Blade Runner, GoodFellas, Terminator, etc | Classiques du cinéma #1

En début d’année, j’ai établi une liste substantielle de grands classiques du cinéma que je n’ai toujours pas vus. Cette décision faisait écho à une des bonnes résolutions non tenues de 2016, à savoir « enrichir ma culture personnelle ». Comme vous le savez peut-être, je consomme – malheureusement, je pense que dans mon cas le terme est approprié – beaucoup de films, parfois jusqu’à 3 ou 4 par jour. On ne va pas se mentir, soit je me dirige vers des valeurs sûres, soit vers des nouveautés pas nécessairement qualitatives mais tellement divertissantes. C’est un peu comme pour la lecture d’ailleurs : je sais que tel ou tel classique pourrait m’apporter beaucoup, mais je pars du principe que je n’aurai pas l’énergie intellectuelle suffisante pour m’y investir à fond. Sauf que. Moi qui avais si peur des vieux films et si peur de m’ennuyer, je me suis vite rendue compte que ma monstrueuse liste ne contenait pas que des tragédies ou des films d’auteur allemands de 6h sans entracte ! (#vivelesidéesreçues) En quelques mois, j’ai vu 10 de ces films. Je me suis dit qu’il était temps de partager mes impressions avec vous…

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Pseudo-bilan | Février-début Mars 2016

En plus d’avoir lu des livres plutôt cools ces dernières semaines, j’ai aussi vu des films qui déchirent et écouté de la musique qui claque. Il a beau avoir fait un temps pourri en février, j’ai beau avoir passé un mois absolument ignoble d’un point de vue personnel et avoir pris un maximum de retard dans la rédaction de mon mémoire, me dire que j’ai été gâtée au niveau culturel suffit à me redonner un peu de foi et de motivation. Ça, et les playlists superhéros/Marvel/POTC/epic fantasy que je me passe en boucle depuis 2 jours. Donc c’est parti pour un article pseudo-bilan-sans-en-être-vraiment-un.

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2015.

Quand je repense à 2015, l’expression « année blanche » me vient immédiatement : une année plate, quasiment inexistante, presque comme s’il ne s’était rien passé ou que je l’avais traversée sans m’en rendre compte. Pourtant, quand je reviens sur tous les événements qui ont ponctué ces 12 derniers mois, tant d’un point de vue global que personnel, je me rends compte que 2015 n’était peut-être pas si « pauvre » que ça… Et que cette impression est surtout due au fait que j’ai été en apnée tout du loin, sans avoir eu la présence d’esprit de sortir la tête de l’eau pour reprendre mon souffle — et lorsque je tentais de le faire, toute la misère du monde me sautait au visage : les attentats, les guerres, les ravages causés par le réchauffement climatique, le ridicule de nos politiques. En résumé, j’ai fait l’autruche toute l’année, me concentant de suivre mon petit bout de chemin en mode automatique, en me posant tout un tas de questions, mais sans prendre le temps de véritablement y répondre… Et en ne savourant pas forcément toutes les belles expériences que j’ai pu vivre. Alors, comme pour exorciser tout ça et pour comprendre pourquoi je ressens ce « vide », j’ai eu besoin de me faire une petite liste mentale de toutes les choses négatives qui ont eu lieu cette année. Partant de là, je me suis rendue compte qu’au milieu de toute cette noirceur, il y avait tout de même eu quelques beaux moments.

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Kingsman, The Amazing Spiderman 2, Jupiter Ascending &co.

Jupiter Ascending (2015)

Jupiter Jones déteste sa vie : immigrée russe employée comme femme de ménage chez des gens outrageusement riches, son quotidien est fait d’habitudes. Jusqu’au jour où elle rencontre Caine, un ancien militaire chargé de la sécurité interplanétaire. En plus de découvrir que la Terre n’est pas la seule planète habitée, elle va apprendre qu’elle-même est héritière d’une partie de l’univers… D’ordinaire, vous me donnez de l’action, de l’espace, une histoire d’amour (pas besoin d’avoir vu le film pour comprendre), un héros pas trop dégueulasse et de bons acteurs et je suis conquise. Jupiter Ascending est divertissant, mais sans plus : les dialogues sont assez ridicules, l’histoire tient difficilement la route, et l’histoire entre Caine et Jupiter est mal exploitée (on dirait qu’elle a faim… très faim). Dommage.

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Bilan | Février 2015

Je sais pas où est passé février, ce petit coquinou, mais je sais que je suis passée complètement à côté. J’étais ailleurs, j’ai pas du tout profité de mon temps libre, il faisait moche et j’ai mangé des crêpes. Cette sensation de voir défiler les jours sans pouvoir les différencier les uns des autres est assez désagréable : je suis assise sur un banc et je regarde la vie des autres défiler sans vivre la mienne. Ce mois-ci, justement, j’ai enchaîné films et épisodes de séries quasiment non-stop, mettant de côté mon mémoire et mes cours, préférant me concentrer sur le virtuel et le fictif plutôt que sur le réel. J’ai beau frôler l’overdose, impossible de m’arrêter. Comme dirait Ron, il faudrait que je revois sérieusement l’ordre de mes priorités. Mon objectif pour mars ? Me remettre dans le bain, faire en sorte qu’étudier ne soit pas un tel fardeau, ré-apprendre à écouter et à “supporter” les autres (plus on s’enferme, plus il est difficile de sortir, non ?) et surtout… Respirer. Mais pour l’heure, voici le bilan de février !

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Bilan | Janvier 2015

Nous sommes déjà le 31 janvier, tout est normal. D’ordinaire, le premier mois de l’année a aussi la réputation d’être le plus pourri : il fait froid, les employés de mairie enlèvent les décorations de Noël, on s’enfile des galettes jusqu’à n’en plus pouvoir (record cette année : 5 « galettes »…), puis certains ont leurs partiels, d’autres reprennent les cours. Bref, pas très jouissif. Je dirais pas que j’ai passé 31 jours formidables, mais c’était moins affreux que les années précédentes (ce qui m’incite à penser que février sera bien dégueulasse). J’ai peu « lu », mais j’ai regardé pas mal de séries, j’ai écouté pas mal de musique et je me suis enfin intéressée aux articles qu’on peut lire sur internet, qu’il s’agisse d’articles de presse, de blogs, ou de sites dédiés à la culture en général. Janvier a aussi apporté son lot de doutes, d’où le besoin de me réfugier dans mes séries chéries. Des hauts, des bas… Comme diraient les anglophones : « cey la vie ».

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Bilan filmique | Septembre 2014

Un mois s’est écoulé depuis le dernier bilan. Un mois déjà. À la fois beaucoup et peu de choses se sont passées. Puisque lire m’était difficile, je me suis réfugiée dans les films, et ça m’a fait du bien. J’aime les livres, mais parfois, ça fait du bien de se « reposer » devant un écran, de voir l’action se dérouler devant ses yeux sans faire travailler à fond la machine « imagination ». Je ne ferai pas de bilan de mes lectures, c’est pourquoi je vous propose ce bilan d’un autre genre pour conclure le mois. J’ai eu l’occasion de revoir 6 films que j’avais appréciés, et d’en découvrir 6 autres… Classés dans cet ordre pour plus de visibilité. Comme vous allez vite vous en rendre compte, il y a un thème sous-jacent, quelque chose qui a guidé mes choix…

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[Film] You’ve Got Mail de Nora Ephron

The Shop Around The Corner est une petite institution dans le quartier ouest de New York. Kathleen Kelly est l’heureuse propriétaire de cetre charmante librairie pour enfants, qu’elle a héritée de sa mère et dans laquelle elle a passé une grande partie de son enfance. Elle mène une vie tranquille, ponctuée par la réception, tous les jours, d’un mail d’un certain « NY152 ». « NY152 », c’est Joe Fox, qui, avec son père et son grand-père, est à la tête d’un empire du livre, Fox Books. Un magasin de la grande chaîne va prochainement ouvrir ses portes, non loin de The Shop Around the Corner. « Shopgirl » et « NY152 » s’entendent à merveille ; Kathleen Kelly et Joe Fox vont se détester.Lire la suite »

[Film] Un mariage de rêve de Stephan Elliott

19084621Vu au cinéma à sa sortie, je n’ai pu m’empêcher de la revisionner lorsqu’il est passé sur Arte la semaine dernière — et sur mon ordinateur avant-hier. Un mariage de rêve est une petite perle cinématographique qui met du baume au cœur et des étoiles plein les yeux, le tout enrobé d’un humour british qui ne manque jamais de faire sourire voire rire aux éclats.

