans défense. Il y a toutefois une certaine finesse dans l’élaboration des personnages et dans la manière de filmer. La force de Stéphane, c’est son argent ; la force de France, c’est le collectif. Les rôles s’inversent tout au long du film : tantôt l’un est dominant, tantôt l’autre est dominé. La tension est presque imperceptible tout d’abord, puis elle devient étouffante à la fin du film. Nous retenons notre souffle, nous nous demandons si France n’a pas fait une bêtise, nous nous demandons s’il va finalement payer.

Deux scènes m’ont particulièrement marquées dans Ma part du gâteau. Tout d’abord lorsque France, se croyant seule dans ce grand appartement froid et sans âme, allume la radio pendant qu’elle repasse et commence à entonner Les Rois du Monde, alors que Stéphane se trouve dans la pièce annexe, au téléphone. Le fait qu’il soit au téléphone est à mon sens très important, car il n’entend pas et surtout ne veut pas écouter les paroles de la chanson, pourtant révélatrices. Ensuite, ce moment du film où une grande fête a lieu dans le même appartement. France est reconvertie en serveuse et doit passer la soirée à écouter les idioties et les remarques méprisantes des collègues traders de son employé. Ce dernier semble montrer quelques signes de gêne. À la fin de la soirée, la tête appuyé contre la vitre, il réalise à quel point son monde est vide, à quel point il est seul. Peut-être un des seuls moments où il est sincère et montre sa nature profonde. Stéphane a pris les vilaines habitudes du monde dans lequel il vit, se forgeant une personnalité détestable, portant sans cesse un masque qu’il ne parvient plus à enlever.

Gilles Lellouche et Karin Viard sont absolument extraordinaires de justesse et de sincérité dans ce film. Je connais l’acteur pour l’avoir vu à la télévision et dans Les Petits Mouchoirs, mais c’est avec ce film que j’ai pris conscience de son grand talent d’acteur ; il est crédible, terriblement crédible. Quant à Karin Viard, elle n’a même pas besoin de se forcer pour être émouvante. Nous découvrons aussi la jeune Marine Vacth, actuellement à l’affiche dans Jeune & Jolie de François Ozon, qui fait une apparition assez remarquée et qui sera elle aussi victime des caprices de Stéphane, mais d’une toute autre façon. Lunis Sakji joue le fils de Stéphane, Alban : ce gamin est vraiment touchant ; son innocence contraste avec l’orgueil de son père et, évidemment, ce n’est pas un hasard.

Cédric Klapisch nous propose un film « humain » et touchant, mais aussi révoltant. Si je devais choisir un mot pour décrire Ma part du gâteau, je dirais qu’ « équilibre » est le plus juste : le mal et le bien dans la balance, l’innocence et la perversité aussi. Ce film n’est pas parfait, mais il a le mérite de faire réfléchir. Avec ce genre d’œuvre cinématographique, vous ne pouvez vous empêcher de vous remettre en question. Comme vous le savez certainement, je souhaite entrer soit à Sciences Po soit au CELSA et je me dis : est-ce que moi aussi, un jour, je deviendrais comme lui ? Est-ce que j’ai envie d’évoluer dans un monde aussi faux et artificiel que celui-ci ? À méditer …

[Livre] Persuasion de Jane Austen

Twenty-seven-year old Anne Elliot is Austen’s most adult heroine. Eight years before the story proper begins, she is happily betrothed to a naval officer, Frederick Wentworth, but she precipitously breaks off the engagement when persuaded by her friend Lady Russell that such a match is unworthy. The breakup produces in Anne a deep and long-lasting regret. When later Wentworth returns from sea a rich and successful captain, he finds Anne’s family on the brink of financial ruin and his own sister a tenant in Kellynch Hall, the Elliot estate. All the tension of the novel revolves around one question: Will Anne and Wentworth be reunited in their love?

Persuasion a été publié en 1817, quelques mois après la mort de Jane Austen. Ce roman est considéré comme le plus mature et le plus abouti de ses romans, même si son décès précoce l’a certainement empêchée d’y apporter les corrections souhaitées. Je m’étais lancée dans ce livre il y a un an, avec d’énormes attentes … Je n’avais pas réussi à le finir. Il me reste une trentaine, une quarantaine de pages, mais, même si proche de la fin, je ne suis pas parvenue à aller jusqu’au bout. Après avoir récemment vu l’adaptation de 2007 avec Rupert Penry-Jones et Sally Hawkins, j’ai décidé de lui redonner une chance.

