Pseudo-bilan | Février-début Mars 2016

En plus d’avoir lu des livres plutôt cools ces dernières semaines, j’ai aussi vu des films qui déchirent et écouté de la musique qui claque. Il a beau avoir fait un temps pourri en février, j’ai beau avoir passé un mois absolument ignoble d’un point de vue personnel et avoir pris un maximum de retard dans la rédaction de mon mémoire, me dire que j’ai été gâtée au niveau culturel suffit à me redonner un peu de foi et de motivation. Ça, et les playlists superhéros/Marvel/POTC/epic fantasy que je me passe en boucle depuis 2 jours. Donc c’est parti pour un article pseudo-bilan-sans-en-être-vraiment-un.

Lire la suite »

Publicités

2015.

Quand je repense à 2015, l’expression « année blanche » me vient immédiatement : une année plate, quasiment inexistante, presque comme s’il ne s’était rien passé ou que je l’avais traversée sans m’en rendre compte. Pourtant, quand je reviens sur tous les événements qui ont ponctué ces 12 derniers mois, tant d’un point de vue global que personnel, je me rends compte que 2015 n’était peut-être pas si « pauvre » que ça… Et que cette impression est surtout due au fait que j’ai été en apnée tout du loin, sans avoir eu la présence d’esprit de sortir la tête de l’eau pour reprendre mon souffle — et lorsque je tentais de le faire, toute la misère du monde me sautait au visage : les attentats, les guerres, les ravages causés par le réchauffement climatique, le ridicule de nos politiques. En résumé, j’ai fait l’autruche toute l’année, me concentant de suivre mon petit bout de chemin en mode automatique, en me posant tout un tas de questions, mais sans prendre le temps de véritablement y répondre… Et en ne savourant pas forcément toutes les belles expériences que j’ai pu vivre. Alors, comme pour exorciser tout ça et pour comprendre pourquoi je ressens ce « vide », j’ai eu besoin de me faire une petite liste mentale de toutes les choses négatives qui ont eu lieu cette année. Partant de là, je me suis rendue compte qu’au milieu de toute cette noirceur, il y avait tout de même eu quelques beaux moments.

Lire la suite »

[Série] Agent Carter de Christopher Markus et Stephen McFeely

Aujourd’hui dimanche 8 mars 2015, nous célébrons la Journée des Droits de la Femme. Depuis l’année dernière, et notamment depuis le discours engagé d’Emma Watson devant les membres de l’ONU, j’ai véritablement pris conscience de ce qu’impliquait le combat « féministe ». Le terme en lui-même me dérange un peu : je ne veux pas me battre uniquement pour l’égalité hommes/femmes, je veux me battre contre toutes formes d’inégalités, qu’elles soient sociales, économiques ou culturelles. Cependant, en l’honneur de cette journée un peu spéciale, j’ai décidé de vous parler d’Agent Carter, série réalisée par les studios Marvel et diffusée en janvier et février aux États-Unis, notamment parce qu’à mon sens Peggy Carter est bien plus une icône féministe que Beyoncé.

Lire la suite »

Bilan | Janvier 2015

Nous sommes déjà le 31 janvier, tout est normal. D’ordinaire, le premier mois de l’année a aussi la réputation d’être le plus pourri : il fait froid, les employés de mairie enlèvent les décorations de Noël, on s’enfile des galettes jusqu’à n’en plus pouvoir (record cette année : 5 « galettes »…), puis certains ont leurs partiels, d’autres reprennent les cours. Bref, pas très jouissif. Je dirais pas que j’ai passé 31 jours formidables, mais c’était moins affreux que les années précédentes (ce qui m’incite à penser que février sera bien dégueulasse). J’ai peu « lu », mais j’ai regardé pas mal de séries, j’ai écouté pas mal de musique et je me suis enfin intéressée aux articles qu’on peut lire sur internet, qu’il s’agisse d’articles de presse, de blogs, ou de sites dédiés à la culture en général. Janvier a aussi apporté son lot de doutes, d’où le besoin de me réfugier dans mes séries chéries. Des hauts, des bas… Comme diraient les anglophones : « cey la vie ».