Nous sommes dans les années 1930. Larita, une jeune Américaine, pilote de course et aventurière, rencontre par hasard John Whittaker, bel éphèbe d’une petite vingtaine d’années issu de l’aristocratie anglaise. Bien sûr, ils tombent amoureux, et se marie quasiment immédiatement. Puisqu’ils sont désormais mari et femme, une rencontre avec la belle famille s’impose … Et elle promet d’être explosive ! Si Mr Whittaker accueille à bras ouvert sa belle-fille, c’est loin d’être le cas de Mrs Whittaker, une Anglaise coincée sans cesse au bord de la crise de nerfs et qui ne supporte pas que les choses ne se passent pas comme prévu.

La sujet paraît a priori léger : après tout, il s’agit d’une petite comédie romantique, non ? Eh bien ne vous y laissez pas prendre. Le réalisateur, Stephan Elliott, a réussi à allier la légèreté et le sérieux. N’oublions pas que l’histoire se déroule dans les années 1930. Le spectre de la Première Guerre mondiale plane encore sur l’Angleterre et l’aristocratie s’effondre peu à peu. De plus, les relations anglo-américaines ne sont pas nécessairement cordiales — si politiquement, on peut constater un rapprochement entre les nations, il n’en demeure pas moins que les Anglais considèrent les Américains comme des parvenus et des sauvages. Mrs Whittaker représente cette Angleterre traditionnelle ; le progrès l’effraie — comme l’arrivée de machines pour labourer les champs — et la famille tient une place importante dans sa vie. Au contraire, Larita est une jeune femme pleine de vie, indépendante et fière de sa réussite, qui essaie d’aller de l’avant et de ne jamais regarder en arrière. Pris entre ces deux femmes fortes, John est un peu perdu. Lui qui a toujours vécu une vie paisible à la campagne, qui incarne l’innocence même, ne parvient pas à comprendre pourquoi sa femme et sa mère ne s’entendent pas. Au fur et à mesure, nous découvrons plus ou moins les raisons pour lesquelles Mrs Whittaker agit de la sorte envers Larita, mais je n’en dirais pas plus.

Pour incarner deux personnages aussi “imposants”, le réalisateur a fait le choix de Jessica Biel et de Kristin Scott Thomas. Depuis que j’ai vu L’Illusioniste, je dois avouer que j’ai un petit faible pour Jessica Biel, qui en plus d’être une excellente actrice, a une classe folle. Même dans Valentine’s Day — et ce n’est pas le meilleur film qui existe … —, son rôle était celui qui me plaisait le plus : la trentenaire déprimée qui se goinfre de chocolats et qui organise une fête pour protester contre la Saint-Valentin. Dans Un mariage de rêve, elle incarne à la perfection l’élégance des années 1930, le tout avec humour, mais aussi profondeur. Quant à Kristin Scott Thomas, qu’on ne présente plus, elle est fantastique en Anglaise coincée et froide, qui vous balance des horreurs à la figure, mais toujours avec le sourire.

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Ben Barnes, acteur que vous avez pu voir dans Dorian Gray — que je n’ai toujours pas vu —, a été choisi pour le rôle de John Whittaker. Sa gueule d’ange et son jeune âge ajoutent de la crédibilité au personnage et créent un contraste saisissant entre John et Larita. Colin Firth incarne le mari de Mrs Whittaker, le père de John. Cynique, ironique, sarcastique et surtout constamment ennuyé, j’ai trouvé Colin Firth absolument épatant. Je suis toujours heureuse de le découvrir dans de nouveaux rôles, de voir son jeu évoluer avec le temps — comme le bon vin, il se bonifie avec l’âge ! À ce casting “de rêve”, je ne peux oublier d’ajouter Kris Marshall. Vous savez, ce petit rouquin qui joue dans Love Actually, qui part aux États-Unis avec un sac rempli de préservatifs et qui revient avec un top model à son bras ? Eh bien là, il s’agit du majordome, Furber, tout aussi content d’être là que Mr Whittaker. Il a des répliques très croustillantes et c’est certainement mon personnage préféré du film. John a aussi deux sœurs, Hilda et Marion, qui sont … comment dire … un peu particulières, mais je ne préfère pas gâcher le plaisir du premier visionnage, donc je m’arrêterais là.

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Ce que j’aime dans ce film, mis à part le casting et l’histoire, ce sont évidemment les décors et les costumes. Je suis une fan de films d’époque et je peux vous dire qu’ici, nous sommes servis. Il n’y a pas, à mon avis, d’exagération au niveau du mobilier et de l’aménagement du manoir comme on peut parfois le voir dans certaines productions cinématographiques. Les vêtements de Larita sont sublimes et très extravagants comparés à ceux que portent les Whittaker. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, je ne suis pas une professionnelle en la matière, mais ne serait-ce que pour ça, je vous invite fortement à jeter un œil à cette petite merveille.

Autre point on ne peut plus important : la musique. Ben Barnes chante deux chansons, Jessica Biel en chante deux aussi, le film a son propre orchestre, ses propres versions de chansons plus anciennes comme Let’s Misbehave ou You’re The Top de Cole Porter. Je ne me lasse pas d’écouter la bande originale, elle a d’ailleurs bien vite fini sur mon iPod … Avec le temps, je fais de plus en plus attention à la musique. Le choix des morceaux est à mon sens très révélateur. Je me fais souvent cette réflexion lorsque je regarde des vidéos sur Youtube — des Document Your Life par exemple : si la musique avait été différente, l’atmosphère l’aurait aussi été. Peut-être que ce moment-là aurait été plus triste avec une autre musique, mais peut-être que celui aurait été plus drôle aussi. Comme le disait Gad Elmaleh, on peut pleurer devant un gamin qui se brosse les dents, si le morceau est bien choisi. Tout ceci pour dire que dans Un mariage de rêve, ça a une grande importance. Même dans les dialogues, il y a des références musicales !

Si avec ça, je ne vous ai toujours pas convaincu de regarder ce film, eh bien il ne vous reste plus qu’à visionner le trailer. Il sera certainement plus parlant et vous donnera le ton mieux que moi. Comme vous l’aurez compris, j’en suis totalement fan. À chaque nouveau visionnage, j’apprends quelque chose. Si, lorsque je l’ai vu au cinéma, je ne m’étais concentrée que sur l’histoire d’amour, lorsque je l’ai revu à la télévision, j’ai pu découvrir une facette plus “sérieuse”, une dimension plus profonde qui m’avait échappée auparavant. Bien sûr, il ne sera jamais classé parmi les meilleurs films de tous les temps, mais je dois dire que je m’en fiche, à partir du moment où il me transporte et me fait oublier le quotidien tout en plaquant un sourire sur mes lèvres.

Focus : Orgueil et Préjugés

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It is a truth universally acknowledged that a single man in possession of a good fortune must be in want of a wife.