Anne Elliot est une jeune femme douce, intelligente et particulièrement patiente. Âgée de 27 ans, ayant peu à peu perdue la beauté de sa jeunesse, Anne vit à Kellynch Hall, entourée de son père et de sa sœur qui la méprisent plus ou moins ouvertement. Sa seule amie, Lady Russell, est aussi sa confidente ; elle est un guide, une sorte de seconde mère. Les finances de la famille ne leur permettent plus de vivre sur leur domaine et ils se voient donc dans l’obligation de quitter la région pour Bath. Anne va rester quelque temps chez sa plus jeune sœur, Mary Musgrove, épouse de Charles Musgrove … Et la rencontre va avoir lieu. Le capitaine Frederick Wentworth fait son apparition, en tant que frère de la nouvelle locataire de Kellynch Hall. Très apprécié par les Musgrove, Anne va être forcée d’être en contact avec lui de manière répétée, alors même que, 8 ans auparavant, elle avait mis un terme à leur fiançailles, sur les conseils de sa chère amie. Jeune, Miss Elliot s’est laissé aisément persuader … À 27 ans, elle en subit amèrement les conséquences.

Dans ce roman, il est question de constance des sentiments, de patience, de passion. Les termes habituels sont toujours présents : la famille, l’entourage, l’importance des conventions sociales et le respect des bonnes mœurs. Anne Elliot est tiraillée entre les obligations dues à son rang — elle fait partie d’une famille de la noblesse anglaise — et ses propres émotions, son propre caractère. Ici, il ne s’agit pas seulement de l’histoire d’amour entre la jeune femme et le capitaine Wentworth ; il s’agit aussi de mettre en avant le décalage qui existe entre ses aspirations et ce que la société a à lui offrir. Elle préfère la compagnie des Musgrove, famille d’un statut certes inférieur, mais unie, joyeuse et vivante, à celle de son père, fat et imbu de sa propre personne. Elle préfère sa campagne natale au brouhaha de Bath, ville qu’elle abhorre. Mais Anne, trop souvent, plie et cède ; elle n’est que « celle du milieu », elle n’a aucun poids, aucune possibilité de s’affirmer. J’aurais d’ailleurs aimé, parfois, voir en elle un peu plus d’ « Elizabeth Bennet ». Pour moi, Anne est plus proche d’Elinor Dashwood, dans le sens où elle parvient à garder ses propres sentiments. Elle s’efface, elle laisse la place aux autres, se fait toute petite et discrète. Et dans le même temps, elle a tout de même une certaine force : son amour passé la hante, mais elle continue sa vie comme si de rien n’était, agissant comme il convient. Anne Elliot est aussi, à mon sens, la seule héroïne créé par Jane Austen qui a, dès le début du roman, conscience de ses défauts et de ses faiblesses.

When the evening was over, Anne could not but be amused at the idea of her coming to Lyme to preach patience and resignation to a young man whom she had never seen before; nor could she help fearing, on more serious reflection, that, like many other great moralists and preachers, she had been eloquent on a point in which her own conduct would ill bear examination.

Les autres personnages du roman sont là pour aider ou pour empêcher Anne d’accéder au bonheur, évidemment. Son père et sa sœur sont imbuvables, et sa petite sœur est particulièrement irritante. Cette dernière aime se plaindre et être le centre de toutes les attentions — c’est une Elliot, après tout ! Lady Russell est un personnage qui m’a tout autant déplu. Je comprends les raisons de ses actes, de ses propos, je comprends son raisonnement, mais je ne parviens pas à y adhérer. Anne écoute tout ceci avec une grande patience, que je n’aurais certainement pas eue. Les Musgrove sont attachants et j’ai été très touchée par la relation entre Charles et Anne. Autres personnages notables : les Harville, le capitaine Benwick et ce cher Mr. Elliot, que l’on adore détester. J’ai été surprise par toute la malhonnêteté qui entourait cette pauvre Miss Elliot, tous ces faux-semblants … Encore plus que dans Orgueil et Préjugés.