Lire la suite »

Bilan | Octobre 2014

Bilan

Après un mois de septembre un peu mouvementé, je pensais passer un mois d’octobre au calme… C’est raté. Le temps file à une vitesse incroyable, nous sommes déjà en novembre et les premiers examens de mi-semestre ont eu lieu ! Quand je regarde en arrière, je me rends compte que pas mal de changements ont eu lieu, tant dans ma vie personnelle que dans ma vie “numérique”. Bref, octobre n’aura pas été de tout repos, mais j’attends novembre avec impatience.

Lire la suite »

[LMA + roman + adaptation] North and South d’Elizabeth Gaskell

J+19 : Nouvel article pour le mois anglais. Malgré mon absence, je n’ai pas chômé. Je vous présente aujourd’hui North and South d’Elizabeth Gaskell, acheté il y a plus d’un an sur une impulsion, mais aussi parce que j’avais très envie de voir cette adaptation dont tout le monde parlait. Un matin, je me suis réveillée, j’ai pris le livre sur mon étagère, et me suis lancée. Je ne me suis plus arrêtée : étais-je poussée par mon envie de voir la mini-série, ou le roman était-il tout simplement fantastique ? Un peu des deux.

Helstone, petit village du Hampshire typique du sud de l’Angleterre : de la verdure, du soleil, l’hospitalité, le travail des champs, le plaisir de prendre son temps… C’est ce paradis sur terre que Margaret Hale doit quitter à l’âge de 18 ans. Avec son père, sa mère et leur servante Dixon, ils déménagent à Milton, ville industrielle du nord, calquée sur le modèle de Manchester. La ville est noire, la fumée envahit les rues, le bruit des machines est incessant, et les manières des habitants sont bien différentes. Margaret, bien qu’elle se sente peu à sa place à Milton, va développer un sens de la justice en observant et en parlant avec les travailleurs. Elle prend conscience des conséquences de la révolution industrielle, des difficultés rencontrées par les ouvriers, forcés de trimer tous les jours pour un salaire de misère. De par son accointance plus ou moins forcée avec Mr. Thornton, elle va découvrir qu’à la classe des travailleurs s’oppose celle des propriétaires, des « maîtres », peu tendres et plus préoccupés par le bon fonctionnement de leurs usines que par le sort de leurs employés. Autant dire que la relation entre les deux personnages est plutôt houleuse.

Lire la suite »

[Série] Miss Fisher’s Murder Mysteries de Deb Cox et Fiona Eagger

Alerte : fort taux de fangirlisme dans cet article. Âmes sensibles s’abstenir.
Pendant le mois anglais, je compte continuer à publier quelques articles « annexes » qui, je l’espère, ne passeront pas trop inaperçus. Aujourd’hui, je m’attaque à une série qui a véritablement changé ma vie — moi qui, hier encore, disait à une amie que je n’étais pas du genre à laisser une quelconque œuvre artistique influer sur mon quotidien. J’espère vous donner envie d’y jeter un œil. Gardez à l’esprit que je ne suis pas nécessairement objective !

Lire la suite »

[TV] Quelques séries qui valent le détour …

Cela fait longtemps que je n’ai pas parlé de séries et j’ai trouvé qu’il était temps pour moi de m’y remettre, notamment après avoir fait quelques jolies découvertes pendant les mois de juin et juillet. J’avoue avoir été lassée de mes séries habituelles, comme Once Upon A Time (saison 2 très décevante, je n’ai toujours pas regardé les derniers épisodes) ; et même Game of Thrones a fini par m’ennuyer. J’attendais désespérément la saison 3 de Sherlock, comme des millions de fans au bord de la crise de nerfs, Elementary était finie et voilà, je me retrouvais fort dépourvue lorsque la bise fut venue. Par chance, France 3 a eu la bonne idée de diffuser une série qui m’a profondément charmée. De fil en aiguille, je me suis renseignée sur d’autres productions et j’ai eu envie aujourd’hui de vous parler de ces dernières, mais aussi de deux autres séries qui gagneraient à être plus connues. Car finalement, nous parlons souvent des mêmes et nous avons tendance à nous limiter à ça, sans chercher plus loin. La liste que je dresse dans cet article est loin d’être exhaustive ; je vais continuer ma quête de séries originales et tenter de vous les faire connaître par la suite.