Je ne vous apprends pas grand-chose en vous disant que cette phrase célébrissime ouvre Orgueil et Préjugés, certainement l’œuvre la plus connue de la romancière anglaise Jane Austen. Rédigé à la toute fin du XVIIIème siècle, autour de 1796, le texte devait d’abord prendre le nom de First Impressions. Il sera finalement publié en 1813 sous le titre Pride and Prejudice. Je ne saurais vous dire exactement à quel moment et dans quelles circonstances ce roman est apparu dans ma vie. Je me souviens simplement que ma mère avait en sa possession Raison et Sentiments, Orgueil et Préjugés, Northanger Abbey et Persuasion et que, par conséquent, ils ont tous plus ou moins atterri dans ma chambre. Je crois avoir commencé par le premier de la liste, puis avoir enchaîné quelque temps plus tard sur le deuxième. Il y a deux ans, en m’investissant plus avant dans la communauté littéraire, je me suis de nouveau intéressée aux écrits de Jane Austen et j’ai poursuivi ma découverte de l’auteure en lisant Emma, puis Northanger Abbey, puis Persuasion, si bien qu’il ne me reste plus que Mansfield Park et les quelques œuvres « mineures » à dévorer.

Orgueil et Préjugés a été le véritable déclencheur de mon intérêt pour la romancière et ses travaux. Le livre lui-même, mais aussi les deux adaptations cinématographiques qui en sont tirées, m’a aussi donné un nouveau regard sur la littérature classique et sur la littérature britannique dans le même temps. J’estime avoir encore beaucoup de choses à découvrir, mais je crois qu’il était bon de commencer par là. Ses romans portent sur des thèmes atemporels et si la forme peut sembler un peu désuète, le fond nous parle : les conventions sociales, la fierté, les préjugés, la vanité et l’importance des apparences, mais aussi les relations filiales et l’éducation sont des sujets d’actualité. Mon but ici n’est pas de faire une analyse détaillée du style et des préoccupations de Jane Austen, mais plutôt de me concentrer sur ce « roman-déclencheur », pour le roman lui-même, mais aussi pour tout ce qui s’est créé autour.

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Vous allez certainement vous dire que cet article sort un peu de nulle part, mais j’ai une bonne raison de m’intéresser maintenant à cette œuvre. La semaine dernière, prise d’une folie austenienne, j’ai décidé de relire Pride and Prejudice en version originale. J’ai lu une fois le roman en entier en français, puis j’ai dû tenter de le lire à nouveau deux ou trois fois dans l’une ou l’autre langue, sans jamais aller jusqu’au bout. Je me suis empressée de me replonger dans des pages que j’avais bien trop longtemps abandonnées. J’ai aimé retrouver l’ironie de l’auteur, ces personnages hauts en couleurs et au caractère souvent bien trempé, ces scènes de la vie quotidienne de l’époque, toute cette atmosphère que j’apprécie tout particulièrement. Cependant, je dois dire que malgré ma joie, j’ai ressenti une pointe de déception. À force d’avoir vu le film, à force de m’être moi-même fait des films sur l’histoire d’Elizabeth Bennet et de Mr Darcy, j’ai fini par oublier que le roman n’avait pas vraiment ce côté « romantique » que j’affectionne. Je m’explique : il est vrai que l’analyse des sentiments est bien menée, que la déclaration de Darcy contraste avec sa supposée retenue et que l’on ressent l’amour que les deux personnages se portent. Cependant, tout ceci est bien vite tempéré par une question qui émerge au fil de la lecture : l’attitude d’Elizabeth a-t-elle changé parce qu’elle s’est rendue compte de ses erreurs ou bien parce que, comme elle le dit elle-même, les charmes de Pemberley ont agi sur sa personne ? Certains me diront, évidemment, que Miss Bennet a évolué, qu’elle a mûri et que son amour est tout à fait sincère. J’en suis convaincue, mais je me demande à quel point les considérations financières et sociales n’ont pas eu un impact sur son choix. Tout ceci est révélateur d’une époque, mais enlève par la même occasion du charme à leur histoire d’amour. Je ne peux m’empêcher de penser que, finalement, Jane Austen était plus intéressée par ses personnages individuellement, par leur évolution, par le changement de leur caractère et par le poids des conventions que par leur histoire collective. Ceci expliquerait peut-être les fins toujours plus ou moins expéditives de ses œuvres.

Je dois tout de même dire que cette relecture m’a permis, justement, de revenir sur mes sentiments premiers et de regarder l’ensemble avec une plus grande distance critique. Je me suis amusée pendant ma lecture, j’ai râlé quand j’ai redécouvert la naïveté de Jane, j’ai eu envie de frapper Lydia et de remettre Mr Collins à sa place, j’ai été peinée de voir que Mr Bennet agissait de la façon dont il agissait, j’ai plusieurs fois eu envie de mettre Mrs Bennet sur « mute ». J’ai pris beaucoup de plaisir, malgré mon avis moins enthousiaste que précédemment. Ayant lu Persuasion en août, je me suis rendue du décalage entre les deux romans. Dans ce dernier, l’analyse des caractères m’a paru plus subtile avec le recul, et, si je ne m’abuse, Anne me semble plus être une fenêtre ouverte sur la vie de l’auteure qu’Elizabeth Bennet.

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Je dois désormais avouer que si je vouais un culte à Mr Darcy à un moment donné, c’est grâce aux adaptations cinématographiques (1995 et 2005) et non au roman. Un soir, je suis partie en quête de quelque chose de sympathique à regarder à la télévision. Je tombe sur l’adaptation de 2005 et je continue à regarder d’une part parce que j’avais lu le roman peu de temps avant et d’autre part parce que Keira Knightley est une actrice que j’apprécie. Tout de suite, je suis charmée par les décors, par la musique, par l’atmosphère qui se dégage de toute cette mise en scène et par le jeu des acteurs. J’ai eu quelques réserves tout de même : les événements ne se déroulaient pas tout à fait comme dans le livre et Matthew MacFadyen me paraissait un peu plat. Peu de temps après, j’ai décidé de me procurer l’adaptation de 1995 avec Jennifer Ehle et Colin Firth afin de comparer — et aussi parce que Colin Firth. Je dois dire que j’ai aimé : j’ai regardé les 6 épisodes sur deux jours et je n’arrivais plus à m’arrêter. Tout me semblait particulièrement fidèle au roman, tant dans le style que dans le respect des éléments de l’histoire … Tellement fidèle qu’il me manquait justement cette petite étincelle « romantique » dont je parlais précédemment. Étincelle que j’ai trouvé dans l’adaptation de 2005, donc je vais parler un peu plus en détail.

Keira Knightley incarne une Elizabeth Bennet quasiment parfaite, bien plus agréable à mon sens que Jennifer Ehle, dont les tics ont finalement eu tendance à m’énerver. Entre Colin Firth et Matthew MacFadyen, je ne saurais dire lequel me satisfait le plus — j’ai eu l’occasion entre temps de voir le second jouer dans Ripper Street et mon opinion sur son jeu d’acteur a par là-même changé. Donald Sutherland est fantastique en Mr Bennet : son attitude à la fin du film, la larme au coin de l’œil, m’émeut toujours beaucoup. Je tiens aussi à parler de Rosamund Pike, qui incarne une Jane absolument magnifique et qui m’a parue bien moins effacée et naïve que dans le roman — notamment lorsqu’elle dit à Lizzie qu’un jour, un homme risque de lui plaire et qu’elle sera bien obligée de tenir sa langue. Kelly Reilly, qui incarne Miss Bingley, est détestable et donc géniale ; et Rupert Friend, ai-je réellement besoin d’en parler ? (Même si le précédent Wickham était à mon sens excellent). Au-delà des acteurs, les paysages sont somptueux, les costumes simples et superbes et la musique … Oui, le directeur a pris des libertés par rapport au roman, oui certaines répliques sont attribuées à certains personnages alors qu’elles devraient être attribuées à d’autres, mais je dois dire que ça me passe à 10 000 au-dessus. À chaque fois que je regarde ce film, je me sens bien, j’ai envie d’aller me balader dans la campagne anglaise, je suis émue par une histoire d’amour à laquelle on a ajouté ce côté « hollywoodien » loin d’être déplaisant.