« My idea of good company, Mr Elliot, is the company of clever, well-informed people, who have a great deal of conversation ; that is what I call good company. »

Son séjour à Uppercross (village où résident les Musgrove) va réveiller Anne. L’éclat de sa jeunesse, depuis longtemps perdu, va être d’une certaine manière retrouvé, malgré les épreuves. À Bath, nous retrouvons une jeune femme épanouie, un peu plus sûre d’elle, plus sûre de son amour pour Wentworth. Nous la découvrons légèrement cynique, mais elle me faisait aussi penser à une adolescente amoureuse pour la première fois. Elle oscille entre l’assurance, la joie, le doute, la déception, la tristesse … Si je l’ai trouvée peut-être un peu « molle » dans la première partie du livre, elle s’amende dans la seconde. Sa discussion avec le capitaine Benwick, puis plus tard avec le capitaine Harville, le fameux concert, etc sont des scènes marquantes et bien plus puissantes dans le roman que dans l’adaptation de 2007. Toutefois, leur rencontre dans le magasin m’est apparue bien plus sensible et fine dans le film — j’ai aimé leurs sourires, leurs regards, leur complicité. La fin du roman, douce-amère, a aussi su me séduire. Nous sommes bien loin des happy ends habituels, ce qui finit d’ajouter du réalisme à cette histoire. C’est assez amusant de se dire que l’intrigue de base est très « romantique » et romanesque et que son dénouement est très terre-à-terre — opinion qui ne va pas plaire à tout le monde : le passage de la lettre est certes beau, mais … Je n’ai pas été aussi conquise que la plupart des lectrices. La manière dont elle est intégrée au roman lui enlève de sa magie (car c’est une lettre extraordinaire), à mon humble avis. Le capitaine Wentworth est un personnage discret, mais plein de passion — malgré sa trentaine d’années, il a toujours ce côté très jeune et fougueux qui m’a séduite.

J’ai lu Persuasion en anglais … Mais la traduction française n’était jamais bien loin. En effet, j’avais lu Orgueil et Préjugés sans trop de souci, mais cette œuvre-ci m’a posé quelques problèmes. Les phrases étaient parfois interminables, la ponctuation m’a perturbée et certains passages se sont révélés confus. J’ai aussi été gênée par les nombreuses répétitions. Nous nous arrêtons parfois trop longtemps sur une idée, qui revient, encore et encore. Les errances d’Anne m’ont parfois lassée, ou du moins la façon dont elles ont été amenées. Je trouvais intéressant de se trouver « dans la tête » de l’héroïne, c’est donc dommage que j’ai eu ce sentiment de faire un pas en avant, deux pas en arrière. Ce roman de Jane Austen n’est donc pas, vous l’aurez compris, mon roman préféré. Toutefois, je le regarde désormais d’un autre œil. Il m’a fallu du temps pour écrire cette chronique, je n’arrivais pas à émettre un jugement précis sur l’œuvre. Tout est d’ailleurs encore un peu embrouillé ; à dire vrai, je ne sais trop qu’en penser.

Je tenais à dire un petit mot sur la magnifique adaptation de 2007. Les acteurs sont fabuleux, particulièrement fidèles aux personnages décrits dans le roman. Leurs caractères sont bien retranscrits et certaines scènes ont même plus de saveur que dans l’œuvre originale. C’est romantique, c’est beau à voir, il y a beaucoup d’émotion et j’aime la fin. Le moment où elle court dans Bath ne m’a pas dérangée … Mais j’aurais aimé un baiser un petit plus fougueux. Par contre, cette dernière scène est mémorable. Elle ne retranscrit pas cette fin si caractéristique du roman, mais c’est une jolie alternative. Je crois aussi que si j’ai su mieux apprécier ce roman lors de ma deuxième lecture, c’est en grande partie grâce au film. Il a apporté un éclairage nouveau sur les personnages et l’intrigue. Et je ne pouvais d’ailleurs finir cet article sans …

[Film] Batman Trilogy de Christopher Nolan

Christopher Nolan s’est illustré ces dernières années en proposant au grand public des films accessibles, mais de qualité : InceptionMan of Steel, mais aussi et surtout la trilogie Batman. Sortis respectivement en 2005, 2008 et 2012, ces trois adaptations de l’histoire de ce super-héros bien connu ont été acclamées par la critique, encensées par les spectateurs et ont fait revivre le mythe « Batman », un peu écorné après quelques films médiocres. Dans la lignée de Tim Burton, le réalisateur nous propose une nouvelle vision des choses, plus en accord avec l’actualité.