Miss Fisher’s Murder Mysteries

Dans les années 1920 en Australie, marquée par la disparition de sa jeune sœur et les errements de l’enquête, Phryne Fisher devient détective privé. Armée de son revolver et d’un solide aplomb, la jeune femme infiltre cabarets et clubs de jazz de Melbourne, mais peut également compter sur Dot, sa femme de chambre, son chauffeur Bert ainsi que son majordome Butler.

Cette série a été diffusée il y a peu sur France 3, pour mon plus grand bonheur. Nous découvrons l’Australie des années 1920 et la personnalité et les tenues flamboyantes et étonnantes de Miss Phryne Fisher, une jeune femme indépendante, sûre d’elle et avide de nouvelles aventures. Bien vite, elle va se faire détective privé, par ennui, mais aussi parce que la disparition de sa sœur continue à la hanter. Au fil des épisodes, nous faisons la connaissance de Dot, femme de chambre de Miss Fisher, souvent embringuée dans les enquêtes malgré elle, Bert et Cec, deux chauffeurs de taxi qui aiment par-dessous tout se disputer, Mr. Butler, le majordome au nom bien trouvé, qui sait ce dont vous avez besoin avant même que vous y ayez pensé, puis Jack Robinson, inspecteur, et son assistant maladroit et touchant Hugh Collins. Chaque personnage a son petit caractère et j’avoue apprécier tout particulièrement de voir évoluer les relations qui existent entre eux. Les épisodes nous informent aussi sur le passé de Phryne, un passé tumultueux à bien des niveaux, mais je ne veux pas vous en révéler plus. Les enquêtes sont un peu convenues, mais on ne se lasse pas d’admirer costumes et décors. L’aspect culturel est aussi présent, ce qui est plutôt agréable : à chaque épisode, une problématique différente est abordée, de l’homosexualité au travail en usine en passant par la condition des juifs dans une société entre-deux-guerres ; l’éloignement physique du pays ne l’empêche pas d’être atteint par les idées, les meilleures comme les pires, du vieux continent.

En bref : Miss Fisher enquête (en français) est une série divertissante, aux personnages attachants et hauts en couleur. Vous allez avoir envie d’en savoir plus sur eux, vous allez suivre avec avidité leur évolution et vos yeux seront ravis par la reconstitution de cette époque, même si, bien sûr, il ne faut pas oublier que Miss Fisher fait partie des nantis. Les enquêtes vous décevront peut-être un peu, mais si vous partez du principe qu’elles sont là comme une sorte de « prétexte », je suis sûre que vous apprécierez cette série. Et que vous serez heureux d’apprendre que la deuxième saison est en cours de tournage.

The Doctor Blake Mysteries

It’s 1959 and Doctor Lucien Blake has once again returned to rural Ballarat to take over his deceased fathers medical practice. He has also taken on the role of police surgeon.

Après Miss Fisher, je vous propose de découvrir le Dr. Lucien Blake, médecin qui revient dans la petite ville australienne de Ballarat en 1959 après 30 ans d’absence. Il reprend le cabinet de son père, mais met aussi ses talents au service de la police … Aux risques et périls de celle-ci. Car Blake est un personnage peu conventionnel, qui fait fi des règles et est encore prisonnier de son passé militaire. Il ne semble rentrer dans aucun moule ; au contraire, il se plaît à défaire les préjugés et à aller au-delà des différences de chacun, ce qui, malgré son caractère un peu bourru et un peu fantasque en même temps, le rend particulièrement humain. Il s’investit à corps perdus dans ces enquêtes, au détriment de la « famille » qui vit sous son toit. Jean Beazley, gouvernante et secrétaire de son père pendant 12 ans, et Mattie O’Brien, une jeune infirmière qui y loue une chambre et qui le secondera à maintes reprises dans ses investigations. Daniel Parks, un policier d’une vingtaine d’années, est le neveu de Jean et travaille sous les ordres de Matthew Lawson, le chef de police de la ville. Tous deux seront tantôt des alliés tantôt des obstacles pour Lucien Blake. Cette fois-ci, nous découvrons l’Australie de la fin des années 1950, meurtrie par une deuxième guerre. L’ambiance est beaucoup plus sombre, les couleurs plus froides et le personnage du docteur plus torturé que Phryne. Ses relations avec les autres personnages sont parfois tendues, mais chacun l’aide, à sa manière, à retrouver une certaine stabilité. Tout comme dans la série précédente, chaque épisode aborde un sujet particulier : il y en a d’ailleurs un sur les conditions de travail en usine ; il est donc assez intéressant de voir que les problèmes, malgré un changement d’époque, restent les mêmes. Seulement, ils sont abordés d’une manière différente.