Une adaptation est une adaptation. Tout est contenu dans le mot. On ne demande pas à ce genre de films d’être totalement fidèles. Le réalisateur prend tel ou tel parti, suit telle ou telle direction. Simon Langton a choisi de coller au roman — je pense aussi que le fait que ce soit une série de la BBC impose un certain cahier des charges — et Joe Wright a pris plus de libertés, pour mon plus grand bonheur, mais pas pour celui des puristes. L’avantage d’avoir deux films, c’est que chacun peut choisir celui qui lui parle le plus. Et celui qui me parle le plus est, vous l’aurez compris, celui de 2005.

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Vous parlant d’Orgueil et Préjugés, je ne pouvais décemment oublier de mentionner Le journal de Bridget Jones, Helen Fielding s’étant ouvertement inspirée du roman d’Austen. Nous avons un personnage qui s’appelle Darcy, nous avons une héroïne qui a une vision très personnelle des hommes et qui est éperdument amoureuse de Daniel Cleave, un salaud notoire. Film et livre sont très différents, mais à mon sens très complémentaires, comme je le disais dans une de mes vidéos. Je ne sais pas à quel point on retrouve Elizabeth Bennet dans le caractère de Bridget, mais on retrouve définitivement du Darcy et du Wickham dans les deux protagonistes masculins. N’ayant lu aucun roman de littérature para-austenienne, c’est le seul dont je peux vous parler, très brièvement, à l’heure actuelle.

Mine de rien, les thèmes d’Orgueil et Préjugés sont repris plutôt fidèlement dans Le journal de Bridget Jones. Socialement, si une femme n’est pas mariée avant ses 30 ans, elle peut être qualifiée sans souci de « vieille fille ». La pression des parents, plus particulièrement de la mère, est mise en avant. Bridget n’a ni sœur ni frère, mais un groupe d’amis parfois très embarrassants. Le roman n’a aucune réelle prétention philosophique, mais cherche à montrer ce à quoi peut ressembler la vie d’une jeune femme, qui n’est ni une sylphide, ni très spirituelle, mais qui veut tout de même se faire une place dans ce monde, de quelque manière que ce soit, tout en prenant son indépendance, un peu comme Lizzie.

Et pour finir cet article déjà très long, je souhaitais vous parler de The Lizzie Bennet Diaries, une web-série de 100 épisodes que l’on pourrait définir comme une adaptation moderne d’Orgueil et Préjugés. Je connaissais bien avant de regarder, mais après avoir vu le premier épisode, j’étais convaincue que ça ne me plairait pas. J’ai donc laissé ça de côté pour des jours où j’aurais un peu mûri et où mon esprit serait un peu plus ouvert. Je suis heureuse de vous dire que ce temps est arrivé. Une semaine avant les vacances de la Toussaint, j’ai dévoré les 100 épisodes avec avidité, veillant souvent un peu trop. On aime ou on n’aime pas, mais il faut admettre, en toute objectivité, que c’est une adaptation plutôt intelligente, bien fichue et, d’une certaine manière, très fidèle. La série a été créée par Hank Green et Bernie Su et met en scène des acteurs peu connus, le tout étant présenté sous forme d’un journal intime vidéo. Les créateurs ont choisi de se focaliser sur les relations famille / amitié entre les personnages, ce qui donne une toute autre dimension à l’œuvre littéraire : nous voyons comment interagissent Lizzie, Jane et Lydia, cette dernière étant présentée sous un jour beaucoup plus favorable, en un sens — mais je ne veux pas trop en révéler ; nous avons droit à de magnifiques imitations de Mrs Bennet, aux traits d’esprit de Charlotte Lu et à la lourdeur de Mr Collins. J’ai trouvé ça drôle, émouvant, bien construit ; j’ai aimé les acteurs, j’ai aimé la manière dont la modernité avait été traitée et, ayant récemment commencé à poster des vidéos sur Youtube, je me suis retrouvée dans certaines questions et certains raisonnements sur les médias. Je vous invite à aller sur le site ou sur la chaîne Youtube pour en savoir plus et surtout à ne pas vous limiter à la première impression … Ce serait le comble pour des amoureux d’Orgueil et Préjugés !

Pour résumer en quelques mots :
Orgueil et Préjugés n’est pas mon roman préféré de Jane Austen, mais il tient forcément une place particulière dans mon parcours de lecture.
• J’avoue sans honte préférer l’adaptation de 2005 à celle de 1995 qui, à mon sens, a beaucoup vieilli.
• Que Bridget Jones soit ou non fidèle au roman m’importe peu : je rigole toujours lorsque je lis le livre ou regarde le film.
The Lizzie Bennet Diaries est une web-série que l’on aime ou que l’on déteste, mais à laquelle vous devriez vraiment donner une chance.

(Par la suite, je pense faire plus d’articles de ce type, en me focalisant soit sur une œuvre, soit sur un genre, soit sur une série de films, bref c’est assez ouvert. Si ça vous intéresse, n’hésitez pas à me le dire en commentaires. Je ne veux pas non plus vous assommer avec des articles trop longs.)

[Film] Batman Trilogy de Christopher Nolan

Christopher Nolan s’est illustré ces dernières années en proposant au grand public des films accessibles, mais de qualité : InceptionMan of Steel, mais aussi et surtout la trilogie Batman. Sortis respectivement en 2005, 2008 et 2012, ces trois adaptations de l’histoire de ce super-héros bien connu ont été acclamées par la critique, encensées par les spectateurs et ont fait revivre le mythe « Batman », un peu écorné après quelques films médiocres. Dans la lignée de Tim Burton, le réalisateur nous propose une nouvelle vision des choses, plus en accord avec l’actualité.

Je suis une amoureuse des films de super-héros, quels qu’ils soient, qu’ils soient de bonne ou de mauvaise qualité. Ce sont bien souvent des films divertissants, qui permettent de s’évader pendant 2 heures et surtout de s’imaginer en train, à notre tour, de sauver le monde. Globalement, nous pourrions dire que ce sont des films qui ne font pas réfléchir. Je ne suis pas tout à fait d’accord. Lorsque je regarde Iron Man, je m’amuse, je ris de ses frasques et de ses blagues, et je me pose quelques questions, sur la nature profonde du personnage, mais aussi sur la manière dont les Américains se servent des super-héros pour asseoir leur « poids » sur la scène mondiale. La plupart des héros de comics ont été créés après la Seconde Guerre mondiale et pendant la Guerre froide : le seul individu qui puisse apporter la paix dans le monde, se débarrasser des terroristes et donner de l’espoir aux gens, est nécessairement Américain. Batman, pourtant, a pour moi une aura toute différente.