Je suis une amoureuse des films de super-héros, quels qu’ils soient, qu’ils soient de bonne ou de mauvaise qualité. Ce sont bien souvent des films divertissants, qui permettent de s’évader pendant 2 heures et surtout de s’imaginer en train, à notre tour, de sauver le monde. Globalement, nous pourrions dire que ce sont des films qui ne font pas réfléchir. Je ne suis pas tout à fait d’accord. Lorsque je regarde Iron Man, je m’amuse, je ris de ses frasques et de ses blagues, et je me pose quelques questions, sur la nature profonde du personnage, mais aussi sur la manière dont les Américains se servent des super-héros pour asseoir leur « poids » sur la scène mondiale. La plupart des héros de comics ont été créés après la Seconde Guerre mondiale et pendant la Guerre froide : le seul individu qui puisse apporter la paix dans le monde, se débarrasser des terroristes et donner de l’espoir aux gens, est nécessairement Américain. Batman, pourtant, a pour moi une aura toute différente.

 

Rappelons quelques faits élémentaires, tirés des films et non du comics — on me souffle dans l’oreillette que la naissance de Batman est différente dans la BD. Bruce Wayne est le fils de Thomas Wayne, médecin à l’hôpital de Gotham, mais aussi à la tête de Wayne Enterprises. La ville de Gotham est noyautée de tous les côtés : la mafia prend le pouvoir, la drogue circule quasiment librement, la corruption est dans l’ordre des choses. La famille Wayne, grâce à sa fortune, tente peu à peu de purifier la ville. Mais un soir, les parents de Bruce sont tués et le garçon se retrouve dans ce grand manoir en dehors de Gotham, avec pour seul compagnon Alfred, son fidèle majordome. Il va grandir, il va vouloir se venger. La quête commence ici. Batman Begins, le premier film de la trilogie, retrace la naissance du héros, comment nous passons de Bruce Wayne à Batman. C’est un peu comme un roman d’apprentissage, finalement. Le personnage part, voyage à travers le monde pour se trouver et parvenir à affronter ses peurs. Son objectif principal ? La justice. Ce n’est pas pour rien que ces héros sont appelés des « justiciers » …

 

Dans The Dark Knight, cette fois-ci, Batman (Christian Bale) affronte une menace bien plus effrayante que dans le premier film. Le Joker, magistralement interprété par Heath Ledger, est un joueur ; il fait le mal non pas dans un but précis, mais pour le plaisir : « Some men just wanna watch the world burn », nous dit Alfred. Bruce Wayne trouve dans ce personnage une espèce d’alter-ego : nous ne savons rien du Joker, de son passé, nous ne connaissons pas son vrai nom. Comme Batman, il est un symbole. Il cherche, au travers d’expériences sociales plus ou moins destructives, à montrer à quel point la race humaine est faible et profondément mauvaise. Le thème sera d’ailleurs repris dans The Dark Knight Rises, puisque Bane, en menant une autre petite expérience, va zapper toute l’énergie et toute la volonté de la ville. Il se pose en une sorte de dictateur pseudo-communiste, le libérateur des peuples. Je trouve que son objectif n’était exposé que de manière floue dans ce film, ce qui m’a semblé dommage. J’ai eu la sensation que Christopher Nolan faisait une espèce de mélange de différentes doctrines politiques qui n’avaient pas grand-chose à voir. Cherche-t-il à montrer les faiblesses du système, ce que le Joker avait déjà fait au préalable ? Cherche-t-il à détruire la ville, comme Ra’s Al Ghul, pour repartir sur de nouvelles bases ? Au bout d’un moment, nous ne savons plus. Les thèmes abordés ici sont finalement les mêmes que dans les films précédents.

Je peux cependant me limiter uniquement au propos des films ; ma critique ne serait pas complète si je ne me penchais pas sur des aspects plus esthétiques et plus techniques. Je vais tout d’abord tenter de caractériser ces trois films.