En bref : la série est assez sombre (l’image ci-dessus est peu représentative), mais les moments d’humour, pour contrebalancer, ne manquent pas. Les enquêtes sont intéressantes, bien qu’un peu maladroites dans les premiers épisodes. Le tout est filmé sans prétention, les décors et les costumes sont soignés. On peut reprocher quelques maladresses, mais dans l’ensemble, j’ai apprécié cette petite série méconnue. Je me suis attachée aux personnages de Mattie et de Jean et j’ai hâte d’en apprendre un peu plus dans la saison 2 ; je dois dire que la première m’a un peu laissée sur ma faim. Cette série est loin d’être parfaite, mais elle vaut le coup d’œil.

Ripper Street

La série se déroule en avril 1889, six mois après le dernier meurtre de Jack l’éventreur. La division H de la police londonienne s’occupe du quartier d’East End, un quartier de 67 000 habitants pour la plupart pauvres. Ils ont traqué pendant des mois Jack l’éventreur sans réussir à l’attraper. Quand de nouveau des femmes sont assassinées dans les rues de Whitechapel, les policiers de la division H pensent que le tueur est de retour.

Trois hommes sont déterminés à résoudre les crimes : l’inspecteur Edmund Reid, le sergent Bennett Drake et Homer Jackson, un chirurgien de l’armée américaine et ancien Pinkerton. Ils sont aidés par la tenancière d’une maison close, Long Susan, venue des États-Unis avec Jackson.

Au cours de leurs investigations, ils auront à gérer la pression de la presse — notamment du directeur d’un journal à sensation, Fred Best — et aussi celle du chef de la division H, Frederick Abberline.

Je ne dirais pas que cette série est méconnue, mais on ne peut pas dire qu’elle ait été très médiatisée en France. Le résumé me semble plutôt clair, je ne vais donc pas m’étendre sur le sujet. Je trouvais l’idée absolument géniale : suivre la police du quartier de Whitechapel après les meurtres perpétrés par Jack l’Éventreur. La menace gronde toujours et les esprits sont échauffés. L’inspecteur Edmund Reid (Matthew MacFadyen) apparaît comme une figure forte et surtout, raisonnable. Face aux journalistes et aux peurs des citoyens, il tente de garder le cap, de ne pas céder à la pression et de ne pas tout attribuer à ce cher Jack. Dans ses enquêtes, il est assisté par le sergent Bennett Drake (Jerome Flynn — oui, Bronn dans Game of Thrones), boxeur hors-pair, pas très doué avec les femmes mais terriblement attachant, et Homer Jackson (Adam Rothenberg), ancien Pinkerton et chirurgien, qui l’aide de manière plutôt officieuse. Le casting est fantastique ; nous retrouvons même cette chère Amanda Hale (Mary Elliott dans Persuasion) en tant qu’Emily Reid, femme de l’inspecteur. Certaines enquêtes m’ont plus plues, je les ai trouvées à la fois plus intéressantes et plus dynamiques (notamment la quatrième et la dernière), et si les épisodes étaient à mon sens inégaux, j’ai pris un grand plaisir à les regarder. Les personnages sont, sans nul doute, le point fort de cette série. J’ai aussi grandement apprécié la façon dont le tout a été filmé, façon qui n’est pas sans rappeler les univers steampunk. Au casting, quelques acteurs remarquables comme Iain Glen. La saison se termine en beauté et donne envie de voir la suite. Je ne sais pas si l’époque est parfaitement retranscrite, si les décors et les costumes sont fidèles, mais je dois dire que ça ne m’a pas choquée.

En bref : j’ai regardé cette série avec beaucoup d’enthousiasme, malgré ses défauts. J’ai apprécié le jeu des acteurs et la complexité des enquêtes. Nous sommes plongés dans une atmosphère pesante, du début à la fin, dans les bas-fonds de Londres. Paradoxalement, c’est rafraîchissant de voir une série « historique » qui se place de l’autre côté de la barrière sociale. J’espère cependant que la saison 2 sera encore plus dynamique et surprenante.