 

Rappelons quelques faits élémentaires, tirés des films et non du comics — on me souffle dans l’oreillette que la naissance de Batman est différente dans la BD. Bruce Wayne est le fils de Thomas Wayne, médecin à l’hôpital de Gotham, mais aussi à la tête de Wayne Enterprises. La ville de Gotham est noyautée de tous les côtés : la mafia prend le pouvoir, la drogue circule quasiment librement, la corruption est dans l’ordre des choses. La famille Wayne, grâce à sa fortune, tente peu à peu de purifier la ville. Mais un soir, les parents de Bruce sont tués et le garçon se retrouve dans ce grand manoir en dehors de Gotham, avec pour seul compagnon Alfred, son fidèle majordome. Il va grandir, il va vouloir se venger. La quête commence ici. Batman Begins, le premier film de la trilogie, retrace la naissance du héros, comment nous passons de Bruce Wayne à Batman. C’est un peu comme un roman d’apprentissage, finalement. Le personnage part, voyage à travers le monde pour se trouver et parvenir à affronter ses peurs. Son objectif principal ? La justice. Ce n’est pas pour rien que ces héros sont appelés des « justiciers » …

 

Dans The Dark Knight, cette fois-ci, Batman (Christian Bale) affronte une menace bien plus effrayante que dans le premier film. Le Joker, magistralement interprété par Heath Ledger, est un joueur ; il fait le mal non pas dans un but précis, mais pour le plaisir : « Some men just wanna watch the world burn », nous dit Alfred. Bruce Wayne trouve dans ce personnage une espèce d’alter-ego : nous ne savons rien du Joker, de son passé, nous ne connaissons pas son vrai nom. Comme Batman, il est un symbole. Il cherche, au travers d’expériences sociales plus ou moins destructives, à montrer à quel point la race humaine est faible et profondément mauvaise. Le thème sera d’ailleurs repris dans The Dark Knight Rises, puisque Bane, en menant une autre petite expérience, va zapper toute l’énergie et toute la volonté de la ville. Il se pose en une sorte de dictateur pseudo-communiste, le libérateur des peuples. Je trouve que son objectif n’était exposé que de manière floue dans ce film, ce qui m’a semblé dommage. J’ai eu la sensation que Christopher Nolan faisait une espèce de mélange de différentes doctrines politiques qui n’avaient pas grand-chose à voir. Cherche-t-il à montrer les faiblesses du système, ce que le Joker avait déjà fait au préalable ? Cherche-t-il à détruire la ville, comme Ra’s Al Ghul, pour repartir sur de nouvelles bases ? Au bout d’un moment, nous ne savons plus. Les thèmes abordés ici sont finalement les mêmes que dans les films précédents.

Je peux cependant me limiter uniquement au propos des films ; ma critique ne serait pas complète si je ne me penchais pas sur des aspects plus esthétiques et plus techniques. Je vais tout d’abord tenter de caractériser ces trois films.

 

Batman Begins est pour moi le plus « instructif » : il pose les bases et permet de se repérer par la suite. Je l’ai, cette fois-ci, regardé après le 3ème et je dois dire que ça m’a apporté une toute autre vision des choses, sachant que The Dark Knight Rises est une sorte de « répétition » de ce qui se passe dans le 1er film. Ce dernier est aussi, certainement, un des plus amusants. La relation entre Bruce Wayne et Mr Fox (Morgan Freeman), mais aussi entre Bruce et Alfred, donne lieu à des scènes d’anthologie. C’est dans ce film que nous faisons connaissance avec l’inspecteur Gordon (Gary Oldman), un des seuls membres de la police qui n’est pas corrompu, avec le Dr. Crane (Cillian Murphy), complètement fou, mais que l’on retrouve dans les autres films, et avec Ducart (Liam Neeson), dont le rôle est particulièrement important et décisif. Il s’agit donc d’une véritable mise en place.

 

The Dark Knight est le plus sombre des trois, mais aussi celui dont l’intrigue est la plus fouillée et la plus complexe. Il faut suivre. Les dialogues sont soignés et le jeu des acteurs magistral. Je dois dire que ce film m’a rappelé V pour Vendetta par certains côtés (l’idée du symbole, etc). Le Joker, évidemment, est la pièce maîtresse du puzzle, mais il ne faut pas oublier ce cher Harvey Dent, le chevalier blanc de Gotham.

 

The Dark Knight Rises est le plus révélateur sur le personnage de Batman. Il est mis à l’épreuve comme jamais il n’a été mis à l’épreuve : il est fatigué physiquement et émotionnellement. L’histoire se déroule 8 ans après le deuxième film, nous pouvons donc nous douter que Bruce Wayne n’est pas au meilleur de sa forme. Finalement, ce film est surtout centré sur, justement, la renaissance de Batman. Dans sa tâche, il sera aidé par Selina Kyle, jouée par Anne Hathaway — extraordinaire —, une « cat-burglar » qui se fiche de la loi et qui va pousser notre cher Bruce dans ses retranchements. Elle ajoute une note de fraîcheur pas désagréable dans toute cette noirceur. Le personnage de Marion Cotillard m’a semblé totalement inutile, surtout quand Bane est incarné par Tom Hardy, un acteur fantastique qui n’avait que ses yeux pour le rôle — du fait du masque, ils expliquaient dans les bonus qu’il était assez compliqué de faire passer ses émotions.

 

Esthétiquement, les deux derniers films sont de bien meilleure qualité. Christopher Nolan a utilisé des caméras IMAX, une technologie qui permet d’avoir des images nettes, très détaillées, comme si voyions les choses de nos propres yeux. Il explique ce procédé dans les bonus de The Dark Knight, que je vous invite à regarder si vous aimez en savoir plus sur les coulisses techniques des films. De même, les gadgets sont plus développés de film en film, le Batman évolue et adapte son équipement aux différentes situations ce qui, quand on est une fan comme moi de ce genre de choses, est très satisfaisant et excitant (la Batmobile, le Batpod, etc).

 

Batman n’est certainement pas un super-héros comme les autres ; son seul pouvoir, c’est son argent. Et il choisit de l’utiliser pour sortir sa ville de son marasme économique et social. Le réalisateur a pris le parti de produire des films sombres, mettant en avant d’une part le conflit intérieur de Bruce Wayne et d’autre part la déliquescence de Gotham — apparemment un ancien nom de la ville de New York. Ce sont des films qui font réfléchir : sur la justice, sur la vengeance, sur la peur, mais aussi sur la nature humaine — je me suis souvent demandé comment j’aurais réagi dans telle ou telle situation. Christopher Nolan expliquait qu’il avait souhaité produire des films « réalistes » et crédibles. Je pense que le pari est réussi. Chaque film apporte quelque chose, même si le propos du dernier reste à mes yeux encore un peu flou. Ce ne sera pas au goût de tout le monde, bien sûr, mais je crois que c’est une trilogie qui vaut le détour. Elle n’est pas pleine de bons sentiments, et je ne sais pas si l’on peut véritablement parler d’un « happy end » … Mais les personnages évoluent, les films s’adaptent aux faits d’actualité. Si vous n’êtes pas sensibles au côté « réflexif » de la chose, pas de problème : vous trouverez quand même votre bonheur en terme d’action !

[Roman + Film] L’Affaire Protheroe d’Agatha Christie

Quand on découvre le colonel Protheroe tué d’une balle dans la tête dans le bureau du presbytère, le pasteur a sans doute déjà une idée sur l’identité possible de l’assassin ou, en tout cas, sur un mobile vraisemblable. N’assiste-t-il pas au thé hebdomadaire de sa femme, où s’échangent potins et cancans ?

Nous connaissons tous Agatha Christie pour ses deux détectives : Hercule Poirot et Miss Marple. Étant plus familière, littérairement parlant, avec le premier qu’avec la seconde, j’ai décidé de partir à l’assaut de tous les romans mettant en scène cette « vieille fille » maligne et très observatrice. L’Affaire Protheroe (Murder at the Vicarage) est sa première véritable enquête, même si le narrateur est ici Leonard Clement, pasteur de St Mary Mead, petit village anglais typique. Le colonel Protheroe incarne la justice locale, implacable, et est peu apprécié du voisinage, pour des raisons assez variées. S’il venait à mourir, les habitants se sentiraient plus soulagés qu’attristés … Et c’est effectivement ce qu’il va se passer. Pour résoudre ce meurtre, l’inspecteur Flem de Scotland Yard va être secondé — bien malgré lui — par le colonel Melchett, chef de la police du comté, et par le pasteur, chez qui le crime a été commis. À leur grande surprise, le coupable se dénonce : Lawrence Redding, artiste-peintre de passage dans la région, se rend à la police …