 

Batman Begins est pour moi le plus « instructif » : il pose les bases et permet de se repérer par la suite. Je l’ai, cette fois-ci, regardé après le 3ème et je dois dire que ça m’a apporté une toute autre vision des choses, sachant que The Dark Knight Rises est une sorte de « répétition » de ce qui se passe dans le 1er film. Ce dernier est aussi, certainement, un des plus amusants. La relation entre Bruce Wayne et Mr Fox (Morgan Freeman), mais aussi entre Bruce et Alfred, donne lieu à des scènes d’anthologie. C’est dans ce film que nous faisons connaissance avec l’inspecteur Gordon (Gary Oldman), un des seuls membres de la police qui n’est pas corrompu, avec le Dr. Crane (Cillian Murphy), complètement fou, mais que l’on retrouve dans les autres films, et avec Ducart (Liam Neeson), dont le rôle est particulièrement important et décisif. Il s’agit donc d’une véritable mise en place.

 

The Dark Knight est le plus sombre des trois, mais aussi celui dont l’intrigue est la plus fouillée et la plus complexe. Il faut suivre. Les dialogues sont soignés et le jeu des acteurs magistral. Je dois dire que ce film m’a rappelé V pour Vendetta par certains côtés (l’idée du symbole, etc). Le Joker, évidemment, est la pièce maîtresse du puzzle, mais il ne faut pas oublier ce cher Harvey Dent, le chevalier blanc de Gotham.

 

The Dark Knight Rises est le plus révélateur sur le personnage de Batman. Il est mis à l’épreuve comme jamais il n’a été mis à l’épreuve : il est fatigué physiquement et émotionnellement. L’histoire se déroule 8 ans après le deuxième film, nous pouvons donc nous douter que Bruce Wayne n’est pas au meilleur de sa forme. Finalement, ce film est surtout centré sur, justement, la renaissance de Batman. Dans sa tâche, il sera aidé par Selina Kyle, jouée par Anne Hathaway — extraordinaire —, une « cat-burglar » qui se fiche de la loi et qui va pousser notre cher Bruce dans ses retranchements. Elle ajoute une note de fraîcheur pas désagréable dans toute cette noirceur. Le personnage de Marion Cotillard m’a semblé totalement inutile, surtout quand Bane est incarné par Tom Hardy, un acteur fantastique qui n’avait que ses yeux pour le rôle — du fait du masque, ils expliquaient dans les bonus qu’il était assez compliqué de faire passer ses émotions.

 

Esthétiquement, les deux derniers films sont de bien meilleure qualité. Christopher Nolan a utilisé des caméras IMAX, une technologie qui permet d’avoir des images nettes, très détaillées, comme si voyions les choses de nos propres yeux. Il explique ce procédé dans les bonus de The Dark Knight, que je vous invite à regarder si vous aimez en savoir plus sur les coulisses techniques des films. De même, les gadgets sont plus développés de film en film, le Batman évolue et adapte son équipement aux différentes situations ce qui, quand on est une fan comme moi de ce genre de choses, est très satisfaisant et excitant (la Batmobile, le Batpod, etc).

 

Batman n’est certainement pas un super-héros comme les autres ; son seul pouvoir, c’est son argent. Et il choisit de l’utiliser pour sortir sa ville de son marasme économique et social. Le réalisateur a pris le parti de produire des films sombres, mettant en avant d’une part le conflit intérieur de Bruce Wayne et d’autre part la déliquescence de Gotham — apparemment un ancien nom de la ville de New York. Ce sont des films qui font réfléchir : sur la justice, sur la vengeance, sur la peur, mais aussi sur la nature humaine — je me suis souvent demandé comment j’aurais réagi dans telle ou telle situation. Christopher Nolan expliquait qu’il avait souhaité produire des films « réalistes » et crédibles. Je pense que le pari est réussi. Chaque film apporte quelque chose, même si le propos du dernier reste à mes yeux encore un peu flou. Ce ne sera pas au goût de tout le monde, bien sûr, mais je crois que c’est une trilogie qui vaut le détour. Elle n’est pas pleine de bons sentiments, et je ne sais pas si l’on peut véritablement parler d’un « happy end » … Mais les personnages évoluent, les films s’adaptent aux faits d’actualité. Si vous n’êtes pas sensibles au côté « réflexif » de la chose, pas de problème : vous trouverez quand même votre bonheur en terme d’action !