Whitechapel

Quand une série de crimes choquants et sanglants ont lieu à Whitechapel, le « Ripperologiste » local Edward Buchan est convaincu que quelqu’un marche dans les traces de Jack l’Eventreur, 120 ans après qu’il ait frappé la première fois. Maintenant, il doit juste en persuader la police. Joseph Chandler, un capitaine enthousiasmé de mener sa première affaire de meurtre, pourraît être tout ouïe. Le lieutenant local Ray Miles n’est cependant pas convaincu.

J’ai regardé les premiers épisodes il y a fort fort longtemps. Je sais qu’il y a sur la toile de nombreux fans de cette série, et je comprends pourquoi. Au départ, j’ai été très surprise, je me demandais même ce que c’était que cette série de fous. Puis on y prend goût. On prend goût à ces enquêtes glauques, à cette atmosphère pesante — plus que dans Ripper Street, je peux vous l’assurer —, à ces personnages torturés. Joseph Chandler (Rupeeeeeeeeeert Penry-Jones) est un capitaine de police qui a, on peut le dire, une bonne tripotée de tocs. Il est assisté par Ray Miles (Philip Davis, spéciale dédicace à ceux qui aiment Sherlock) — bien qu’il soit plus âgé —, un homme dont la vie privée m’est apparue légèrement instable au début. Je ne vais pas pouvoir vous faire une critique précise de Whitechapel, mes souvenirs sont flous. Mais je tenais à la faire apparaître dans cet article. C’est loin d’être ma favorite (elle m’empêchait de dormir), mais j’ai apprécié l’originalité, le talent des acteurs et l’intelligence des scénaristes. Je suis sûre que Matilda saura vous en parler mieux que moi.

En bref : n’hésitez pas à regarder les premiers épisodes de Whitechapel, ne serait-ce que pour vous en faire une idée plus précise — je ne suis pas d’une grande aide. Et si vous n’aimez pas l’histoire de base, savourez la prestation extraordinaire des acteurs (les trois acteurs principaux, oui, je ne pense pas qu’au capitaine de police).

Broadchurch

L’assassinat d’un jeune garçon, Danny Latimer, met sous le feu des projecteurs la communauté de Broadchurch.

Danny Latimer, garçon âgée de 13 ans, est retrouvé mort sur la plage du petit village anglais de Broadchurch, où, d’ordinaire, il ne se passe rien. S’ensuit alors une enquête longue, douloureuse et éprouvante. Peu à peu, les secrets des habitants de la ville sont révélés, peu à peu, on se rend compte que les apparences ne sont pas ce qu’elles semblent être. Alec Hardy, aidé d’Ellie Miller, amie de la famille du garçon, mais surtout enquêteur de police, vont tenter de résoudre le mystère de la mort de Danny. Je ne peux vous présenter tous les personnages, tant ils sont nombreux. Cette série a fait parler d’elle, pour sa grande qualité et son casting remarquable. Le sujet est très simple et pourtant, les réalisateurs et scénaristes sont parvenus à nous surprendre. J’ai été tenue en haleine pendant 2 mois, comme des millions de téléspectateurs. Le temps semble s’arrêter à Broadchurch, la caméra elle-même s’arrête sur un visage, un paysage, une émotion. Tout est lent, les informations arrivent au compte-goutte, comme dans une véritable enquête. Les journalistes s’en mêlent, les vautours apparaissent … Et le spectre du passé s’abat sur Alec Hardy. La fin m’a étonnée et après tant d’attentes, on peut s’attendre à quelque chose de plus « extraordinaire ». Mais en même temps, cet « ordinaire » colle avec l’histoire. J’ai aimé cette série, j’ai été dérangée, gênée par cette ambiance si particulière. Une deuxième saison est prévue et cette première saison était si bien ficelée que j’ai peur pour la suite.

En bref : si vous ne l’avez pas vue … Qu’attendez-vous ?! David Tennant, Arthur Darvill, un meurtre, du mystère, une exploration sociologique d’une petite ville du bord de mer en Angleterre … N’est-ce pas assez pour vous tenter ? Elle n’est pas « parfaite », mais c’est tellement haletant. Je vous conseille, cependant, de ne pas regarder les 8 épisodes d’un coup. Attendez quelques jours entre chaque, laissez macérer. Ça vous évitera l’overdose et vous savourerez d’autant plus la résolution de l’enquête.