Bien sûr, les choses vont se compliquer, mais je ne souhaite pas vous en révéler plus pour le moment, ne serait-ce que parce que les enquêtes d’Agatha Christie sont des mécaniques parfaitement huilées : si je vous en apprends un peu trop, je risque de vous orienter sur la voie. Et ce n’est pas ce que nous souhaitons, n’est-ce pas ? Les mots sont traitres. J’ai été ravie de retrouver la plume de l’écrivain. Le style est simple — parfois un peu trop — et fluide. Elle nous expose les faits avec précision, mais nous nous emmêlons les pinceaux à certains moments. J’avoue avoir été obligée de revenir plusieurs fois en arrière pour vérifier certains éléments, pour me souvenir de certaines choses : à force d’aller en avant, puis en arrière, on commence à avoir le tournis ! Évidemment, tout ceci n’est pas un hasard. Brouiller les pistes est la grande spécialité de la romancière. Dans ce roman, Miss Marple n’est pas particulièrement mise en avant, puisque le pasteur est le pivot de l’histoire ; il fait le lien entre les habitants du village — un village tel qu’on se l’imagine, avec ses cancans, ses indiscrétions, ses femmes qui passent leur vie le nez à la fenêtre — et la police. J’ai d’ailleurs trouvé que c’était un peu dommage : j’aurais aimé en apprendre un peu plus sur le personnage de Jane Marple, découvrir un peu plus avant son caractère. Je compte donc sur les autres romans pour éclairer ma lanterne.

Je ne commente jamais de manière très détaillée les romans d’Agatha Christie. Leur construction, le style, ainsi que la façon dont sont décrits les personnages, sont similaires. Les affaires ne sont pas les mêmes, la manière de les résoudre non plus, mais fondamentalement, le schéma est quasiment identique, c’est pourquoi je ne m’y attarde pas plus. Toutefois, j’ai pu relever dans L’Affaire Protheroe une citation qui m’a fait sourire et qui révèle l’humour de l’auteure. Le pasteur s’adresse ici à Lawrence Redding, qui veut connaître le fin mot de toute cette affaire. Rappelons que nous lisons un roman où une dame âgée toute simple et bien trop curieuse va résoudre ce meurtre.

« – Vous voulez jouer les détectives amateurs ; ils ont la faveur des romanciers, mais je ne sais si, dans la vie, ils peuvent se mesurer aux vrais professionnels. »

Comme vous le savez peut-être, je suis une grande fan des adaptations télévisées d’Hercule Poirot et de Miss Marple. Ainsi, l’autre jour a été diffusé sur TMC l’épisode Meurtre au Presbytère, adaptée du roman dont je viens juste de vous parler. Ça tombait plutôt bien. J’ai dû le voir 3 ou 4 fois, mais je ne m’en lasse pas, ne serait-ce que pour les paysages et les costumes.

Cet épisode est le deuxième de la première saison de la série Miss Marple la plus récente (2004) — le premier étant Un cadavre dans la bibliothèque, il y a eu inversion par rapport à l’ordre des romans. Notre chère détective est jouée par la géniale Geraldine McEwan, qui rend le personnage beaucoup plus vivant et dynamique, grâce à son humour. Elle s’éloigne peut-être de ce qu’elle est censée être, d’après le roman, mais je la trouve beaucoup plus attachante ; elle fait un peu moins « mamie gâteau », si je me fie à mes premières impressions. Le colonel Protheroe est joué par Sir Derek Jacobi, Mrs Protheroe par Janet McTeer (qui incarne la mère des sœurs Dashwood dans l’adaptation la plus récente de Raison et Sentiments), Lawrence Redding par Jason Flemyng (Netley dans From Hell), le pasteur par Tim McInnerny ou encore Griselda Clement par Rachael Stirling (Caroline Crale dans Cinq Petits Cochons). Sans oublier Miriam Margolyes, notre chère professeur Chourave, qui incarne Mrs Price Ridley et Mark Gatiss dans le rôle du vicaire Hawes. Un casting pas désagréable, cela est certain. Je dois avouer que j’ai préféré l’adaptation au roman, pour le coup. Les personnages sont plus développés, l’intrigue s’avère encore plus complexe et les scénaristes ont ajouté quelques éléments de suspense et d’action qui ne sont pas présents dans le texte original.

Il s’agit, ne l’oublions pas, d’une adaptation. Les choses ne se déroulent pas tout à fait de la même façon, mais pour porter de telles enquêtes à l’écran, il faut bien insister sur certains points ou en rajouter un peu, pour que le tout soit solide, pour qu’il y ait de la matière. Pour moi, les romans d’Agatha Christie sont comme des pièces de théâtre ; tous les personnages nous présentés un à un et tout se déroule dans un même lieu, en l’occurrence, le village. C’est pourquoi ça ne me dérange pas que le film / l’épisode diffère de l’histoire de base.

Dans cette adaptation, j’ai aimé la scénographie, mais aussi la musique. Les acteurs jouent leur rôle à la perfection, les costumes sont magnifiques, il y a une impression de mouvement, de dynamisme que les vieilles adaptations ont un peu perdu. Pour moi, ce sont de véritables petits bijoux que je ne me lasse pas de regarder. [Attention : SPOILERS] Si je devais, toutefois, lister les différences principales entre adaptation et roman, dans ce cas, voici ce que je noterais : le caractère de Griselda est tout à fait différent — dans le roman, elle a une attitude vraiment très jeune, parfois de « gamine », est une mauvaise maîtresse de maison et elle a eu, dans le passé, une liaison avec Lawrence Redding ; dans le film, c’est une jeune femme pleine de vie et qui sait tout de même se servir de ses 10 doigts, vu qu’elle s’occupe du jardin et elle ne semble pas prête à séduire tous les hommes — ; Lawrence Redding est dépeint dans le roman comme un opportuniste alors que dans le film, son amour pour Anne est sincère, il va au-delà de la fortune tant convoitée dans le bouquin ; Hawes est complètement fou et mystique dans le roman, dans le film, cet aspect est moins flagrant ; l’histoire autour du Professeur Stone n’a strictement rien à voir dans l’un comme dans l’autre et je pourrais continuer comme ça. Les personnages n’ont pas été exploités de la même façon et tout ce qui est suggéré, en terme d’action et de mouvement, dans le roman, est visible à l’écran.

J’achève donc ce long article en disant que j’ai été ravie de découvrir Miss Marple dans un roman — même si je connaissais par avance le fin mot de l’histoire —, mais qu’en comparant à l’adaptation télévisuelle, j’ai été quelque peu déçue. J’ai pris plaisir à me replonger dans un roman d’Agatha Christie, mais j’aimerais que les prochaines enquêtes me surprennent un peu plus et surtout m’en apprennent plus sur le personnage principal !

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Agatha Christie organisé par George.

Top Ten Tuesday : Adaptations cinématographiques

TTT

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog d’Iani.
Le thème de la semaine est le suivant :

Les 10 meilleures et / ou pires adaptations cinématographiques de livres

Pour ce classement, je vais commencer par les bonnes adaptations, puis finir sur les mauvaises, en expliquant les raisons à chaque fois. Je tiens aussi à préciser que le thème m’a énormément plu, mais que mon problème est celui-ci : j’ai vu énormément d’adaptations sans avoir lu les livres correspondants ! Je ne vais donc pas vous parler de films du style Hunger Games ou Le Seigneur des Anneaux, sachant que ce serait contre-productif.
1. Hercule Poirot et Miss Marple. De manière générale, j’aime toutes les adaptations des romans d’Agatha Christie. Certes, les épisodes avec David Suchet font partie d’une série, mais les plus récents durent 1h30 – 1h40 et non 45 – 50 minutes, donc je les classe dans les films. N’oublions pas non plus les adaptations avec Albert Finney ou Peter Ustinov. Je compte en parler plus avant dans un article prochain. Je n’ai pas lu l’intégralité de l’œuvre de la romancière, mais assez pour savoir que les adaptations sont plutôt fidèles et, lorsqu’elles ne le sont pas, ça ne choque absolument pas. L’époque est admirablement retranscrite et les acteurs sont choisis avec soin. Mention spéciale à Angela Lansbury dans Mort sur le nil (1978) — mais là, je triche, je n’ai toujours pas lu cette enquête !
2. Orgueil et Préjugés (1995 et 2006). Il y a une raison pour laquelle je souhaite ici parler des deux adaptations. Pour moi, elles n’avaient pas le même but. Tandis que celle de 1995 colle exactement au roman, celle de 2006 dégage ce petit quelque chose en plus, malgré le fait que de nombreux passages du roman soient manquants. Cette dernière m’a fait voir l’histoire d’Elizabeth Bennet et de Fitzwilliam Darcy d’un autre œil, plus romantique, plus poétique, du fait de la musique et de la scénographie. De plus, je trouvais que Keira Knightley faisait une Lizzie incroyable.
3. Northanger Abbey (2007). On continue dans les adaptations de Jane Austen, ici, celle de mon roman préféré. Je dois dire que j’ai été heureuse de voir ce film si bien réalisé. Toute la fougue de Catherine Morland est parfaitement retranscrite, les acteurs sont parfaits — J.J. Feild … — et je trouve que l’adaptation est fidèle. Parmi mes adaptations austeniennes préférées !
4. Jane Eyre (2006 et 2011). Dans la mini-série, j’ai aimé l’alchimie entre les deux acteurs, Toby Stephens faisant particulièrement bien ressortir le côté caustique et ironique de Rochester. S’étendant sur plusieurs épisodes, la série suit les événements du roman à la lettre, ce qui est assez plaisant. Surtout que l’on ne s’ennuie pas un moment ! Il y a du charme, il y a du rythme, il y a des personnages crédibles. Comme pour Orgueil et Préjugés, j’ajoute la version de 2011 avec Mia Wasikowska et Michael Fassbender. Vue une première fois, je n’avais pas été convaincue. Au deuxième visionnage, j’ai été emballée. Le choix de Mia Wasikowska a été très intelligent, de même que celui de Jamie Bell en tant que St. John. Que l’on passe rapidement sur l’enfance de Jane ne m’a pas dérangée. Nous suivons ainsi plus l’évolution des sentiments entre les deux personnages principaux.
5. The Help (2011). J’ai lu le roman avant de voir le film et si le film est un peu plus politiquement correct sur certains points, j’ai apprécié le jeu des acteurs — surtout des actrices ! —, l’atmosphère qui s’en dégageait, les couleurs utilisées, etc. J’ai été conquise.
6. Harry Potter. Toutes les adaptations d’Harry Potter ne sont pas égales, bien sûr, mais globalement, je trouve que les réalisateurs ont fait du bon travail. Évidemment, je suis un peu déçue de tous les manques dans les dernières adaptations : dans le 4, dans le 5, surtout dans le 6 — mon tome préféré —, et dans le 7. Ça faisait quand même un vide. Les films restent un bon complément, j’ai aimé ce qu’ils ont fait du 7, la manière dont la bataille de Poudlard a été portée à l’écran. Mais ce que j’ai surtout aimé, c’est VOIR la magie. Lire les livres, c’est très bien, ça fait travailler l’imagination. Mais voir, c’est encore mieux !
7. Princesse Malgré Elle et Le Mariage d’une Princesse. Le journal d’une princesse a marqué ma jeunesse. Avec une amie, nous fantasmions sur Michael et nous suivons avec une grande assiduité les aventures de Mia. Quand j’ai entendu dire que ça avait été adapté sur grand écran, je me suis empressée de regarder les deux films. Bien sûr, ce ne sont pas des grands films, ça n’a pas révolutionné le cinéma. Ce n’est pas non plus particulièrement fidèle aux romans. Mais je m’en fichais. Y avait Anne Hathaway et Julie Andrews ! C’était drôle, Mia est une héroïne qui nous ressemble et je les regarde encore avec beaucoup de plaisir, ne serait-ce que pour ce que ça m’évoque.
8. Charlie et la Chocolaterie (1971). C’est la première adaptation du roman que j’ai vue. Et, comment vous dire … Révélation ! C’était brillant, Gene Wilder incarnait le parfait Willy Wonka, complètement barré. C’était aussi particulièrement fidèle au livre de Roald Dahl. J’ai bien sûr apprécié la version de Tim Burton, mais pour moi, celle-ci reste la référence.
9. Eragon (2006). Ok, je n’ai lu que les trois-quarts du roman. Mais ça m’a suffi pour voir à quel point ce film avait été raté — d’ailleurs, même sans avoir lu le livre, je crois qu’il n’est pas difficile de s’en rendre compte. Eragon ne ressemble pas au personnage du roman, les dialogues sont loin d’être bons et l’histoire va bien trop vite. Pourtant, il y avait tellement de potentiel ! Je ne comprends pas comment ça a pu être un aussi gros ratage.
10. Zazie dans le métro (1960). Ce n’est pas que c’est une mauvaise adaptation, c’est plutôt que je n’ai rien compris à ce film. Film de Louis Malle, ceci explique peut-être cela. Ça part dans tous les sens, on n’arrive plus à suivre et je n’ai clairement pas retrouvé ce que j’ai aimé dans le roman. C’est une adaptation que je regarderai sûrement un peu plus tard, histoire de voir si je suis plus réceptive.


J’ai eu du mal à trouver de mauvaises adaptations. Je suis sûre qu’il y en a plein d’autres auxquelles je n’ai pas pensé. Apparemment, Percy Jackson, à l’écran, est une catastrophe par rapport au roman. Dans les bonnes adaptations, je peux aussi mentionner Le journal de Bridget Jones — même si ce n’est pas ultra fidèle, Bridget reste attachante et le tout est drôle —, La jeune fille à la perle, que j’avais bien aimée, ou encore l’adaptation sérielle des romans d’Alexander McCall Smith sur les enquêtes de Mma Ramotswe ! J’attends aussi avec grande impatience de savoir ce qu’ils vont faire de Divergent de Veronica Roth ; le film devrait sortir en 2014, je croise les doigts …

Bilan filmique | Avril 2013

Le dernier film que j’avais vu au cinéma, c’était Skyfall. Autant vous dire que ça date un peu (décembre, non ?). Je ne vais pas aussi souvent au cinéma que je le souhaiterais, et ce pour plusieurs raisons. Ça coûte plutôt cher, ils ne passent pas toujours les films en VO et je refuse de payer pour la VF, ou alors ils nous obligent à subir la 3D. Et pourtant, il y a tout un tas de films que j’aurais aimé voir, dont Lincoln et Les Misérables par exemple. Par chance, grâce à la carte Culture, les séances de 18h et de 22h sont à 4 euros, ainsi que toutes les avant-premières. Puisque j’avais un peu plus de temps et un peu plus l’envie de sortir, soleil aidant, j’ai dépassé mon quotat habituel de sorties au cinéma, et j’avoue que ça fait du bien ! J’ai aussi profité d’avril pour regarder pas mal de films chez moi, certains que j’avais en DVD et que j’avais envie de revoir, dont notamment la trilogie Pirates des Caraïbes, vus sur 3 jours, et qui m’a permis de satisfaire ma soif d’aventure.

quartet-posterDurée : 1h38.
Date de sortie : 3 avril 2013.

Vu en VOST.
Bande-annonce.

À Beecham House, paisible pension au cœur de la campagne anglaise qui accueille des musiciens et chanteurs d’opéra à la retraite, le bruit court qu’une nouvelle pensionnaire arriverait sous peu. Et ce serait une diva ! Pour Reginald, Wilfred et Cissy, le choc est grand lorsqu’ils voient débarquer l’impétueuse Jean Horton, avec laquelle ils triomphaient sur les scènes internationales des années auparavant. L’ambition de Jean et son ego démesuré avaient alors ruiné leur amitié et mis un terme au mariage qui la liait à Reginald. Malgré les vieilles blessures, Reginald, Wilfred et Cissy mettront tout en œuvre pour convaincre Jean de reformer leur célèbre quatuor à l’occasion du gala annuel de Beecham House.