Mon article s’arrête là pour aujourd’hui. Je tiens à préciser que toutes ces séries sont courtes. Les épisodes durent entre 45 et 60 minutes, mais ils sont peu nombreux. Si vous avez déjà vu ces séries ou que l’une d’elles vous tente, n’hésitez pas à en parler en commentaire. Bon visionnage à tous !

[Roman + Film] L’Affaire Protheroe d’Agatha Christie

Quand on découvre le colonel Protheroe tué d’une balle dans la tête dans le bureau du presbytère, le pasteur a sans doute déjà une idée sur l’identité possible de l’assassin ou, en tout cas, sur un mobile vraisemblable. N’assiste-t-il pas au thé hebdomadaire de sa femme, où s’échangent potins et cancans ?

Nous connaissons tous Agatha Christie pour ses deux détectives : Hercule Poirot et Miss Marple. Étant plus familière, littérairement parlant, avec le premier qu’avec la seconde, j’ai décidé de partir à l’assaut de tous les romans mettant en scène cette « vieille fille » maligne et très observatrice. L’Affaire Protheroe (Murder at the Vicarage) est sa première véritable enquête, même si le narrateur est ici Leonard Clement, pasteur de St Mary Mead, petit village anglais typique. Le colonel Protheroe incarne la justice locale, implacable, et est peu apprécié du voisinage, pour des raisons assez variées. S’il venait à mourir, les habitants se sentiraient plus soulagés qu’attristés … Et c’est effectivement ce qu’il va se passer. Pour résoudre ce meurtre, l’inspecteur Flem de Scotland Yard va être secondé — bien malgré lui — par le colonel Melchett, chef de la police du comté, et par le pasteur, chez qui le crime a été commis. À leur grande surprise, le coupable se dénonce : Lawrence Redding, artiste-peintre de passage dans la région, se rend à la police …

Bien sûr, les choses vont se compliquer, mais je ne souhaite pas vous en révéler plus pour le moment, ne serait-ce que parce que les enquêtes d’Agatha Christie sont des mécaniques parfaitement huilées : si je vous en apprends un peu trop, je risque de vous orienter sur la voie. Et ce n’est pas ce que nous souhaitons, n’est-ce pas ? Les mots sont traitres. J’ai été ravie de retrouver la plume de l’écrivain. Le style est simple — parfois un peu trop — et fluide. Elle nous expose les faits avec précision, mais nous nous emmêlons les pinceaux à certains moments. J’avoue avoir été obligée de revenir plusieurs fois en arrière pour vérifier certains éléments, pour me souvenir de certaines choses : à force d’aller en avant, puis en arrière, on commence à avoir le tournis ! Évidemment, tout ceci n’est pas un hasard. Brouiller les pistes est la grande spécialité de la romancière. Dans ce roman, Miss Marple n’est pas particulièrement mise en avant, puisque le pasteur est le pivot de l’histoire ; il fait le lien entre les habitants du village — un village tel qu’on se l’imagine, avec ses cancans, ses indiscrétions, ses femmes qui passent leur vie le nez à la fenêtre — et la police. J’ai d’ailleurs trouvé que c’était un peu dommage : j’aurais aimé en apprendre un peu plus sur le personnage de Jane Marple, découvrir un peu plus avant son caractère. Je compte donc sur les autres romans pour éclairer ma lanterne.

Je ne commente jamais de manière très détaillée les romans d’Agatha Christie. Leur construction, le style, ainsi que la façon dont sont décrits les personnages, sont similaires. Les affaires ne sont pas les mêmes, la manière de les résoudre non plus, mais fondamentalement, le schéma est quasiment identique, c’est pourquoi je ne m’y attarde pas plus. Toutefois, j’ai pu relever dans L’Affaire Protheroe une citation qui m’a fait sourire et qui révèle l’humour de l’auteure. Le pasteur s’adresse ici à Lawrence Redding, qui veut connaître le fin mot de toute cette affaire. Rappelons que nous lisons un roman où une dame âgée toute simple et bien trop curieuse va résoudre ce meurtre.

« – Vous voulez jouer les détectives amateurs ; ils ont la faveur des romanciers, mais je ne sais si, dans la vie, ils peuvent se mesurer aux vrais professionnels. »

Comme vous le savez peut-être, je suis une grande fan des adaptations télévisées d’Hercule Poirot et de Miss Marple. Ainsi, l’autre jour a été diffusé sur TMC l’épisode Meurtre au Presbytère, adaptée du roman dont je viens juste de vous parler. Ça tombait plutôt bien. J’ai dû le voir 3 ou 4 fois, mais je ne m’en lasse pas, ne serait-ce que pour les paysages et les costumes.