Ce film a été une véritable bouffée d’air frais. Étonnant, non, quand on sait que l’histoire se déroule dans une maison de retraite ? Et pourtant … Les personnages sont plein de vie, terriblement attachants et drôles. J’ai eu un sourire idiot plaqué sur les lèvres pendant toute la séance, parfois une petite larme à l’œil, mais rien de bien méchant. J’ai trouvé le ton très juste et les acteurs absolument parfaits dans leurs rôles. Le cadre est on ne peut plus british : une somptueuse demeure, des arbres, des fleurs, un petit coin de paradis. Dès le début du film, vous avez l’impression d’entrer dans la vie de ces personnes, un peu comme un cheveu sur la soupe. Il n’y a pas vraiment de commencement, pas vraiment de fin, c’est juste une tranche de vie dans laquelle nous fait voyager Dustin Hoffman. Un premier film très réussi, qui m’a véritablement enchantée, et qui m’a fait oublier pour un temps tous mes soucis.

I_Give_It_A_Year_Movie_PosterDurée : 1h37.
Date de sortie : 10 avril 2013.

Vu en VOST.
Bande-annonce.

Depuis qu’ils se sont rencontrés dans une soirée, Nat, jeune femme ambitieuse, et Josh, apprenti romancier, nagent dans le bonheur, malgré leurs différences. Car si Josh est plutôt du genre intellectuel, Nat est une fonceuse. Ce qui ne les a pas empêchés d’être réunis par un coup de foudre réciproque. Leur mariage est idyllique, même si personne – de leurs proches à leurs amis, jusqu’au pasteur qui officie – ne croit qu’il pourra durer… Surtout quand l’ex-petite amie de Josh, Chloe, et le charmant client américain de Nat, Guy, s’en mêlent…

Alors que Josh et Nat s’apprêtent à fêter leur un an de mariage, aucun des deux ne veut être le premier à jeter l’éponge. Leur couple pourra-t-il résister aux pressions de toutes parts ?

Je dois dire que j’attendais ce film avec beaucoup d’impatience. D’une part, parce que c’était une comédie romantique anglaise qui m’avait l’air bien barrée au vu de la bande-annonce, et d’autre part parce que Simon Baker (et là, les explications sont inutiles). J’ai trouvé l’histoire en elle-même assez originale, puisque le film commence sur un mariage et non sur une rencontre. On part d’un postulat simple : la première année est toujours la plus difficile ; passée cette fameuse année, vous pouvez couler des jours heureux. Le tout prend la forme d’une sorte de flashback, au fur et à mesure des discussions du couple, Josh et Nat, avec une psychologue pour le moins … Originale (et complètement folle, mais géniale). J’ai beaucoup ri, même si certains gags sont parfois un peu grossiers. Je pense que le personnage qui m’a le plus marquée, c’est Danny, un ami de Josh lourdingue au possible, qui fait des blagues pas très fines et est loin d’être subtil avec les femmes. J’ai passé un bon moment, malgré une petite déception. C’était amusant, mais pas inoubliable. On retrouve les producteurs de Love Actually et du Journal de Bridget Jones, mais il manquait un petit quelque chose pour que le film soit à la hauteur des deux autres.

CAGED_005D_G_FRA-FR_120x160.inddDurée : 2h11.
Date de sortie : 24 avril 2013.

Vu en VOST 3D.
Bande-annonce.

Tony Stark, l’industriel flamboyant qui est aussi Iron Man, est confronté cette fois à un ennemi qui va attaquer sur tous les fronts. Lorsque son univers personnel est détruit, Stark se lance dans une quête acharnée pour retrouver les coupables. Plus que jamais, son courage va être mis à l’épreuve, à chaque instant. Dos au mur, il ne peut plus compter que sur ses inventions, son ingéniosité, et son instinct pour protéger ses proches. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait le costume ou bien le costume qui fait l’homme ?

Pour tout vous dire, j’attends le 3ème depuis la fin du 2ème, donc ça fait un certain temps. Le 1er Iron Man a été une grosse claque pour moi : c’est drôle, y a de l’action, on n’a pas le temps de s’ennuyer et j’aime beaucoup les acteurs (et le costume). J’avais beaucoup aimé le 2ème, même si nombreux sont ceux qui l’ont trouvé moins bon. Et là, je suis allée voir le 3ème un jour après sa sortie, en 3D — parce que je n’avais pas le choix : entre la VF et la 3D, le choix est vite fait. J’attendais énormément de ce film et j’ai été ravie de retrouver Robert Downey Jr, Jon Favreau, Don Cheadle et Gwyneth Paltrow. Comme dans les deux précédents, pas le temps de s’ennuyer, ça bouge tout le temps, sans que ça donne non plus le mal de mer, et il y avait encore plus d’humour. C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus plu dans ce 3ème film. On va de surprise en surprise, mais sans catastrophisme, ce qui est plutôt agréable et rare dans une production américaine. 4 choses à retenir de ce film : la chanson de début (même si c’était pas AC/DC, c’était quand même … Génial !), les abdos de Gwyneth Paltrow (elle n’est pas humaine, elle ne peut pas avoir été enceinte), les armures d’Iron Man et Ben Kingsley. Je ne veux pas spoiler ceux qui ne l’ont pas vu, donc je ne vais pas m’étendre. Je n’ai pourtant pas été aussi emballée que pour le premier. L’émerveillement est peut-être un peu passé, ou alors je me suis laissée distraire par la 3D (ça fait vraiment bizarre et pour suivre, c’est pas l’idéal). Évidemment, je l’achèterai à sa sortie en DVD, je ne peux pas faire autrement. Un très bon divertissement, avec beaucoup d’humour, pas trop long (ce qui est appréciable), et surtout, c’est un film de super-héros !

Durée : 1h37.
Date de sortie : 28 novembre 2012.

Vu en VOST.
Bande-annonce.

L’aventure d’un groupe de héros, tous doués de pouvoirs extraordinaires. Emmenées par Jack Frost, un adolescent rebelle et ingénieux, ces cinq légendes vont devoir, pour la première fois, unir leurs forces pour protéger les espoirs, les rêves et l’imaginaire de tous les enfants.

Je ne l’ai pas vu au cinéma en avril, ni même en novembre. J’avais envie d’un peu de légèreté ce mois-ci, alors j’ai choisi un dessin animé, dont j’avais vu pas mal d’images sur Tumblr. À sa sortie, je souhaitais aller le voir, mais je n’en ai pas eu l’occasion. C’était le moment parfait pour découvrir ce film, que j’ai beaucoup apprécié. L’histoire, évidemment, m’a plue : souvenirs de l’enfance, tendresse des personnages … Je me suis vite attachée à ce petit groupe, peu soudé au départ, mais qui apprend à se découvrir, pour faire face à un méchant (qui a la voix de Jude Law. Non je ne bave pas) qu’on a envie de baffer et en même temps de consoler. Il est agréable de voir Jack Frost évoluer tout au long du dessin animé. J’ai adoré les lutins du Père Noël, qui ne sont pas sans rappeler les petits personnages jaunes de Despicable Me. Il y a de l’humour, de l’action, beaucoup de poésie et c’est peut-être cet aspect qui m’a séduite. Les moments avec le Marchand de Sable sont magiques et absolument sublimes. Ça a réveillé pas mal de choses en moi, dont une certaine mélancolie de cette insouciance de l’enfance, mais c’est justement ce qui fait la beauté de ce film signé Dreamworks. Je l’ai vu deux fois ce mois-ci et je n’ai ressenti aucune lassitude, bien au contraire. Je le conseille à tous ceux qui aiment s’attendrir et qui voudraient retomber en enfance, pour 1h30.