Cet épisode est le deuxième de la première saison de la série Miss Marple la plus récente (2004) — le premier étant Un cadavre dans la bibliothèque, il y a eu inversion par rapport à l’ordre des romans. Notre chère détective est jouée par la géniale Geraldine McEwan, qui rend le personnage beaucoup plus vivant et dynamique, grâce à son humour. Elle s’éloigne peut-être de ce qu’elle est censée être, d’après le roman, mais je la trouve beaucoup plus attachante ; elle fait un peu moins « mamie gâteau », si je me fie à mes premières impressions. Le colonel Protheroe est joué par Sir Derek Jacobi, Mrs Protheroe par Janet McTeer (qui incarne la mère des sœurs Dashwood dans l’adaptation la plus récente de Raison et Sentiments), Lawrence Redding par Jason Flemyng (Netley dans From Hell), le pasteur par Tim McInnerny ou encore Griselda Clement par Rachael Stirling (Caroline Crale dans Cinq Petits Cochons). Sans oublier Miriam Margolyes, notre chère professeur Chourave, qui incarne Mrs Price Ridley et Mark Gatiss dans le rôle du vicaire Hawes. Un casting pas désagréable, cela est certain. Je dois avouer que j’ai préféré l’adaptation au roman, pour le coup. Les personnages sont plus développés, l’intrigue s’avère encore plus complexe et les scénaristes ont ajouté quelques éléments de suspense et d’action qui ne sont pas présents dans le texte original.

Il s’agit, ne l’oublions pas, d’une adaptation. Les choses ne se déroulent pas tout à fait de la même façon, mais pour porter de telles enquêtes à l’écran, il faut bien insister sur certains points ou en rajouter un peu, pour que le tout soit solide, pour qu’il y ait de la matière. Pour moi, les romans d’Agatha Christie sont comme des pièces de théâtre ; tous les personnages nous présentés un à un et tout se déroule dans un même lieu, en l’occurrence, le village. C’est pourquoi ça ne me dérange pas que le film / l’épisode diffère de l’histoire de base.

Dans cette adaptation, j’ai aimé la scénographie, mais aussi la musique. Les acteurs jouent leur rôle à la perfection, les costumes sont magnifiques, il y a une impression de mouvement, de dynamisme que les vieilles adaptations ont un peu perdu. Pour moi, ce sont de véritables petits bijoux que je ne me lasse pas de regarder. [Attention : SPOILERS] Si je devais, toutefois, lister les différences principales entre adaptation et roman, dans ce cas, voici ce que je noterais : le caractère de Griselda est tout à fait différent — dans le roman, elle a une attitude vraiment très jeune, parfois de « gamine », est une mauvaise maîtresse de maison et elle a eu, dans le passé, une liaison avec Lawrence Redding ; dans le film, c’est une jeune femme pleine de vie et qui sait tout de même se servir de ses 10 doigts, vu qu’elle s’occupe du jardin et elle ne semble pas prête à séduire tous les hommes — ; Lawrence Redding est dépeint dans le roman comme un opportuniste alors que dans le film, son amour pour Anne est sincère, il va au-delà de la fortune tant convoitée dans le bouquin ; Hawes est complètement fou et mystique dans le roman, dans le film, cet aspect est moins flagrant ; l’histoire autour du Professeur Stone n’a strictement rien à voir dans l’un comme dans l’autre et je pourrais continuer comme ça. Les personnages n’ont pas été exploités de la même façon et tout ce qui est suggéré, en terme d’action et de mouvement, dans le roman, est visible à l’écran.

J’achève donc ce long article en disant que j’ai été ravie de découvrir Miss Marple dans un roman — même si je connaissais par avance le fin mot de l’histoire —, mais qu’en comparant à l’adaptation télévisuelle, j’ai été quelque peu déçue. J’ai pris plaisir à me replonger dans un roman d’Agatha Christie, mais j’aimerais que les prochaines enquêtes me surprennent un peu plus et surtout m’en apprennent plus sur le personnage principal !

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Agatha Christie organisé par George.